Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

L'église catholique en Seine-Saint-DenisAssociation diocésaine de Saint-Denis-en-France
S'inscrire à la newsletter
Actions sur le document
  • Imprimer

Missionnaire de la Miséricorde

Le pape François a reçu à Rome plusieurs centaines de missionnaires de la Miséricorde, qu’il a envoyés en mission lors de la messe du Mercredi des Cendres, le 10 février dernier. Il a invités ces prêtres à exercer avec enthousiasme le ministère de confesseur, en agissant au nom de Jésus. Le père Bertrand Collignon est l'un de ces prêtres missionnaires de la Miséricorde...

Au mois de février 2015, notre évêque m’a proposé de devenir délégué diocésain pour le Jubilé des 50 ans du diocèse. En avril, le pape invitait toute l’Eglise à vivre une Année sainte de la Miséricorde. Au mois de septembre le pape invitait à Rome, pour le mercredi des cendres, tous les missionnaires de la Miséricorde. Notre évêque m’a alors demandé de devenir missionnaire de la Miséricorde en me disant : « Tu iras à Rome et, en revenant, tu me diras ce qu’est un missionnaire de la Miséricorde. »

Me voilà alors parti pour Rome, lundi 8 février. En arrivant, sous un ciel couvert, je me suis rendu, avec toutes mes interrogations sur la mission qui m’était confiée, à via della Conziliazione pour recevoir mon « kit » de missionnaire contenant l’invitation pour la messe des cendres, une étole violette et un rouleau contenant le mandat du pape...

Arrivé au séminaire français où je logeais et après le repas du soir, j’ouvris le rouleau. J’allais enfin savoir ce qu’était un missionnaire de la Miséricorde...
Et la première chose que je découvre est qu’un missionnaire de la Miséricorde doit connaître le latin... Le mandat est fourni sans traduction. Donc me voilà avec mes souvenirs des cours de latin du séminaire et... Google !
Avant de me coucher, j’ai réussi à déchiffrer :

« Le pape François vous constitue, vous Bertrand Collignon, missionnaire de la Miséricorde afin que, par un don spécial de la Miséricorde du Père, vous remettiez licitement et validement, partout dans le monde, tous les péchés, y compris ceux réservés au siège apostolique, ceci durant tout le temps Extraordinaire de l’Année Sainte.
Pour le salut des âmes du peuple chrétien, vous remplirez convenablement et fidèlement votre fonction, avec simplicité du cœur, bienveillance et bonté d’âme, en gardant toujours devant vos yeux, Dieu le Père des Miséricordes et la bienheureuse Vierge Marie, Mère de la Miséricorde.
Que la Charité, la Paix et la Miséricorde de notre Seigneur Jésus Christ soit toujours avec vous.
 »

Je pouvais donc me coucher en paix, mais avec le sentiment de recevoir une responsabilité dont je ne mesurais pas encore l’importance.

Le lendemain vers 10h, je prenais, sous le soleil romain qui perçait les nuages, la direction de l’église San Salvatore in Lauro pour vivre un temps d’adoration et recevoir le sacrement de réconciliation et de pénitence. En fin de matinée, je retrouvais François-Xavier1, journaliste de KTO, qui désirait me suivre pour un reportage sur les missionnaires de la Miséricorde. Puis, après un vrai repas romain (spaghettis à la carbonara), je retrouvais tous les missionnaires de la Miséricorde au Château Saint-Ange (en face de la basilique Saint-Pierre) pour le pèlerinage vers la Porte Sainte. Derrière des prêtres africains portant une croix du jubilé et chantant des hymnes et des « Je vous salue Marie », nous avancions, heureux d’exprimer notre foi. Enfin arrivés à Saint-Pierre, nous avons passé la Porte Sainte (un peu au pas de charge, hélas !) puis nous sommes passés devant le tombeau de saint Pierre. Toujours avec un rythme soutenu... Cependant, quelque chose se passait en moi : à l’entrée de l’allée centrale se trouve le corps de saint Padre Pio et nous passions donc entre ces deux saints : Pierre et Pio. J’ai alors eu le sentiment de passer une seconde porte de la Miséricorde avec d’un côté, l’Apôtre à qui Jésus a fait magnifiquement Miséricorde en lui demandant par trois fois : « M’aimes-tu ? » et, de l’autre côté, un capucin qui, dans le secret de la confession, ne cessait de dire aux pécheurs la Miséricorde de Dieu, en leur rappelant que Jésus les aimait. Passant cette deuxième porte je commençais à saisir l’enjeu de ma mission. Cela était comme conforté par le pape quelques minutes plus tard lorsque celui-ci nous invitait à recouvrir du manteau de la Miséricorde, le pécheur honteux de ses actes, mais dont le geste (s’approcher d’un prêtre pour se confesser) disait tout son désir de réconciliation.

