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L'église catholique en Seine-Saint-DenisAssociation diocésaine de Saint-Denis-en-France
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Lancement de l'Année de la vie consacrée

La célébration du lancement de l’Année de la vie consacrée a rassemblé les communautés religieuses du diocèse à la cathédrale Saint Denis le 30 novembre dernier. Au cours de ce temps de prière convivial unissant religieux et laïcs, plusieurs témoignages de vies consacrées ont été partagés.

Cette année, à l’initiative du pape François, a pour but de faire davantage connaître la vie consacrée et de la promouvoir dans notre pays et dans le monde. Elle approfondira les défis du temps lancés aux instituts, communautés et personnes si nombreuses qui composent le « grand arbre de la vie consacrée », selon l’image du Concile Vatican II.

Lors de la célébration de lancement de l'Année de la vie consacrée à la cathédrale de Saint-Denis, le 30 novembre dernier, plusieurs religieux, hommes et femmes, de communautés et de congrégations aux charismes divers et variés ont témoigné de la beauté et des grâces de la vie consacrée au service de leurs frères et soeurs, de l'Eglise universelle.

 

Tu m'as séduite et je me suis laissée séduire...

Marie Boudier, membre de l'Institut séculier féminin du Cœur de Jésus

Je vais vous dire ce qu'est pour moi le baptême et quel est le lien que je fais entre le baptême et la consécration.
« Il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu à ceux qui croient en son nom, eux qui ne furent engendré ni du sang, ni d'un vouloir de chair, ni d'un vouloir d'homme mais de Dieu. » (Jean 1,12-13)

Cette parole du prologue de l’Évangile de Jean résonne fortement en moi. C'est Dieu qui a l'initiative et quelle que soit mon origine, les conditions de ma venue au monde, avant toute chose, le Père m'a choisie. Si personne ne m'a désirée, Dieu lui, m'a espérée et attendue. Si je suis là, c'est parce que Dieu m'a voulue et sans cesse m'engendre à la vie. Il m'a voulu, on pourrait dire, en connaissance de cause. Comme dit le psalmiste : « Tu sais de quoi nous sommes pétris » (Psaume 103).

Par le baptême, Dieu établit avec nous un lien indéfectible. Le Père nous adopte, par l'Esprit Saint, il se fait proche et nous ouvre à la vie en plénitude. Par le baptême, je reçois des frères mais aussi une mère : l’Église. Elle est pour moi comme une mère puisqu'elle me nourrit, me donne ce dont j'ai besoin pour vivre comme chrétienne. Elle m'aide à grandir.

Tout baptisé est appelé à mettre toute son existence à la suite du Christ et à vivre l’Évangile. C'est en fin de compte là, notre identité chrétienne. Nous sommes tous appelés à vivre la plénitude de l'amour.

La vie consacrée, la consécration pour moi est un moyen, une couleur particulière donnée à mon baptême que le Christ me propose. C'est un chemin de sainteté comme peut l'être le mariage chrétien. Cette voie s'est imposée à moi comme une évidence. L'évidence que c'est par là que pour moi pourrait se déployer pleinement mon baptême.

Dans la vie consacrée, le Christ est l'unique. Il n'y en pas d'autre. C'est à cause de lui que j'ai fait ce choix. Il est ma joie, j'ai l'assurance qu'il peut combler ma vie. Le « pour toujours » des vœux répond à la fidélité du Seigneur sur laquelle je peux m’appuyer, ma manière d'endosser pleinement mon baptême. Au lieu de m'enfermer, il a été pour moi une libération, une grande porte ouverte sur l'avenir, la certitude de l'accueil inconditionnel de Dieu. Le choix d'unifier sa vie en Dieu seul permet par lui et avec lui d'aimer plus largement.

Si je voulais résumer cela en une phrase je dirais comme Jérémie : « Tu m'as séduite, et je me suis laissée séduire » (Jérémie 20,7) pour être au cœur du monde avec le cœur de Dieu.

