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Fête de Saint Denis : « Si eux se taisent, les pierres crieront » (Luc 19, 40)

Nous avons célébré, dimanche 12 octobre, la Fête de Saint Denis notre saint patron, et de ses deux compagnons, dans la joie de l’Évangile, le faste de la musique et des chants au sein d’une cathédrale presque millénaire.

Le parcours terrestre par lequel s’achève la vie des trois martyrs, Denis, Éleuthère et Rustique, peut aussi être l’occasion d’un petit pèlerinage pédestre de Paris à Saint-Denis (7 km). En partant de Paris, et remontant la rue des Martyrs (sus nommés),  puis en poursuivant par la rue Saint Rustique,  et la rue Saint Eleuthère, nous arrivons sur le lieu de leur martyre (le Mont-martre) pour ensuite rejoindre en droite ligne l’emplacement de la future basilique de Saint-Denis, où le saint déposa sa tête.

Petit pèlerinage pendant lequel nous pourrons méditer la légende (il y en a plusieurs) de saint Denis, premier évêque de Paris, décapité mais portant en trophée sa tête jusqu’à Catulliacus (nom du village de saint Denis au 3e  siècle, et dont il reste d’ailleurs une trace encore vivante  dans le nom de la rue de l’ancien évêché : rue Catullienne).

La décapitation fut un mode sinistre pour s’assurer de la victoire sur ses ennemis en terrorisant ceux qui seraient tentés de résister aux nouveaux maîtres.  Il arrive malheureusement que l’histoire barbare bégaye et se répète encore de nos jours !  Déjà, la mythologie grecque nous racontait les malheurs d’un certain Orphée et de sa bienaimée Eurydice mordue par un serpent et jetée en Enfer. Orphée ira chercher Eurydice jusque dans le royaume de la mort et réussira à la délivrer. Mais il commettra une erreur fatale sur le chemin du retour : il sera alors écartelé, décapité et sa tête sera jetée dans le fleuve. Cependant, dit la légende, bien qu’emportée par le courant, sa tête continuera sans cesse de proclamer tout haut l’éternel amour d’Orphée pour Eurydice !

Permettez-moi  de rapprocher un bref instant les deux légendes d’Orphée et de Denis : les deux héros sont porteurs d’un amour indéfectible, et indétournable, enraciné dans leur cœur. Cet amour est leur vie même : pour Orphée c’est la grandeur d’un amour humain qui par sa démesure jusqu’à la mort, confine au divin.

Denis et ses compagnons eux aussi sont habités par un amour sans mesure : celui de l’Évangile de Vie du Seigneur Jésus ; ils partagent la même passion de le faire connaître, de passer le relais, d’annoncer le Christ mort et ressuscité. Transmission d’une Bonne Nouvelle de salut pour tous les hommes, que rien ne saurait arrêter : depuis le départ de Denis de la lointaine Italie, dont il est probablement originaire, en traversant la Gaule jusqu’à Lutèce pendant la sanglante persécution de Dèce (250) jusqu’à donner sa vie en notre actuelle ville de Saint-Denis.

Mais  l’annonce de l’Évangile ne s’arrêtera pas avec la décapitation de Denis et j’aime imaginer : de même que  la tête tranchée d’Orphée continuait à proclamer son amour pour Eurydice, de même la tête de Denis a continué et continue encore  jusqu’à ce jour à annoncer la joie de la foi et de l’Évangile. Et quand bien même  la tête de chacun de nos trois martyrs serait devenue silencieuse, ce sont les pierres de la cathédrale qui auraient pu crier :   « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. » (Luc 19, 40)

Venant de ce passé, toujours actuel et bien vivant, je vois également se dessiner un autre message. Je l’ai vu et  entendu résonner sous les voutes de la cathédrale au cours de la liturgie du dimanche 12 octobre. Comme au temps de saint Denis, on ne peut annoncer seul l’Évangile, c’est l’Église (dans toutes ses composantes) qui annonce.  Et ce soir-là, il y avait comme une proximité, un raccourci temporel entre les lettres de mission confiées par l’Évêque à la communauté chrétienne, et les missions confiées par Denis à ses deux autres compagnons de martyre : le prêtre Rustique et le diacre Éleuthère.

L’Evangile de joie, de justice et de paix est depuis lors bien semé dans la grande diversité de ce qui est devenu notre diocèse.

Il paraît qu’il y a un vieux dicton dionysien qui dit : « À la Saint Denis, bonne sèmerie » et encore « À la Saint Denisramasse les fruits. » 
Que vous semiez ou récoltiez, probablement les deux, que l’Évangile soit votre joie : la joie de la foi !


 

Claude Scheuble,
diacre permanent

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