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A la rencontre de la communauté Foi et Lumière de Gagny

Sœur Raymonde Gaillard, nous présente la communauté Foi et Lumière de Gagny au sein de laquelle elle vit l'amour et la joie de Dieu à travers les relations qu'elle y tisse et les témoignages de vie des familles qui l'animent.

Les communautés Foi et Lumière sont formées de personnes ayant un handicap mental, de leur famille et d'amis, qui se retrouvent au moins une fois par mois dans un esprit chrétien, pour partager leur amitié, prier ensemble, fêter et célébrer la vie. Cette association est née en 1971, créée par Jean Vanier (fondateur de l'Arche) et Marie-Hélène Mathieu (fondatrice de l'Office chrétien des personnes handicapées).

La communauté Foi et Lumière de Gagny s'est constituée sous le nom « Au petit chemin de Gagny » autour d'une équipe de préparation et d'accompagnement, vivant en frères et soeurs de la famille de Jésus.

 

Membres de l'équipe de préparation et d'animation du Petit chemin de Gagny

 

Aurélie Teixeira, « bergère » (responsable) du Petit chemin de Gagny : « Si je suis venue à Foi et Lumière, c’est bien en lien avec mon cheminement spirituel. Je voulais faire quelque chose pour les autres et Monique Rutillet m’a parlé de Foi et Lumière, alors je suis venue pour servir, pour être à leur service. »

 

 

Elisabeth Brenot : « C’est dans le prolongement de ce que j’ai vécu jusqu’au bout avec ma sœur handicapée. Même quand les parents n’étaient plus là, j’ai été avec elle jusqu’au bout. »

 

 

 

Janine Martelet tient un vrai standard téléphonique entre les réunions : « Je ne me rappelle plus quand j’ai commencé : après le caté ? Ils ont toujours été pour moi comme des frères. Dieu nous crée tous uniques. Chacun a ses richesses, à Foi et Lumière c’est simple : on s’accueille comme on est, tous autant aimés de Dieu ».

 

Agnès Muller, médecin, a été responsable de l'Equipe de préparation et d'animation à la création du Petit chemin de Gagny, faisant le lien avec les autres communautés Foi et Lumière de la région en relation avec les directives de Foi et Lumière au niveau national. Depuis la fin de son mandat, elle est membre de l'Equipe qu'elle connait par cœur et par le cœur... Elle  nous partage son témoignage ci-dessous.

 

Soeur Anne-Marie Mourot, trésorière, a poursuivi sa proximité auprès des handicapés après le décès de son frère qu’elle a accompagné jusqu’à la fin de sa vie. Les amis du Petit chemin ont une grande place dans sa mission.

 

 

Soeur Raymonde Gaillard, proche de 2 petits neveux lourdement polyhandicapés, est venue voir ce qui se vivait au « Petit chemin » (voir témoignage ci-dessous).  Gagny, c’est aussi le lieu de sa mission.

 

 

 

 

Erna Charreron et Josette Rosmade sont liées à notre communauté par leur participation aux pèlerinages à Lourdes où les personnes handicapées ont toute leur place et ce temps fort se poursuit dans l’attention et la tendresse partagées lors des rencontres.

 

Monique Lopez accompagne au quotidien 3 amis de Foi et Lumière et elle est sœur de tous dans les rencontres.

 

 

 

 

Jean-Luc Garcia, Michel Delpry et Flavie Grondin offrent leur service précieux de co-voiturage.

Et bien sûr tous nos prêtres : pères Michel Stoeckel (ndlr : curé de Gagny), Jean Giraud et Bernard Glaisner. Ils savent bien nous rejoindre lors des messes où les exclamations spontanées de nos « Alleluia » et « Amen » sont pour certains notre prière spontanée. Comme Jésus, ils mettent en pratique : « Laissez venir à moi les petits, le Royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. » (Matthieu 10, 14)

 

Les rencontres de la communauté

Les rencontres mensuelles sont des moments de convivialité introduits par un temps d'accueil et qui se vivent dans la joie fraternelle au rythme des repas mis en commun autour de la grande table de famille et des divers temps de partages tels que l'Evangile vécu en binôme : membre de l'équipe d'accompagnement et personne accompagnée.
Les personnages principaux sont répartis dans l’équipe d’animation et chaque animateur accompagne une personne ou un groupe de personnes qui miment les personnages de l’Evangile. Un poncho, un turban sur la tête ou une couverture et nos chers amis du petit chemin entrent dans la peau du personnage… C’est merveilleux, ce n’est pas du théâtre, c’est vraiment chacun qui entre en relation avec Jésus personnage central de l’Evangile… Rôle important de l’animateur principal qui se laisse dérouter de la suite logique du texte : il y a des parenthèses précieuses qui fusent du cœur de ces personnes si spontanées, qui gardent un cœur d’enfant….

