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A Clichy-sous-Bois : trois moments forts de notre rencontre des cités

Notre évêque Pascal poursuit sa visite pastorale en cité... il était du 2 au 5 février 2011 sur le secteur de Clichy-Montfermeil.

A la cité du Bois-du-Temple, le 2 février, à deux pas de la chapelle Notre-Dame-des-Anges.
En ce début d’après-midi, nous traversons la cité sous un ciel gris d’hiver. Peu de monde dehors. Les enfants sont aux écoles voisines Henri-Barbusse et Jean-Jaurès, les ados au collège Romain-Rolland, les jeunes au lycée Alfred-Nobel.
Beaucoup des adultes parmi ceux qui ont la chance d’avoir un emploi auront fait dans la journée entre deux et trois heures de trajet aller-retour pour leur travail.

Nous entrons dans les locaux du centre social « La Maison Blanche » au rez-de-chaussée d’une tour. Endroit de lumière, comme son nom l’indique, où nous rencontrons des visages lumineux.

Ernest, africain, le responsable, le sourire des femmes, maghrébines entre autres, bénévoles et salariés de l’association. Le matin elles étaient dans ces locaux avec une vingtaine de femmes africaines, kabyles, haïtiennes… en cours d’alphabétisation et de couture. Nous discutons en buvant le thé, pendant que sont projetées « en boucle » sur le mur, de belles photos de séjour à la montagne avec les enfants et les familles, ainsi que les photos sur la fête des voisins qui a rassemblé des dizaines de personnes au cœur de la cité.

Durant notre rencontre, une dizaine de personnes nous rejoignent. Certaines des cités voisines. Elles cherchent aussi comment prendre leur place dans la vie de leur cité. L’heure de la sortie de l’école arrive. Nous voyons arriver une quinzaine d’enfants du primaire pour le soutien scolaire qui commence par un goûter. Les visages traduisent le bonheur de se retrouver là.

Echange avec ces jeunes qui disent à notre évêque Pascal ce qu’ils ont appris de nouveau dans la journée. La table de multiplication par 3, d’autres, la lecture de nombres à 5 chiffres, d’autres, le passé composé… Mais arrive pour nous le moment de les quitter. Nous avons capté dans ce lieu comment peut se tisser le « vivre ensemble ». C’est possible, petit à petit, avec grands et petits. Chacun, à son âge, à sa place, a des talents à faire fructifier au profit de tous.

Le lendemain vendredi soir, rencontre à la maison paroissiale avec une quinzaine de jeunes et aînés de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) et de la Mission ouvrière locale. Tous les jocistes sont des cités de Clichy : Le Chêne Pointu, la Pama, Samu II, le Bois du Temple, la Dhuys… A tour de rôle, ils s’expriment avec des expériences contrastées. « On se parle entre voisins, disent Alexandra et Gwenaëlle. Nos escaliers sont interculturels et interreligieux avec des Tamouls, des africains, et Capverdiens, des antillais, des maghrébins, des gens originaires de l’Île-de-France aussi. » Des fêtes sont l’occasion de partage de pâtisseries et de couscous. On a donné quelques cartes des "Chrétiens et de l’évêque à la fin du Ramadan".

Chris et Jonathan, eux, rendent compte de difficultés à se rencontrer : « Avant, on se retrouvait plus facilement pour taper dans un ballon. Maintenant les jeunes sont plus souvent enfermés chez eux avec leur console et l’ordinateur. Et puis des voitures ont pris la place des arbres coupés… » Augustin poursuit : « Je suis en formation en alternance, à Paris. Comme beaucoup de Clichois, je pars le matin avant le jour… je reviens le soir à la nuit. Cela réduit beaucoup le temps des rencontres dans "la cité dortoir". Kattlen qui se lève tous les jours à 5h30 dit la même chose. Véronique avait dit en réunion d’équipe : « le matin, de bonne heure pour aller au lycée à Gagny, c’est "grave-blindé".

Notre évêque nous a beaucoup écoutés et nous a ensuite invités à tirer les leçons de ce que nous vivions. « Le Christ » ("C" de la JOC) nous rejoint dans nos bonnes galères, et sur notre Plateau de Clichy-Montfermeil. Avec Lui, le Christ, même nos bonnes galères peuvent être des lieux de rencontres. Augustin l’a dit. Notre évêque nous a aussi fortement rappelés que le Christ ne nous invite pas d’abord à faire nombre, mais à faire signe, à être sel de la terre et lumière du monde, comme nous le rappelle l’Evangile de ce dimanche. Enfin Gwenaëlle a fait part du projet audacieux de la JOC qui doit voir réalisation le 19 février, à l’occasion des prochaines élections cantonales. Ce jour-là, rencontre de 3 candidats à ces élections. La rencontre est préparée par les jeunes de la JOC. Ce sera l’occasion de s’exprimer sur tous nos problèmes de jeunes. « Nous faisons tout, dit Gwenaëlle, pour réussir cette rencontre. Si chacun des 15 membres de la JOC "amène" effectivement quelqu’un, nous serons 30. Pari gagné ! »


"Cercle" d’échange entre élus de Clichy-sous-Bois et membres de l’équipe d’animation paroissiale.
Le vendredi 4 février, en fin de matinée, nous avons réellement fait cercle, le regard tourné ensemble vers un magnifique tableau de nos cités (pas moins d’une trentaine), avec quelques photos "ombres et lumières" de ces cités.

Derrière les noms des cités et les quelques photos, il y avait dans nos têtes et dans nos cœurs des visages nombreux de gens avec leurs angoisses et leurs espérances. Nous pensions à ces situations inhumaines, telles ces victimes des marchands de sommeil dans plusieurs dizaines de logements.

Dans des F3, trois familles louant chacune une pièce entre 400 et 500 euros ! Ce qui faisait dire à Claude Dilain, notre maire indigné : « Nous sommes passés des bidonvilles horizontaux des années 60 aux bidonvilles verticaux actuels. »

Alors avec Georges, élu local, nous évoquions les paroles de Jean Jaurès : « L’humanité n’existe pas encore ou elle existe à peine ! » Ensemble, au vu de cette dure réalité, nous nous sentons plus que jamais provoqués à faire surgir ensemble cette humanité, avec détermination et espérance. Nous évoquions alors toutes les mises en œuvres pour la réhabilitation de Clichy-sous-Bois, les immenses efforts de la municipalité et des associations, les réalisations telle que la maison toute récente de la petite enfance, ou encore « L’Orange bleue », pour que vivent les Clichois.

Nous nous disions : « Il y a là des pépites d’humanité » ou en terme chrétiens des « pépites d’Evangile » qui émergent, se multiplient et sont porteuses de grandes espérances… Que ces pépites deviennent lingots d’humanité, ou autrement dit lingots d’Evangile.
A suivre. A poursuivre… Ensemble !

Pour conclure ce moment fort "en cercle", nous avons partagé un délicieux couscous préparé par Malika et Naïma, deux mamans marocaines de nos cités du plateau Montfermeil-Clichy.

P. Bernard Glaisner