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Fête des 80 ans de Sainte-Louise de Marillac

De nombreux paroissiens et habitants de Drancy se sont rassemblés dimanche 13 mars pour fêter les 80 ans de la pose de la 1ère pierre de l’église en 1936.
Témoignage

Au moment d’écrire ce témoignage, j’ai le choix entre faire un récapitulatif du projet qu’ont été les 80 ans de la pose de la 1ère pierre de notre église Sainte-Louise de Marillac à Drancy, et la journée de fête vécue le 13 mars 2016.

Je choisis de me concentrer sur la journée car il y a tant à dire, tant à partager avec ceux qui ont pu y être présents, et combien encore davantage avec ceux qui pour diverses raisons n’ont pas pu se joindre à nous.

Une journée de rassemblement

Bien que l’idée de la convergence des processions des différentes églises vers Sainte-Louise n’ait pas pu être retenue (pour des raisons de sécurité, il était compliqué de faire se déplacer des personnes en masse dans les rues), c’est bien une convergence de chrétiens qui s’est organisée dès 10h à Sainte-Louise. Des chrétiens de Notre-Dame de Liesse, de l’ancienne petite chapelle Jean XXIII, et surtout de Saint-Jean L’Evangéliste, sont venus en foule se rassembler autour des prêtres (notamment autour de notre vicaire général, le père Doussal) et de l’assemblée habituelle de Sainte-Louise, et co-animer la messe. L’église était pleine et chantante, régulièrement illuminée par des rayons de soleil. Une foison de lumières et de couleurs, tant au travers des vitraux que par la multitude des peuples rassemblés (nous avons pu apprécier les costumes du groupe africain et le superbe chapeau de Victoire !).

Rassemblement aussi parce que la messe ne s’est pas terminée par un simple pot d’amitié mais a été poursuivie par un repas, une suite de petits concerts bien sympathiques (chorale de la JAD (*), musiciens de Sainte-Louise), puis la célébration de Pâques des enfants et jeunes du catéchisme, de l’aumônerie et du catéchuménat. Quel mélange d’âges et de talents !

 

Une journée de partage

Si beaucoup de bénévoles s’étaient déjà déplacés pour apporter leur aide à l’équipe d’organisation la semaine précédente (et bravo à tous pour l’organisation d’un tel événement qui s’est déroulé parfaitement bien, dans une crypte magnifiquement accueillante), je garde particulièrement de ce jour un souvenir de partage.

Pendant la messe : partage de la Parole avec le père Doussal qui nous a fait une homélie très touchante et mobilisante, partage de chants avec le groupe africain de Saint-Jean qui a apporté les offrandes en une belle procession chantée en Mila et la chorale de Saint-Jean qui nous a fait chanter le joyeux chant d’envoi qu’est « Allons semer ».

Pendant le pot d’amitié : partage d’un peu de temps avec plus de 250 personnes, qui ont souhaité échanger et se retrouver à la crypte.

Pendant le repas : partage de vivres et de temps. Quelle merveille de constater que tous les participants ont joué le jeu du partage et donc apporté de nombreux plats, boissons et spécialités familiales dès la veille ! Les organisateurs, qui devaient veiller à ce que nous ne manquions de rien, ont vu leurs attentes dépassées ! Ce fut comme la multiplication des pains jusqu’au début de la messe ! Et quel soutien que toutes ces personnes qui spontanément, devant le nombre de convives, ont offert leur aide pour présenter les plats, servir, desservir, puis ranger !

Pendant la célébration des enfants : partage autour de la Pâque, orchestré par le père Jean-Claude, plus en forme que jamais, qui a fait chanter les jeunes et leur a annoncé la joie du Christ ressuscité. Tant de jeunes étaient présents avec leurs parents, c’était une belle conclusion à la journée.

Une journée de joie

Devant tant de gestes de solidarité et de partage, tous les visages affichaient une joie profonde. Jeunes ou moins jeunes, de tous horizons, je pense que ce que nous retiendrons de cette journée, c’est un grand moment de joie. Le mot « jubilé » a pris toute sa résonnance au sein de notre église, et de notre Eglise. Car nous avons tous fait Eglise dimanche, dans un seul cœur et chœur, témoignant par là même de ce que le pape François nous demande de mettre en œuvre : la miséricorde. En cette Année sainte de la miséricorde, nous venons d’en vivre un moment solennel. Prions pour qu’il soit suivi de mille autres moments semblables.

D’ailleurs nous rendrons prochainement grâce de cette grande joie lors d’une soirée louanges, au cours de laquelle nous prierons et chanterons en projetant des photos qui ont été prises dimanche.

Bonne marche vers Pâques !

Edith Leclere,
Drancy


(*) Jeanne d’Arc Drancy
 

Homélie du père Eugène Doussal, vicaire général

(Is 43, 16-21) / Ps 125 (126) / (Ph 3, 8-14) / (Jn 8, 1-11)

Je méditerai avec vous sur les textes que l’on vient d’entendre. J’avoue que je souriais en voyant les mots des deux premières lectures. Alors que je suis invité pour marquer les 80 ans de Sainte-Louise de Marillac, je lis le prophète Isaïe : « Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois » dit le Seigneur. Et Paul en remet une couche : « Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus ». Alors faut-il oublier le passé ? Comme toujours il y a une parole à comprendre, un message à recevoir. Relire le passé c’est y découvrir les traces que Dieu a laissées dans ce passé tel que nous l’avons vécu. Vous êtes nombreux ici à avoir écrit des pages d’histoire… ça veut peut-être nous dire : de ce qui a été vécu même douloureusement, cela a préparé l’avenir.

