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Il est beau et juste de remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée

Tympan basilique cathédrale Saint-Denis (A. Pinoges / CIRIC)

A l’initiative de Jean-Paul II en 1997, la journée de la vie consacrée a lieu chaque année le 2 février, fête de la Présentation du Seigneur au temple.

Cette journée a trois buts :

  • l’action de grâce « parce qu’il est beau et juste de remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée, qui enrichit et réjouit l’Eglise par la multiplicité des charismes et le dévouement de tant de vies totalement données au Seigneur et aux frères »
  • pour mieux connaître et apprécier la vie consacrée. « En contemplant le don de la vie consacrée, l’Eglise contemple sa vocation la plus profonde, celle de n’appartenir qu’à son Seigneur, soulignait Jean-Paul II.
  • c'est une invitation aux personnes consacrées « à célébrer ensemble et solennellement les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles

 

Pour marquer cet événement, les religieuses, religieux et personnes consacrées du diocèse se sont rassemblées le 2 février 2017 à Bondy pour une messe, un temps d’échanges, puis un repas partagé.


Témoignages


TOUT RELIGIEUX OU CONSACRE EST UN MISSIONNAIRE ! La vocation missionnaire, c’est un départ… une "sortie" de chez soi pour aller vers les autres ou vers un "pays étranger".

En conséquence, Il y a déracinement : on quitte sa famille, son milieu, sa culture, c’est-à-dire certaines façons de vivre, de sentir, de réagir. Comme dit le père Anizan, notre fondateur, c’est à nous de nous adapter au peuple. C’est dans cette perspective que je vis ma vocation comme Fils de la Charité ; aller à la rencontre des autres. Rencontrer l’autre dans sa différence, une différence qui ne vient pas seulement du caractère de la personne ou de son histoire individuelle, mais de la façon de sentir, de réagir et de s’exprimer du groupe auquel cette personne appartient.

Au début surtout, ces différences culturelles sont comme des barrières qui gênent notre manière de dialoguer et même d’évangéliser. Pour moi, vivre dans une culture autre que la mienne n’était pas si évident, mais peu à peu, je me familiarise avec la culture française, dont j’avais déjà une idée, car Haïti était une ancienne colonie française. J’apprends à l’apprécier, mais cela demande du temps, beaucoup de temps…

Comme missionnaire, je ne suis pas un explorateur qui s’embarque, à son compte, dans une aventure personnelle. Je suis un serviteur de la Mission qui a été confiée à la congrégation des Fils de la Charité dans un diocèse qui fait partie de l’Église universelle. Je suis donc au service du diocèse avec mes frères en communauté.

En ce qui concerne le don de soi au troupeau confié, nous pouvons regarder la figure du Bon Pasteur en Jean 10. C’est un texte clé pour nous Fils de la charité. La charité pastorale détermine notre façon de penser et d'agir, notre mode de relation avec les gens. C’est particulièrement une exigence pour nous. Car le peuple sent quand son pasteur l’aime. Notre objectif n’est autre que d’apprendre à aimer les personnes que nous rencontrons, comme le Christ, en les servant.

Gilbert Julien,
Fils de la Charité, communauté de Saint-Ouen
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L’ordination diaconale de Gilbert Julien, en vue de devenir prêtre, aura lieu dimanche 26 février 2017 en l’église Notre-Dame du Rosaire à Saint-Ouen (65 avenue Gabriel Péri). Cette célébration sera présidée par notre évêque, Mgr Pascal Delannoy.


 


NOUS, PETITES SOEURS DE JESUS, appartenons à la famille spirituelle de Charles de Foucauld. Nous sommes appelées à vivre comme contemplatives au milieu du monde des pauvres à la suite de Jésus de Nazareth qui pendant 30 ans fait de la vie toute ordinaire le lieu de la rencontre avec son Père et avec les hommes, ses frères et ses sœurs.  Notre « Nazareth » aujourd’hui, ce sont les 4000 de La Courneuve où nous partageons la vie des gens simples, des immigrés de différents pays de l’Afrique et de l’Asie, la plupart sont musulmans.