Après ces quelques mots simples, mais très profonds, de notre Saint-Père, nous nous sommes retrouvés salle Paul VI pour fêter le mardi gras : charcuterie italienne, lasagne, champagne... et, un peu plus tard, « gelatti » chez le meilleur glacier de Rome. C’était la fête… Avant le jeûne du mercredi des cendres !

Je profitais du mercredi matin pour prier et aller faire quelques repérages pour le pèlerinage diocésain à Rome. En début d’après-midi, je retrouvais le journaliste de KTO avant d’entrer à Saint-Pierre pour la messe avec le pape. Une célébration des cendres durant laquelle le pape nous a invités à recevoir l’aumône, la prière et le jeûne comme des dons que Dieu nous faisait pour que nous apprenions à nous convertir. Une célébration des cendres pendant laquelle j'ai ressenti l’urgence d’annoncer au monde la Miséricorde de Dieu.

Le jeudi matin, après avoir célébré la mémoire de Notre-Dame-de-Lourdes, je me rendais, sous un éclatant soleil romain, à Saint-Jean du Latran et, plus particulièrement, dans le baptistère, pour de nouveaux repérages. J’y rencontrais aussi mon journaliste attitré pour continuer l’interview. Ces questions m’ont finalement aidé à mettre des mots sur ce que je vivais et ce que je comprenais de ma nouvelle mission. Le pape nous donnait le pouvoir d’absoudre des péchés qui, certes, lui étaient réservés, mais que je ne rencontrerai sans doute pas (profanation des saintes espèces, violence contre le pape, absolution du complice dans le cadre du 6ème commandement et trahison du secret de confession). Mais, en me confiant ce pouvoir, le pape imitait Dieu qui, dans son infinie Miséricorde, avait confié aux hommes le pouvoir de pardonner les péchés en son Nom. De plus, ces péchés sont le signe d’un certain refus absolu de Dieu, refus de sa présence dans les sacrements, refus de l’Eglise comme sacrement du salut, refus de la Miséricorde de Dieu donnée dans le sacrement du pardon. À travers la possibilité que j’ai aujourd’hui d'absoudre ces péchés, je deviens signe de ce Dieu qui veut tout faire pour que l’homme revienne à Lui ; de ce Dieu pour qui il n’y a pas d’actes que sa Miséricorde ne puisse pardonner, à condition, bien sûr, que l’homme décide de se tourner vers elle.

L’après-midi, après un bon petit repas romain pour fêter la Mère de la Miséricorde, je reprenais l’avion pour rentrer sur le diocèse, le cœur rempli de la joie d’avoir été choisi pour être porteur de la Bonne Nouvelle de la Miséricorde.

Je reprenais alors le cours de ma mission de délégué du Jubilé des 50 ans du diocèse. Je rencontrais 80 jeunes de Bagnolet le samedi matin pour leur parler du jubilé, je célébrais le premier dimanche de carême à Sainte-Marthe de Pantin et je faisais passer la Porte Sainte de notre basilique cathédrale au groupe de Stains-Pierrefitte. En vivant cela, et au contact de toutes ces personnes à qui Dieu m’envoyait, j'ai compris la grandeur de ma mission : j’étais un parmi 1142 missionnaires de la Miséricorde dans le monde ; j’avais reçu un mandat du pape, qui me revêtait d’une grâce, dont j’étais finalement bien indigne, mais dont je devais faire bénéficier ceux que je rencontrais ; j’étais missionnaire de la Miséricorde dans le diocèse de Saint-Denis-en-France !

Alors qu’est-ce qu’un missionnaire de la Miséricorde ? A vous maintenant de me le dire en vivant cette Miséricorde ; moi, je suis à votre service…

Père Bertrand Collignon
Délégué diocésain pour le jubilé des 50 ans du diocèse
Missionnaires de la Miséricorde

1Reportage diffusé jeudi 25 février à 21h35 sur KTO (ci-dessous)

Télécharger le témoignage du père Bertrand Collignon

Télécharger l'homélie de Mgr Pascal Delannoy pour l'ouverture de la Porte Sainte à la basilique cathédrale St-Denis
 

Des missionnaires de la Miséricorde envoyés pour le monde / Reportage sur KTO