 

J'ai accueilli la joie de témoigner de notre espérance

Catherine Désirée Ngo Ngan, religieuse des Servantes de Marie de Douala (Cameroun)

J’ai passé mes premières années de vie religieuse dans l’enseignement. Mais depuis une dizaine d’années, j’assure l’accueil et l’accompagnement des demandeurs d’asile au Cèdre qui est une antenne du Secours catholique.

Les personnes accueillies au Cèdre sont des étrangers déplacés contre leur gré ; des personnes qui ont été victimes de persécutions ou de menaces graves à cause de leurs opinions politiques ou religieuses, de leur appartenance raciale, de leur combat pour la justice et  la liberté, mais aussi  à cause des effets du réchauffement climatique ou pour des motifs économiques.

Comment les personnes arrivent au Cèdre ?  La plupart des personnes connaissent le Cèdre par le bouche à oreille : d’autres connaissent notre adresse par les passeurs qui les font entrer en France, d’autres encore, sont orientées directement ou indirectement par les  curés de paroisse ou par des équipes du Secours catholique.

A ces personnes le cèdre offre un lieu d’accueil, un espace  de vie où elles peuvent se poser dans la journée, prendre un café, demander un renseignement. Nous leur proposons aussi des activités socio-culturelles comme l’apprentissage du français, ou l’initiation à l’informatique, les sorties en groupes etc.

Dans le même temps, nous proposons  à ceux qui le souhaitent un  accompagnement sur le plan administratif, juridique et social et il est possible de procurer une adresse postale à certains.

Ma mission au Cèdre

Ma mission au Cèdre consiste à accompagner les demandeurs d’asile dans la procédure de demande d’une protection en France qui peut être la reconnaissance du statut de réfugié. La principale tâche consiste à accompagner des demandeurs d’asile dans  la rédaction de leur   récit de vie qui va déterminer si oui ou non leur demande correspond aux critères légaux.

C’est une tâche délicate que j’essaye d’accomplir avec respect et humanité. Quand j’écoute les histoires de vie, je suis émerveillée de la tendresse particulière que Dieu porte à chaque personne qu’il a créée, quelles que soient ses pauvretés et ses misères. Je découvre combien ses pensées sont différentes des nôtres. Je réalise combien Dieu est grand et combien je suis toute petite. Je découvre qu’en réalité tout homme est une histoire sacrée et cette découverte bouscule mes certitudes.

En fait, Dieu m’invite à aller plus loin, à prendre plus de risques, à donner totalement ma vie comme l’a fait Jésus en mourant sur une croix : « Ceci est mon corps livré pour vous ».

Aujourd’hui, le pape François nous exhorte à témoigner d’une autre façon de faire, d’agir, de vivre.

Suis-je prête à livrer mon corps, à me laisser manger par amour pour le Christ ?

Ce n’est pas seulement au Cèdre, mais aussi dans mon quartier, mon immeuble, ma paroisse dans les transports en commun, partout où je passe que le Christ me demande un peu de moi-même, Comment faire quand je me sens essoufflée ? Quand je me sens vidée de ma substance ? Autrement dit, où est-ce que je trouve les forces pour aller de l’avant ?

Ce qui me fait avancer, c’est la foi : j’ai  la certitude que de moi-même, je ne peux rien, mais qu’à travers moi c’est Dieu qui agit.

Jésus nous dit : «  Sans moi, vous ne pouvez rien faire. » Il nous dit aussi :  « N’ayez pas peur je suis vainqueur du monde ». Aussi la prière est le moteur de mon  action. Je trouve ma force dans l’Eucharistie et la méditation de la parole de Dieu. D’ailleurs je me rends compte que le jour où je n’ai pas bien prié, je me sens particulièrement vulnérable et qu’à chaque fois que je me trouve dans une situation difficile et que j’invoque Jésus dans son cœur, je trouve la solution.

Qu’est-ce que ça m’apporte ?

Cette expérience m’a apporté beaucoup de joie : au-delà de  la joie de  rencontrer des personnes d’origines et de cultures différentes, de partager leurs forces et leurs faiblesses, je me réjouis de participer en Eglise à  cette mission d’accueil solidaire et fraternel  de tous nos  frères humains, qu’ils soient étrangers, sans abris, malades ou affamés. J’ai surtout accueilli la joie de  témoigner de notre espérance en l’avènement du règne de Dieu.