« Sur les places et les rues de la ville, je chercherai celui que mon cœur aime » (Cantique des Cantiques 3,2)

Nous avons été séduits par le visage de Jésus de Nazareth et par sa façon à lui de restaurer l’humain : il casse tout ce qui exclut ; il va à celui que tout le monde fuit ; il touche et se laisse toucher par ceux qu’on a jugés impurs ; il reconnaît la droiture et l’amour d’où qu’ils viennent, de l’étranger ou de celle qui a une autre foi… A force de regarder Jésus dans les Evangiles, comment il vit et agit, nous faisons une découverte : l’Evangile est écrit pour aujourd’hui parce qu’il est écrit à partir de la vie des gens de « tous les jours ». Deux petits exemples : Karim, le « fils prodigue » qui revient à la maison de son père, notre voisin en face ; Ali, le « bon samaritain » qui voit et vient spontanément en aide à un agressé dans notre rue…

C’est une vigilance du cœur que nous essayons de garder, à travers ces microcontacts avec Jésus, c’est au fond l’attitude de Jésus qui déteint sur nous (si nous le laissons faire), le suivre nous « contamine » et change notre regard sur les personnes et les événements ; rester éveillées à sa présence, nous éveille à une autre attention à ceux qui nous entourent.

Nous sentons aussi, comme Jésus, le besoin de nous retirer régulièrement pour prier à l’écart dans le silence, un temps de tête-à-tête avec le Père… Aller sur les places et les rues de la ville, ce n’est plus alors nous laisser distraire de la présence du Seigneur, c’est au contraire le rejoindre et regarder le monde et les personnes avec ses yeux. Si j’y suis en aimant, j’y suis avec Dieu aussi sûrement que lorsque je suis à l’église ou à la chapelle : le recueillement vient de l’amour. Comme disait Charles de Foucauld : « prier, c’est penser à Jésus en l’aimant. Plus on l’aime, mieux on prie. »

Prière de pauvres humains, les pieds sur terre. Parfois douloureuse et sans réponse, parfois joyeuse et pleine d’élan : « Béni sois-tu, Père, d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux petits ! » Nous entrons dans cet hymne de louange de Jésus à son Père, par exemple quand un jeune voisin musulman nous dit après les attentats à Paris : « Dieu peut toujours tirer du bien du mal aussi de cet attentat, que des signes de solidarité avec les victimes ! J’aime rencontrer des personnes d’autres religions. A mon avis, les différences peuvent nous enrichir, et vécu dans l’amitié, les différences peuvent devenir une force. Et la première chose qui nous unit, c’est notre humanité et notre foi en Dieu, l’Un, l’Unique, le Miséricordieux ! »

Il y a une source contemplative du dialogue et de la rencontre avec nos voisins musulmans : c’est habité par l’Esprit du Christ ressuscité que nous sommes sans cesse appelés à aller à la rencontre de nos frères et sœurs qui croient autrement que nous. Dieu les regarde avec tendresse. Est-ce que nous savons être auprès d’eux reflets de cette bienveillance divine ? Il peut arriver que des musulmans nous renvoient à notre propre relation avec Dieu et nous posent la question : « Et toi, comment tu vis la relation avec Dieu ? Comment tu pries ? » L’expérience du dialogue interreligieux est véritablement un chemin spirituel. En la personne de Jésus, Dieu est venu à la rencontre des hommes, non pas pour les juger, non pas avec force et éclat, mais dans la simplicité de Nazareth, d’une vie partagée d’un peuple jusqu’à donner sa vie dont nous faisons mémoire à chaque célébration de l’eucharistie.

Nous sentons le besoin de nous exposer longuement à la lumière de Dieu, le contempler dans les Evangiles, et avec lui adorer le Père. Pour qu’il transforme notre cœur et celui de nos proches à l’image de celui de Jésus,  pour qu’il nous donne son regard. Prière de pauvres humains.

Rester sans cesse éveillé pour chercher le visage du Seigneur. Cela suppose avant tout de lire et relire sans cesse l’Evangile. Non pas d’abord pour y chercher une morale, sonder ce qui est bien et ce qui est mal, mais pour y chercher sans cesse le visage de Jésus : le regarder agir, scruter ses réactions, voir ses comportements. Petit à petit nous laisser habiter par lui et transformer par lui. Il est un homme de Nazareth, un "petit" : en le regardant, nous pouvons découvrir peu à peu comment nous comporter dans le monde des gens simples qui est le nôtre, apprendre de nous émerveiller comme lui, à nous laisser toucher de compassion, à lutter contre le mal, à trouver le chemin vers le Père, etc. A aimer tout simplement. Cette recherche du visage de Jésus, c’est un engagement à plein temps. Pas seulement dans les temps de prière, mais dans la vigilance d’un cœur éveillé. Nous ne sommes pas quittes avec les temps de prière : chaque rencontre, chaque événement devrait nous trouver attentifs à chercher la trace du Seigneur qui a promis de nous accompagner ; comme le disciple que Jésus aimait, le reconnaître sous des traits incertains dans la vie quotidienne (Jean 21, 7 et 12).

