Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

L'église catholique en Seine-Saint-DenisAssociation diocésaine de Saint-Denis-en-France
S'inscrire à la newsletter
Actions sur le document
  • Imprimer

Famille cherche société : une session du Ceras

Le Ceras (Centre de recherche et d'action sociale) organisait du 14 au 17 février sa session annuelle autour du thème « Famille cherche société ».

Cette session s’inscrivait dans l’année « Familles 2011 » initiée par les évêques de France. Les regards croisés sur la famille, de sociologues, anthropologues, philosophes, juristes, politiciens et théologiens ont permis aux participants de nourrir leur réflexion.

L’analyse sociologique a mis en évidence la nécessité de l’égalité pour vivre une bonne relation au sein de la famille, de l’autonomie évitant la relation fusionnelle, du respect de l’autre, de la communication et de l’interdit de la violence.
Mais est-ce véritablement le reflet de la famille d’aujourd’hui, ou ce qui est à atteindre ? Au regard de certaines situations nous pouvons nous interroger.

Nous avons découvert que la famille a à voir avec la question de l’altérité et de la dialectique du même et de l’autre. Au sein de la famille, nous partageons ensemble le temps. Ainsi, la famille cherche à déployer un parcours de reconnaissance afin qu’en son sein, la différence soit compatible avec la similitude. Aujourd’hui, nous avons alors à penser les formes de transmission familiale dans la traversée du temps, ensemble.
La famille est aussi ce lieu qui nous plonge dans une histoire qui nous précède, celle de la famille humaine, nous invitant à prendre en compte la question de l’originaire. Mais la famille assume aussi la question de notre destination et nous invite à la confiance dans le temps qui vient.

Philippe Bordeyne, théologien moraliste, nous a invités à réfléchir sur la vocation sociale de l’amour dans le mariage. Vocation qui se vit en s’ouvrant à l’autre sans rester dans le sentiment, à s’ouvrir à deux aux autres, les enfants mais aussi les pauvres, l’entourage… Vocation à permettre à chaque membre de la famille d’assumer ses responsabilités sociales. La tâche du couple n’est-elle pas d’aider l’enfant à prendre sa place dans la société, en dehors de la famille ? Très concrètement, cela peut commencer très tôt, en acceptant par exemple que l’enfant puisse fréquenter une crèche, une halte-garderie… et pas seulement pour permettre aux parents de travailler à l’extérieur mais pour que l’enfant s’ouvre sur le monde. Une vocation mystique, le propre de l’homme étant d’aspirer à la sociabilité avec d’autres et avec Dieu.

La contribution anthropologique a évoqué la… colonne vertébrale ! L’enfant qui vient au monde reçoit la vie, mais celle-ci n’est pas uniquement biologique, elle est aussi instituée par la reconnaissance et passe par la filiation : « tu es bien mon enfant », c’est la colonne vertébrale de l’enfant. Cette filiation est instituée puisqu’il faut passer par l’état civil, mais s’il institue « mon enfant », il institue également un autre espace, celui de l’enfant futur citoyen. Il y a finalement un va et vient entre la famille où l’on donne la vie, et l’état ou la société, qui permettant une ouverture fait que l’enfant pourra quitter son lieu de vie pour donner à son tour. Le don de vie ne revient pas, il est pour le futur.

Mais dans notre société, l’enfant a besoin de verticalité différente que celle de la filiation, entre en jeu alors, l’affiliation. Celle d’avec un adulte qui assure sa scolarité, son ouverture au monde. Sa colonne vertébrale s’en trouve solidifiée.

Des visites dans divers lieux accueillant des familles, des jeunes, des enfants, en grande ou moins grande difficulté nous ont permis de découvrir les enjeux importants pour la famille aujourd’hui : l’ouverture au monde, la proximité et le dialogue. Finalement, lorsque nous côtoyons des familles, quelle qu’elles soient, une notion centrale revient, celle du lien : le lien parents-enfants, entre les associations et les bénéficiaires, entre les milieux sociaux et la culture. Il s’agit d’avoir une approche de la personne dans sa globalité et son unité, et non plus liée strictement à une difficulté ou un problème. Ne faudrait-il pas alors se préoccuper davantage de la manière dont la personne, les familles, vivent ce qu’elles ont à vivre, plutôt que de ce qu’elles vivent ?

Finalement, à travers cette session nous avons pu noter que la famille était significative de l’être ensemble. La famille cherche à être reconnue dans ses désirs, à travers les paroles qu’elle prononce, elle prend sens dans un système de relations. Si chacun d’entre nous s’inscrit dans un espace et un temps partagé dans une dimension d’altérité, alors la famille joue un grand rôle dans la fondation symbolique de notre société.

Catherine Pic

Vidéo de la session 
Site Internet du Ceras