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Les Fils de la Charité de La Courneuve

L’ouverture de l’Année de la vie consacrée, le 30 novembre dernier, est l’occasion de redécouvrir la diversité des vocations consacrées et des communautés religieuses présentes dans le diocèse, à travers les différents charismes qui les caractérisent. La Courneuve a été entièrement confiée à la communauté des Fils de la Charité depuis 2013, mais leur présence dans la ville remonte aux années 70...

Les Fils de la Charité sont arrivés à La Courneuve en septembre 1972. Il y avait alors un curé diocésain à Saint Lucien et trois autres à Saint Yves.  Ils se sont installés sur la paroisse Saint Lucien ; ils furent quatre dès la seconde année, un prêtre ouvrier, deux prêtres au travail salarié les trois premiers jours de la semaine et le plus jeune à plein temps pour la paroisse, surtout la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) et assez vite pris par l’amicale des locataires des 4000 logements - nous logions dans un des F5 d’une barre de 300 logements. Nous investissions dans le travail paroissial tout le temps possible, avant de prendre en charge la paroisse.

Il y eut bien des changements au cours des quarante années de présence, compte tenu de la sensibilité et de l’histoire des prêtres, du contexte ecclésial et de l’évolution de la population. Avec la destruction de cinq barres, soit 1800 logements, le grand ensemble des 4000 logements appartient au passé. Par ailleurs, cette ville ouvrière (grandes entreprises de métallurgie surtout) s’est muée en ville désindustrialisée, à la population « précaire », marquée par de fortes communautés de migrants en provenance de pays musulmans. Enfin, cette ville figure parmi les quatre principales villes d’Île-de-France où viennent prendre pied les migrants primo-arrivants. Il est bien évident que l’urgence n’est  plus la même : place aujourd’hui au dialogue interreligieux, place à une solidarité délicate avec des Roms installés depuis plus de cinq ans dans un camp solidement organisé. Enfin, il y a urgence à une annonce de l’Evangile renouvelée, à une catéchèse adaptée à une population qui cumule les handicaps sociaux.

Il y a du pain sur la planche concrètement ici, pour les enfants, mais aussi pour les adultes qui se préparent aux sacrements : baptême, confirmation, eucharistie. Dans nos groupes, les catéchumènes sont tous remarquables, ils ne font pas cette démarche sans raison, mais ils ne sont pas nombreux dans les clous : ils sont pour la grande majorité, en situation très précaire (chômage ou précarité, sans papiers parfois et logeant dans des sous-location, avec des horaires de travail impossibles...) Et là, c'est du cousu main, et les exigences "minimales" dont je ne discute pas la fécondité doivent parfois être revues, non pas à la baisse, mais autrement. Y compris dans les outils que nous utilisons. C'est un chantier, plutôt passionnant.

Plusieurs religieuses et membres de la vie consacrée qui sont dans la ville (institut séculier Oblates missionnaires de Marie Immaculée, religieuses de saint Vincent de Paul et Petites sœurs de Jésus) sont présents depuis longtemps. Cette présence montre un engagement long et une grande fidélité tant à l'égard des communautés chrétiennes que de la popuplation. Est-ce le fait de notre engagement religieux ? En tout cas nous travaillons avec elles pour l'interreligieux, les Roms et le catéchuménat. Elles assurent là une présence, un travail de première importance.

Depuis septembre 2013, le diocèse a confié à notre institut religieux l’ensemble de la ville de La Courneuve, ajoutant donc à la paroisse Saint Lucien celle de Saint Yves. La communauté  des quatre Fils de la Charité habite aujourd’hui au presbytère de Saint Yves.

Notre Fondateur, Jean-Emile Anizan (1853-1928) fut le sujet d’une thèse de doctorat d’histoire et d’une bonne dizaine de livres et publications. Frère de Saint Vincent de Paul, attaché au patronage de Charonne, quartier populaire de Paris,  il a montré une énergie et une telle capacité d’initiatives qu’il fut choisi assez vite comme assistant puis supérieur de sa congrégation, avant d’en être remercié par Rome  en 1914, victime parmi d’autres de l’intégrisme et d’autres crises que traversait notre sainte Église au début du vingtième siècle. Aumônier militaire volontaire à Verdun dès août 1914, il dut  quitter le front pour raison de santé en février 1916. Il put alors se consacrer à la naissance d’un nouvel institut religieux… avec l’aide notamment du nouveau pape Benoit XV.  Pour rejoindre les familles ouvrières, il affirmait que la paroisse était incontournable, à condition qu’elle travaille main dans la main avec des « œuvres », nous dirions aujourd’hui un monde associatif le plus varié possible. Il était ouvert à la nouveauté, à l’initiative dès lors qu’il s’agissait de témoigner de la tendresse de Dieu pour les plus humbles et de « redonner au peuple l’intelligence du christianisme ». Il a soutenu les premiers pas de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Il est mort après avoir tout donné de lui-même.

Son amour du peuple délaissé et son goût pour le ministère,  son attachement sans faille à l’Eglise même lorsque celle-ci, par ses responsables, lui retirait sa confiance, sa passion pour Dieu-Charité, voilà ce qu’il a laissé comme patrimoine aux Fils de la Charité qui depuis 1918 essayent de vivre de la même passion.  Ils sont présents dans une douzaine de pays, dont l’Espagne et le Portugal, la Côte d’Ivoire, les Philippines  et le Brésil par exemple. C’est un défi mais aussi une chance que celle de devoir habiter, en petites communautés,  avec des frères qui viennent « d’ailleurs » et qu’habite pourtant la même passion pour Dieu, pour les délaissés et pour l’Eglise.

Il ne vous reste qu’à consulter le site Internet des Fils de la Charité et lire la revue Chantiers que publie l’institut. Le père Pierre Tritz, aujourd’hui supérieur général (il fut curé de Saint Lucien, à La Courneuve jusqu’en 2012) et le secrétariat se trouvent 10 rue Louis Blanc – 75010 Paris.

Fils de la Charité
18 avenue Lénine
93120 La Courneuve
01 48 36 09 03
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Communauté des Fils de la Charité, La Courneuve

De gauche à droite : P. Gérard Marle (curé de Saint-Lucien / Saint-Yves de La Courneuve), P. Robert Jourfier, P. Xavier Séclier, P. Régis Tillet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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