Cette découverte de l’histoire de Jésus se prolonge par un coloriage, temps d’échanges avec chacun ou autre activité. Puis c’est le goûter bien apprécié de tous, l'occasion de fêter les anniversaires du mois en soufflant les bougies et en offrant un petit cadeau : des peluches pleines de douceur sont toujours très appréciées.

A chaque rencontre, les partages sont riches :
« Peux-tu me dire ce qui s’est passé pour l’aveugle qui disait à Jésus : "Qu’est-ce que tu peux faire pour moi qui ne voit pas ?"… Tu sais toi ? Je voudrais bien savoir la suite… » demande, par exemple,  Thérèse qui voit très peu et a perdu une grande partie de l’audition.
Et Patrick qui interroge : « C’est quand Lourdes ? » (prononciation un peu écorchée) Chacun comprend : c’est un moment si fort pour Patrick chaque année...
Rencontré entre 2 réunions, il vient vers moi les 2 mains jointes : «  Lettre, c’est quand ? » Bien sûr c’est la prochaine lettre d’invitation et donc le prochain moment de bonheur ensemble… Je réponds avec un grand sourire : « C’est bientôt ! »

L’amour de Dieu est si merveilleux qu’on ne peut vivre ces rencontres sans le goûter profondément ! Il déborde...

Soeur Raymonde Gaillard

Témoignages

Que nos vies deviennent Bonne Nouvelle

Raymonde Gaillard, soeur de Saint-Gildas (44) en communauté à Gagny pour la 3e année

D’une famille toute simple où chacun était aimé pour lui-même, j’ai eu la chance de sentir que ces liens d’affection étaient liés à l’amour de Dieu pour tous. Vies humaine et chrétienne allaient ensemble. Dans ma jeunesse, j’ai approché de près l’échéance de la vie lors d’un accident, évènement décisif sur le sens donné à ma vie. Engagée dans un institut de vie consacrée apostolique (ndlr : soeurs de Saint-Gildas), je me sens appelée comme chacune de mes sœurs,  à vivre en Eglise, avec d’autres croyants. Que nos vies deviennent Bonne Nouvelle et redisent à tous l’amour d’un Dieu humble, proche et plein de tendresse. A la suite de Jésus serviteur, je choisis d’être proche et sœur de tous, croyants ou non. Avec mes sœurs, je veux privilégier mon engagement auprès des petits, me laisser enrichir de ce qu’ils sont, et servir la dignité de chacun.

La communauté Foi et Lumière de Gagny est pour moi un lieu concret de proximité près de personnes dites « handicapées mentales » que je considère  comme « des personnes différentes ». En partenariat avec une équipe, je veux être témoin de l’amour de Dieu qui appelle chacun au bonheur.

A la suite de Jésus, je désire « que tous aient la vie en abondance ». Ces personnes bien-aimées de Dieu sont des personnes à part entière. Avec d’autres, j’essaie de penser ces journées conviviales de rencontre, dans la foi en Jésus, en prévoyant mais aussi en me laissant dérouter par leurs réactions si spontanées qui font fi d’une certaine logique humaine, d’un programme bien tracé. A travers elles, leurs richesses de cœur témoignent du plus important dans nos vies : l’amour et la tendresse de Dieu qui se moque des convenances et à l’oreille attentive aux trésors de leurs cœurs, des nôtres.

 

Une gratuité qui nous dépasse

Agnès Muller, médecin, Bondy

Agnès est aujourd'hui membre de l'équipe de préparation et d'animation du Petit chemin de Gagny après en avoir été responsable au moment de sa création. Auparavant, Agnès a aussi été membre de l'Arche et de la communauté Foi et Lumière de Noisy-le-Sec. C'est suite à la scission de cette communauté, en raison des effectifs nombreux, en cinq nouvelles communautés, dont celle du Petit Chemin de Gagny, qu'elle a rejoint cette dernière.

Dieu le père nous regarde chacun comme son fils unique : avec une infinie miséricorde et un pardon sans fin sur ce qui est blessé et péché en nous et avec une infinie estime car nous sommes, d’une manière unique, à l’image de son fils.
C’est un amour qui dépasse ce qui est possible humainement, car il est premier, totalement gratuit et inconditionnel. A travers mon groupe Foi et Lumière, j’expérimente un amour reçu et transmis vrai et plus gratuit. La personne avec un handicap, face à moi, se moque complètement de savoir si je suis médecin ou chômeur. Une seule chose compte : est-ce que, ici et maintenant, je l’aime ? Est-ce qu’elle compte pour moi ? Est ce que j’ai envie de passer du temps avec elle ? Elle a un sens infaillible pour sentir cette relation vraie.
J’aime à dire qu’à Foi et Lumière je ne sers à rien. Je suis là, gratuitement pour lui signifier que je suis bien avec elle, qu’elle compte pour moi.

