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Appelés au diaconat

A la veille de leur ordination diaconale, samedi 19 décembre en l'église Saint-Denys de l'Estrée, Paul Théodore Kossi Aziabo, appelé à devenir prêtre, et Joseph Herveau, appelé à devenir diacre permanent, nous confient leurs sentiments et évoquent le chemin parcouru jusqu'à cet heureux évènement.

Une nouvelle vie commence

Paul Théodore Kossi Aziabo, appelé au diaconat en vue du sacerdoce

Je suis né à Dayes Apéyémé au Sud du Togo dans une famille de huit enfants dont la benjamine est religieuse dans une communauté  locale. J'ai grandi chez mes parents comme mes autres frères et sœurs dans la crainte du Seigneur. Éduqué sur cette voie, je suis passé par la vie religieuse et quelques années au grand séminaire interdiocésain de Lomé pour le compte de la communauté du Pain de Vie. Je suis  arrivé en  France en février 2003 après avoir quitté la communauté et résidé au Blanc-Mesnil jusqu'en 2011. De 2008 à 2010, j'ai suivi des cours théologiques au Centre Sèvres de Paris, puis de 2011 à 2013, j'ai étudié à la fois au grand séminaire de Lorraine et à l'Université de Metz (théologie, anthropologie, philosophie, spiritualité, ndlr) pour le diocèse de Verdun avant de demander à revenir dans le diocèse de Saint-Denis. Arrivé en septembre 2013, j'ai fait ma première année d'insertion à la paroisse Sainte-Thérèse du Blanc-Mesnil sous la direction du père Franz Lichtlé en suivant des cours de théologie fondamentale à  la « Mission  de  France » jusqu'en 2015, à la demande du diocèse.
Depuis octobre 2014, je réside à la paroisse Sainte-Jeanne d'Arc de la Mutualité à Saint-Denis. En cette année académique, je suis des cours de l'année diaconale au Centre Sèvres.

En dehors de ma formation théologique, je fais l'accueil à la salle Saint-Denys de la paroisse et je fais partie également de l'équipe d'animation paroissiale de la basilique cathédrale Saint-Denis. J'accompagne aussi quelques personnes au niveau du catéchuménat adulte et j'assure la préparation au baptême.

Dans quel état d'esprit êtes-vous à quelques jours de votre ordination diaconale ?

Vous savez, cela fait plus de douze ans que j'attendais ce moment. Comme le jeune Samuel, c'est Dieu qui, par l'intermédiaire de l’Église, appelle. Et il faut être disponible pour lui dire « oui ». Je suis très heureux de cet appel. En même temps, je suis un peu inquiet de ne pas être à la hauteur. Cependant, comme le dit la 2e lettre aux Corinthiens 12, 9 : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans  la  faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance du  Christ  repose  sur  moi. »  Je ferai tout ce qui est possible par la grâce de Dieu et le secours de la très Sainte Vierge, Mère de Dieu, pour être un bon diacre et un bon prêtre à la fin de l'année diaconale et être au service des chrétiens, pour aller aux périphéries, c’est-à-dire à la rencontre des gens qui sont éloignés de l’Église comme nous y invite le pape  François.

Comment vous êtes-vous préparé à cet événement ?

A vrai dire, je me préparais à cet événement depuis des années. Mais depuis que j'ai reçu l'appel de notre Père évêque à être ordonné, j'ai le sentiment étrange et la prise de conscience qu'une période vient de se terminer et qu'une autre va bientôt commencer et que mes rêves vont devenir réalité. Ma longue période de discernement cède la place à l'engagement définitif par l'ordination diaconale que je m'apprête à recevoir par le don de l'Esprit et l'imposition des mains de notre évêque, père Pascal Delannoy.  

Quelle signification a cette ordination diaconale pour vous ?

Pour moi, l'ordination comme diacre est une configuration au Christ. Être diacre n'est pas une  fonction, mais un sacerdoce dans la mesure où je me suis donné totalement avec joie au Christ sans  contrepartie. C'est une transformation de mon être en profondeur, le commencement  d'une nouvelle vie. Avec la grâce de Dieu, j'accomplirai ce service en prêtant une attention  particulière aux enfants et aux adultes, aux jeunes et aux personnes âgées, et à tous ceux qui vivent de situation de détresse. Tout cela, je le vivrai dans un esprit d'obéissance avec mon évêque.

 

Dieu achève en moi ce qu'il a commencé

Joseph Herveau, appelé au diaconat permanent

Marié et père de trois enfants, j’ai des origines française et indienne. Je vis dans le Val d’Oise, mais depuis 13 ans maintenant, je suis au service du diocèse de Saint-Denis, inséré dans le secteur pastoral de Saint-Denis - L’Ile-Saint-Denis, particulièrement à la basilique cathédrale. J’y ai fait partie de l’équipe pastorale de secteur, du temps des pères Dominique Lebrun et Eugène Doussal.

J’ai aussi fait partie du service diocésain pour les relations avec l’islam (SDRI) pendant 6 ans avec le père Jean Courtaudière. Sur Saint-Denis même, j’ai coordonné l’aumônerie des collégiens pendant 7 ans.

