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« Le Rocher Oasis des cités » assure une présence chrétienne dans les quartiers Nord de Bondy

L'association met en place des actions de proximité au coeur de la cité, auprès des jeunes et des familles.

« Le Rocher, au cœur des cités de Bondy » (La Croix, 17/05/13)
Fondée il y a treize ans, l’association Le Rocher est installée dans les quartiers sensibles, pour aider au mieux leurs habitants...

« Catholiques dans les cités : un tremplin pour l'évangélisation ? » (Radio Notre-Dame, 28/05/12)
Emission réalisée après le grand rassemblement diocésain « Pentecôte 2012 » du 27 mai 2012.

« Avec l'association Le Rocher à Bondy »
Reportage réalisé pendant la visite pastorale de notre évêque sur le secteur de Bondy (22-27/11/11).

 

 

Interview de Xavier Paysserand (Directeur du Rocher de Bondy en septembre 2009)

Pouvez-vous nous parler de la mission du Rocher 93

Le Rocher est une association qui a pour objectifs : de mettre en place des actions de proximité pour l'éducation des jeunes et le soutien éducatif des familles du quartier et de témoigner de sa foi en vivant au sein du quartier, en participant aux services paroissiaux, en organisant des temps forts fraternels, en participant au dialogue interreligieux. Le Rocher répond à la demande des évêques. Ses membres (formés) sont d'abord une présence chrétienne dans les quartiers : en habitant en HLM au cœur de la cité et en vivant leur foi (adoration, louange et eucharistie quotidiennes) au sein de leur paroisse. Ce voisinage permet de mieux comprendre les habitants de ces quartiers ; de cette proximité naît la compassion et l'Amour pour son prochain.

Comment un jeune vient voir le Rocher et pourquoi ?

Par l'animation de rue hebdomadaire, nous croisons de nombreux jeunes. Nous leur proposons alors d'autres activités : aides aux devoirs, ateliers pédagogiques du soir (bois, couture, édition d'un journal, théâtre, poésie ou encore les séjours de vacances, … Aussi, de nouveaux jeunes ou familles viennent nous rencontrer par cooptation. Elles ont entendu parler du Rocher par des amis, du coup ils viennent nous rencontrer. Les jeunes et (ou) leurs parents y trouvent un lieu d'écoute et d'aide. Les grands jeunes viennent aussi à nous car ils ont participé aux activités du Rocher lorsqu'ils étaient plus jeunes et se retrouvent face à un besoin auquel nous pouvons répondre : rédaction d'un CV, aide à la recherche d'emploi, par exemple. D'autres viennent pour les même raisons, envoyé par un copain du quartier. Nous allons également dans la rue à leur rencontre lorsque des anciens nous confient que nous pourrions venir en aide à un de leur ami, mais qu'il n'ose pas s'adresser directement à nous.

Pourriez-vous décrire des types d'accompagnements qui ont porté leurs fruits…

Je pense à un jeune garçon qui s'appelle Ali. Quelle terreur ! N'importe qui aurait pu dire de lui : « ya rien à en tirer ! » N'importe quel éducateur était fatigué par son remue ménage constant, son instabilité, sa difficulté à se concentrer, sa colère aussi, notamment face à ses difficultés scolaires. Mais une éducatrice de l'équipe du Rocher l'avait pris en affection. Elle l'a revalorisé, lui a montré ses capacités, l'a accompagné avec douceur, et avec poigne aussi, lorsque c'était nécessaire. Elle a eu de longues discussions avec sa maman, lui montrant les progrès qu'Ali faisait de mois en mois. Il reste fragile, notamment parce qu'il est très jeune, mais nous avons pu constater une vraie évolution chez ce jeune. Le secret étant de ne pas regarder seulement là ou il est arrivé, mais de où il est parti, et quelle route il a déjà parcourue.

Qu'est-ce qui fait qu'un jeune se construit… En quoi le Rocher sert ce chemin de croissance et d'autonomie ?

Un jeune se construit dans la mesure où il est aimé. Ou plutôt, dans la mesure où il se sent aimé ; et la nuance est plus compliquée, dans certains cas. Par exemple, un jeune immigré se sent vite dénigré par certains regards ; ou encore une jeune fille en pleine adolescence peut avoir certaines exigences, comme d'être câlinée. D'autres encore en font voir de toutes les couleurs aux adultes, etc. Mais une seule question les taraude : « est-ce que je suis aimable ? ». Le Rocher aide, par l'écoute, la discussion à faire réfléchir le jeune sur ce chemin affectif qui est la base de sa croissance et de son autonomie. Lorsqu'on l'aide dans sa scolarité, en individuel tant que possible (si nous manquons d'encadrant, nous refusons des jeunes) nous avons le moyen de l'encourager et de lui témoigner qu'il n'est pas nul, qu'il n'est pas un « bon à rien » ; « qu'il vaut le coup» qu'on lui consacre du temps. Je me souviens d'une jeune fille qui cherchait constamment le contact câlin. Le Rocher offre les moyens, sans la rejeter, de lui expliquer les différents domaines de l'affection : amitié, amour, affection de parents, et de n'importe quel autre adulte. Un jour Guillaume, un éducateur, est parti avec quatre jeunes en camp. Semaine qui avait laissé à l'adulte une impression d'horreur, de « ça n'a servi à rien »… tant les relations avaient été tendues, violentes verbalement. Ce n'est qu'en rentrant dans le train, que Guillaume eut une conversation rassurante avec un des jeunes les plus durs de cette semaine de camp : « vous, au Rocher, vous êtes de « oufs » (des fous
!) : Vous prenez une semaine pour nous emmener en camp, on vous fait "ch… " On vous en fait voir… mais vous continuez de vous occuper de nous, et vous gardez le sourire ! C'est un truc de « ouf, ça ! » Ce fût une occasion pour l'adulte de répondre qu'il continue parce qu'il sait que le jeune en vaut le coup !

A quelles difficultés majeures avez-vous été confronté... quelles solutions ?

Une première difficulté à laquelle nous pouvons être confrontés, c'est le découragement, des parents ou du jeune lui-même. La solution est dans l'écoute, et l'encouragement. Souvent aussi, dans la revalorisation. C'est à nous de trouver les points positifs de chaque personne pour l'aider à le découvrir en lui. Un travail d'équipe est alors une force indéniable. La violence est la difficulté la plus rude à laquelle nous puissions être confrontés, car il n'y a pas de « bonne réponse » à apporter ; il n'y a pas de remède miracle, sinon, les mamans, les papas l'utiliseraient depuis longtemps, et les éducateurs aussi ! La solution se trouve dans la « forte douceur » et « la douce force ». Elle est le plus souvent le fruit d'un savait être auprès des jeunes, don reçu ou acquis par l'expérience. Par contre, en tant qu'éducateur chrétien, je peux certifier que l'attitude juste trouve souvent sa source dans la prière et notamment l'adoration, car c'est un moyen sûr pour l'Esprit Saint de nous inspirer et de nous conduire.

Ce lieu de croissance débouche-t-il parfois sur une insertion "exemplaire" ?

Oui, nous pourrions avoir quelques exemples, malheureusement, nous sentons ces situations fragiles…

Malgré la diversité des situations rencontrées, quels sont les maîtres-mots qui font qu'un jeune a des chances de sortir de l'errance ?

Persévérance ; Sens de l'effort ; Confiance en soi ; Famille.
 

 

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L’association « Le Rocher Oasis des Cités »

L’antenne de Bondy (créée en 2000)