On peut aimer comme Dieu par la façon d’accueillir et de se donner : respecter l’autre dans sa différence et son chemin qui est unique ; l’aider si besoin mais surtout contribuer à lui faire prendre conscience de ce qui est beau en lui, à découvrir de plus en plus combien il est l’aimé de Dieu, c’est le plus important.

 

Une vraie famille !

Caroline Goncalvès, maman d'Anne-Marie (handicapée, 48 ans)

Caroline était membre actif de l'équipe de préparation jusqu'à la déclaration d'une maladie grave en octobre 2013. Elle nous parle de sa mission de maman d’une enfant handicapée et de la place de la communauté Foi et Lumière de Gagny dans sa vie, où elle a été un pilier et qu’elle porte dans sa prière entre ses séjours à l’hôpital, les traitements lourds et des temps de repos à la maison. Caroline a beaucoup de bonheur à redire tout ce qu’elle a entrepris pour Anne-Marie.

Depuis que je suis maman d’Anne-Marie, avant le démarrage de la communauté Foi et Lumière, je veux lui donner le meilleur avec ce qu’elle est, y compris l’ouverture à la foi qui a une grande place dans ma vie. Cette foi a également une place importante dans la vie de Fernando mon mari.

Lorsqu’Anne-Marie était enfant, je me retrouvais avec un prêtre de Gagny et plusieurs autres familles ayant un enfant handicapé. Anne-Marie a été placée dans un foyer qui a ouvert ses portes en 1972. Nous avions la chance de l’avoir tous les soirs et toutes les nuits. Mais ces derniers mois je n’avais plus la force d’assumer... Anne-Marie a été hospitalisée et depuis elle est en maison de convalescence. Les personnes qui lui rendent visite l’entendent dire : « C’est bien. » Une maman ne peut oublier son enfant, mais je sais qu’elle est heureuse. C’est comme ça la vie, il faut accepter... Fernando va chaque soir pour la faire manger. Je ne l’ai pas revue depuis, mais sa photo est toujours dans ma valise d’hôpital, elle est toujours dans mon cœur de maman.

Les rencontres de la commauté Foi et Lumière à Noisy-le Sec : une vraie famille ! Les portes étaient toujours ouvertes. On a été jusqu’à 100 ! C’était trop pour vivre comme dans une famille, alors il a fallu se séparer (ndlr : une communauté réunit 15 à 40 personnes). Un jour le père Gobet  m’a demandé de parler au micro dans l’Eglise. Je l’ai fait et j’ai dit : « Il nous faut une équipe Foi et Lumière à Gagny. » Anne-Marie animait la messe à Ste Thérèse, elle avait son frère handicapé qui était au 1er rang, elle veillait sur lui et lui se sentait sécurisé près d’elle. Les amies me disaient : « Caroline on ne va pas te laisser tomber, les gens t’aiment !!!  Ca a marché. J’ai été un pilier, pas toute seule, Claire était la « bergère » et Agnès on l’a toujours aimée. Il y a eu Elisabeth qui s’occupait de sa sœur Chantal et il y a eu Janine, puis Marie-Jo qui aimait tout le monde… et plein de bonnes choses… les pèlerinages  à Lourdes et plein de bons moments. Je suis bien d’accord avec Fernando, Anne-Marie nous a fait connaître plein de gens, plein d’amis qu’on n’aurait jamais connus sans « Foi et Lumière ». A la fête de la lumière (ndlr : le 2 février, jour de fête, d’action de grâce et de communion pour toutes les communautés dans le monde), on se retrouvait avec les autres communautés. Je ne peux pas préciser les années, car il y a eu beaucoup de choses, beaucoup d’amis. Je suis heureuse de raconter tout ça. En vieillissant on revient au passé, on doit toujours être positif…Si Dieu nous donne un enfant handicapé, c’est un don. Il voit qu’on est capable de l’élever avec d’autres, les amis. Je suis aidée par Jésus, il me donne la force de tout accepter, Il est à mes côtés. Avec Janine nous évoquons ce beau moment partagé du sacrement des malades qu’elle a souhaité vivre avec l’équipe de préparation des rencontres. Et elle retrouve ce chant qui était sien à ce moment, ce chant d’abandon du père Charles de Foucaud. « Mon Père, Mon Père, je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses je te remercie, je suis prête à tout, j’accepte tout car tu es mon Père…»

J’ai toujours un chant une prière dans mon cœur, je prie toujours. Quand mon fils me dit : « Maman je n’ai plus envie de prier avec tout ça », je lui dis : « Si, il faut continuer, il faut croire et tout s’arrangera grâce à Dieu. »

 

Propos recueillis par Janine Martelet et soeur Raymonde Gaillard

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