En ce jour  où  l’Eglise  célèbre  l’ouverture  de l’Année de la vie consacrée, je demande à Jésus par l’intercession de Marie sa Mère, de renouveler notre foi, notre amour et notre espérance en l’avènement de son  règne. Comme avec les disciples d’Emmaüs, qu’il chemine avec nous et nous garde fidèles à son service.

 

Ma joie se renouvelle chaque jour

Marie-Claire Chéreau, Communauté apostolique de Saint-François-Xavier 

« Quand deux ou trois sont réunies en mon Nom, je suis là, au milieu d’eux. » (Matthieu 18, 20) dit notre Seigneur à ses disciples et la joie de la fraternité créée par sa présence en est le don.

Quand j’étais étudiante à Sainte-Marie de Neuilly, maison-mère de la communauté apostolique Saint-François-Xavier, cette joie, je la lisais sur le visage des consacrées que je côtoyais et je comprenais en même temps que cette joie rayonnante à l’extérieur provenait d’une source intérieure, d’un cœur habité par la présence de Dieu, d’un corps apostolique vivant d’une même inspiration. Cette joie, je l’ai partagée dans des échanges personnels et dans des temps de prière commun en particulier l’Eucharistie que nous avions la chance de vivre au sein de l’établissement.

C’est dans cette communauté Saint-François-Xavier (SFX) fondée au début du siècle par Madeleine Daniélou que le Seigneur m’appela à lui consacrer ma vie. Notre vœu de consécration apostolique nous unit les unes les autres à la suite du Christ au service de nos frères et crée entre nous une fraternité spirituelle profonde.

Ma joie se renouvelle chaque jour dans le silence de l’oraison du matin que nous faisons ensemble, dans l’Eucharistie, dans notre prière du soir. Notre champ apostolique est celui de l’éducation, de la croissance humaine et spirituelle - des jeunes en particulier - et nous avons grâce pour œuvrer ensemble à cette mission éducative. Nous expérimentons la joie qu’il y a non seulement à prier ensemble mais à travailler ensemble au service du Royaume, nous « entre-aidant  et (nous) entre-aimant » comme nous le demandait le père Léonce de Grandmaison, conseiller spirituel de Madeleine Daniélou. Chaque année, notre retraite spirituelle et nos temps de vacances communautaires renforcent nos liens fraternels.

C’est vrai, ce n’est pas toujours facile et comme dans toute vie commune, il y a parfois des difficultés, voire même des tensions, c’est alors que se vit entre nous la joie du pardon. Quand l’épreuve nous atteint, c’est alors que nous nous savons soutenues par des sœurs attentives et compatissantes. La prière d’intercession et la communion des saints sont aussi une grâce de vie fraternelle.

Depuis quelques mois, j’ai été envoyée à Bobigny après avoir passé 16 ans en Afrique, au Tchad et en Côte d’Ivoire, et je voudrais encore évoquer la joie de vivre à SFX une fraternité sans frontières. Depuis 100 ans, notre communauté s’est agrandie et nous préparons pour l’été prochain un pèlerinage pour les jeunes à Xavier auquel participeront nos sœurs africaines et coréennes. Dans ma nouvelle mission, je me suis sentie accueillie par l’ensemble du personnel éducatif du lycée Charles Péguy où la communauté SFX et les laïcs travaillent en étroite collaboration au service des élèves arrivant des quatre coins du monde, de culture et de religions différentes, et vivant en bonne entente. Je découvre également la joie d’être accueillie dans le diocèse de Saint-Denis par une communauté pastorale et paroissiale pleine de générosité et de joie. En vérité, la joie de la fraternité vécue au sein de ma communauté apostolique est appelée à se vivre au sein de l’Église diocésaine et universelle. Que « l’Esprit- Saint » qui « a été donné joyeux à l’homme »  fasse de nous tous des frères dans le Christ.

 

Télécharger la Lettre apostolique du pape François à l'occasion de l'Année de la vie consacrée