Toute l’histoire du peuple de Dieu est pleine de ces moments qui ont construit et fait grandir des hommes et des femmes. Il y a eu des moments forts et des temps difficiles. Du coup c’est bon d’entendre que l’avenir est ouvert : « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides. Ce peuple que je me suis façonné redira ma louange. »

Et Paul vient nous dire « Frères, les avantages que j’avais autrefois, je les considère comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. A cause de lui, j’ai tout perdu… afin de gagner un seul avantage, le Christ. » Il s’agit pour moi, dit Paul, « de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection, de communier aux souffrances de sa passion, en devenant semblable à lui dans sa mort. Avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. Certes, je n’ai pas encore obtenu cela, je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et quand c’est vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. » Vous avez vu… c’est du lourd ! C’est du Paul.

Dans l’Evangile, nous voyons Jésus face aux scribes et aux pharisiens qui ont trouvé une femme surprise en flagrant délit d’adultère. Je me souviendrai toute ma vie d’un dialogue avec un collègue de travail ayant entendu ce texte me dire : « dis voir, la femme se fait prendre mais où il est le monsieur ? » Mais revenons à nos scribes et pharisiens : ils cherchent donc à la faire mourir. S’adressant à Jésus, ils lui disent : « Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? ». C’est quand même un moment incroyable de cruauté. Jésus est face à des humains qui réclament la mort d’une femme ! Ils sont là, pleins de leurs principes, d’une loi à appliquer sans concession, sans compassion, sans miséricorde… Ils sont l’image inversée de ce que nous voudrions vivre et en même temps, ils sont ce que nous sommes parfois : au lieu d’écouter, ils veulent être entendus et piéger celui qui parle ; au lieu de douceur, ils font monter la violence ; au lieu de la vie, ils souhaitent la mort.

Il serait tellement facile à Jésus de les retourner à coup de citations bibliques. Il pourrait se lever, s’imposer comme eux et parler plus fort. Mais leur provocation ne réveille que son silence.
Après un temps de silence, il leur répond : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre. »

Chacun peut entendre et se laisser interroger ! Avec le Christ, il y a toujours une proposition de remise en cause ! Jésus offre toujours un espace de droiture et de liberté à ceux qui s’enferment dans une fausse vérité. Grâce à la présence silencieuse du Sauveur, la femme vient d’échapper à une mort cruelle et inhumaine. Dans le dialogue qui se noue avec elle, Jésus ouvre un chemin là où la mort menaçait l’avenir.

Cet Evangile nous révèle donc un Dieu qui fait miséricorde. C’est quoi la miséricorde ? C’est être touché au plus profond de soi-même. C’est ressentir la souffrance de l’autre au plus profond de soi… A en avoir mal au ventre… Vous comprenez, Jésus devant la femme qui sans lui aurait été lapidée a dû être touché au plus profond de lui. Lui qui est miséricorde, Il ne pouvait que lui dire une parole de vie, une parole qui permet de repartir dans la vie : je ne condamne pas.

Je voudrais terminer en vous souhaitant d’être de celles et ceux qui vont continuer d’écrire l’histoire de votre paroisse… Une paroisse qui sera toujours bien présente dans la ville, une paroisse où vous donnerez de votre temps pour que nos jeunes soient accompagnés, qu’ils se sentent aimés pour ce qu’ils vivent, une paroisse impatiente de vivre la proximité, une paroisse où nous chrétiens nous serons toujours du côté de ceux qui souffrent et sont écartés d’une vie normale.

Je souhaite aussi que chacun et chacune vous ayez un lieu, une équipe que vous retrouverez régulièrement pour parler de ce que vous vivez en demandant au Christ d’apporter sa lumière…

Je souhaite encore que des jeunes et des adultes se sentent appelés pour donner leur vie au service de l’Église en devenant prêtre, diacre, consacré… Je souhaite enfin que les familles soient accompagnées et soutenues.
« Donne-nous, Seigneur, un cœur nouveau. Ouvre nos cœurs à ton Esprit toujours nouveau ».

 

Un peu d’histoire

L'ancien village de Drancy possédait une église primitive, Saint-Germain l'Auxerrois. Devenue trop exiguë pour recevoir l'afflux lié à la nouvelle population, une nouvelle église la remplace. C'est la plus récente des trois églises drancéennes liées aux chantiers du cardinal Verdier. Le nouvel édifice est placé sous le vocable de Louise de Marillac (1591-1660), une religieuse ayant œuvré aux côtés de saint Vincent de Paul. Elle est la fondatrice du premier ordre de religieuses non-cloîtrées et voué au service des pauvres. Les sœurs de la Charité sont présentes à Drancy depuis le XIXe siècle. Elles étaient chargées du dispensaire, actuellement géré par la Croix-Rouge. Composé d'un toit en ardoise et de brique rouge, le bâtiment est réalisé de 1936 à 1939 selon les plans dressés par les architectes Besnard et Bernadac. Comme Saint-Jean l'Evangéliste, l'église Sainte-Louise de Marillac reste longtemps inachevée. Mais, le bombardement d'août 1944 l'ayant fortement endommagée, sa restauration la dote d'un clocher et d'un porche dont la décoration ne sera jamais réalisée. Les bas-côtés encadrent une nef voûtée aux croisillons très larges et très courts. Le chœur est décoré d'une grande fresque à la gloire de Louise de Marillac. Trois abbés drancéens, morts sur le champ de bataille en 1940, sont enterrés dans la chapelle.

Source : www.tourisme93.com

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