J’ai d’abord été musicien professionnel (organiste). Puis j’ai entrepris des études de théologie (licence et master), et depuis plus de 20 ans, je suis à temps plein au service de l’Église, dans diverses missions liées à la pastorale des jeunes (aumôneries, Enseignement catholique, etc.). En 2008, j’ai été appelé au service de la Conférence des évêques de France, pour le service national de la catéchèse et du catéchuménat puis, depuis trois ans maintenant, au secrétariat général de l’Enseignement catholique (SGEC). Ma mission au SGEC consiste à accompagner nationalement la pastorale scolaire, mais aussi l’éducation à la solidarité, au développement durable, à l’interculturel et à l’interreligieux. Pour cela, je me déplace beaucoup dans les diocèses de France métropolitaine ou parfois même dans les DOM-TOM.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques jours de votre ordination ? Comment vous êtes-vous préparé à cet évènement ?

Je suis émerveillé de la patience et de la persévérance de Dieu. J’ai 45 ans, ce qui est certes assez éloigné des 75 ans d’Abraham, mais pas tout jeune pour autant. Et pourtant Dieu m’appelle à me mettre à nouveau en route, en compagnie d’Anne mon épouse, vers lui et vers les autres. J’ai conscience qu’accepter de devenir diacre pourra s’avérer coûteux en temps et en fatigue, mais je suis sûr que ce sera un chemin de bonheur, qui me fera grandir, et qui fera grandir aussi ma famille.

J’ai confiance en Dieu et dans le sacrement de l’ordination que je vais recevoir. Beaucoup de personnes me disent, avec beaucoup de gentillesse : « Félicitations pour ton engagement ! » Je les remercie, bien sûr, mais je ne vois pas tout à fait les choses comme ça. Pour moi, c’est d’abord Dieu qui s’engage, et c’est lui qui m’engage à sa suite. L’initiative vient de lui, pas de moi. C’est le sens du sacrement reçu. Dieu fera en moi quelque chose que lui seul peut faire, et il ne le fera pas seulement pour moi mais pour toute l’Église et pour tout son Peuple. Vivre un sacrement, c’est consentir à faire de la place en soi, et la laisser remplir par le Don de Dieu qui nous dépasse toujours. Bien sûr, ce don reçu engage ! Mais à la suite de celui qui donne et qui se donne.

Pour m’y préparer, il y a eu bien sûr, la formation diaconale : deux années de discernement, puis quatre années de formation avant l’ordination, et encore deux années post-ordination. Soit huit ans en tout, et sans compter mes études de théologie.

Pendant les deux dernières années, j’ai eu aussi auprès de moi une équipe d’accompagnement composée d’un prêtre, un diacre et son épouse, et de plusieurs laïcs hommes et femmes, mariés et célibataires. Je bénéficie aussi d’un accompagnement spirituel individuel, et j’ai vécu une retraite silencieuse dans une abbaye cistercienne, les derniers jours précédant l’ordination.

Quelle signification cette ordination diaconale a-t-elle dans votre parcours, aujourd’hui et pour la suite ?

Une petite phrase de l’ordination est très éclairante à ce sujet : « Que Dieu lui-même achève en vous ce qu’il a commencé ». En relisant mon parcours, je peux témoigner que l’appel de Dieu a toujours été là. Mais il fallait que cet appel se convertisse et se transforme, se purifie peu à peu, avec l’aide de l’Église, avec l’aide de celles et ceux qui partagent ma vie et en premier lieu mon épouse Anne, sans qui rien n’aurait été possible, et mes enfants.

Une vocation ne peut pas être seulement un désir personnel. L’Église est là pour appeler, au nom du Christ. Pour moi, ce travail de conversion, ce passage de ma volonté à celle de Dieu a été long. C’est un travail de maturation et de lâcher prise qui conduit à entendre et à intérioriser la parole de Jésus : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis pour que vous partiez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure » (Jean 15, 16).

De ce point de vue, je peux témoigner que Dieu a commencé quelque chose en moi depuis bien longtemps. Au delà de l’ordination, il ne cessera de l’achever, jusqu’à mon dernier souffle. Mais l’ordination, tout comme le mariage, en sera un moment déterminant.

Le ministère diaconal est un beau ministère. Il peut remplir toute une vie. Pour en parler à des jeunes, j’utilise souvent une petite image : le prêtre porte son étole sur ses deux épaules. Pour en voir les deux pans, il faut être face à lui. Lui-même est face à la communauté comme celui qui conduit, comme le « Christ pasteur ». Le diacre, lui, porte son étole en diagonale. Pour en voir les deux pans, il faut être non pas en face, mais à côté de lui. Pour moi, le ministère du diacre tient tout entier dans cette petite image. Le diacre, configuré au « Christ serviteur », se tient aux côtés des hommes et des femmes, aux côtés des enfants et des jeunes, aux côtés de tous, et particulièrement des petits et des fragiles. Il rappelle qu’en Jésus, Dieu s’est fait proche, qu’il s’est fait l’un de nous, et qu’il connaît de l’intérieur nos joies et nos peines, et qu’il est là, toujours là, avec nous, comme un frère.

 

Témoignages des deux autres diacres

Propos recueillis par Anne-Marie Tossou

 

Ordinations diaconales

Mgr Pascal Delannoy
Évêque de Saint Denis en France, ordonnera
Diacres en vue du sacerdocePaul-Théodore AZIABO, Sostel BOLOMA et Brice TESTU, Missions étrangères de Paris
Diacre permanent : Joseph HERVEAU

Le samedi 19 décembre 2015 à 16h30
En l’église St Denys de l’Estrée 53 bis Bd Jules Guesde, Saint-Denis

La famille et les amis de Paul-Théodore, Sostel et Brice, Anne, l’épouse de Joseph, leurs enfants, les membres de l’équipe d’accompagnement et la communauté sont heureux de partager avec vous un verre de l’amitié à l’issue de la célébration.

MERCI DE VOTRE PRÉSENCE OU DE VOTRE PRIERE