Petite sœur Marlène,
Fraternité des Petites Sœurs de Jésus, La Courneuve
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JE SUIS EN INSTITUT SECULIER : l'Institut du cœur de Jésus. J'en suis heureuse, car aujourd'hui nous fêtons les 70 ans de la constitution apostolique Provida Mater Ecclesia, qui nous a donnés le jour.

Notre vie, c'est la vie de tout le monde, ni plus ni moins. Notre apostolat est celui de la simple présence. Cela ne veut pas dire nécessairement enfouissement. Là où nous sommes, nous choisissons d'être avec… dans les joies comme dans les peines et les combats.

À titre d'exemple, je suis syndiquée. Ces derniers temps, j'ai eu à épauler un de mes collègues victime d'un accident du travail et qui subissait du harcèlement de la part de nos chefs. Je vis seule dans un appartement, ce qui m'a permis d'accueillir à plusieurs reprises des personnes sans papiers ou dans le besoin ; je m'occupe de ma sœur malade, les fêtes de famille se font souvent chez moi.

Bref, vous voyez que des choses banales, mais la banalité du quotidien est remplie de la présence de Dieu, et c'est là que nous le rencontrons et là aussi que nous l'apportons au monde, à nos frères. Je me sens appelée à témoigner de la valeur de la fraternité et de l'amitié, à témoigner dans le monde la logique de Dieu, de montrer par ma vie, bien petitement certes, qu’il est possible d’avoir une nouvelle façon d’être, de vivre, de se confronter au monde et aux autres.

Tout cela, je ne peux le vivre sans la prière et la disponibilité à l'Esprit Saint. Dans le texte d'aujourd'hui (Luc 2, 22-40), lorsque Joseph et Marie arrivent au temple pour présenter l'enfant Jésus, Siméon et Anne poussés par l'Esprit viennent à leur rencontre. Il leur est donné de reconnaître dans ce jeune enfant, Dieu lui-même. Malgré leur âge avancé, leur désir de Dieu et leur espérance demeurent intacts.

Disponibles à l'imprévu de Dieu et le cœur en éveil, ils sont aptes à reconnaître le fils de Dieu. Ainsi chaque jour, il me faut essayer de me laisser transformer par l'Esprit Saint pour entrer dans le regard de Dieu, son regard bien veillant sur tout homme, pour voir toute chose en Dieu et Dieu en toute chose. Ce qui me nourris, c'est de contempler Dieu à l’œuvre à travers les événements et les personnes. Cela est parfois bien difficile, je reste ce que je suis avec mes emportements, ma mauvaise humeur parfois, ma fatigue aussi. Chaque jour, il me faut choisir de me remettre entre les mains de mon Seigneur, accueillir sa miséricorde et lui demander son aide. Ai-je un cœur qui désire, suis-je guetteur et passeur d'espérance comme Anne et Siméon ? Ce qui est certain, c'est que ce chemin pour moi est chemin de vie et de joie, et de cela j'en rends grâce au Seigneur.

Marie Boudier,
Institut séculier du cœur de Jésus, Saint-Denis
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Homélie du pape François prononcée lors de la messe célébrée en la basilique Saint-Pierre jeudi 2 février 2017, jour de la Fête de la Vie consacrée (Radio Vatican)


Vie consacrée : l'accompagnement pour stopper « l'hémorragie » (Radio Vatican)
Par sœur Véronique Margron, présidente de la Corref, la Conférence des Religieuses et Religieux en France
 

La vie consacrée, témoin d’un Dieu qui relève de la mort
Message de Sr Véronique Margron, présidente de la Corref, à l’occasion du 2 février 2017, fête de la présentation du Seigneur au Temple et de la vie consacrée.


La vie consacrée, un chemin de fidélité à la suite du Christ (Radio Vatican)
Le père Thomas Georgeon, moine trappiste et postulateur de la cause des moines de Tibhirine, témoigne de son engagement, du caractère exigeant de sa vocation, jusqu’au martyre, s’il le faut, à l’exemple des frères de Tibhirine assassinés en Algérie en 1996, mais aussi de la beauté de la vie monastique et de la fidélité non pas à une idéologie, mais à une personne, le Christ, et à l’Évangile.

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