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Vacances ou Temps opportun ?

Les temps dits de vacances ne sont pas des temps de vacance de la pensée, ni de la réflexion ni de la vie spirituelle, mais plutôt un temps de retour sur soi, une prise de hauteur réflexive.

Comme souvent, lorsqu'il s'agit de reprendre souffle, d'y voir plus clair, nous allons à l'abbaye de Sylvanès dans l'Aveyron pour une dizaine de jours. Animée par le père André Gouzes, cette abbaye est un très haut lieu spirituel et artistique, fait de rencontres improbables avec toutes sortes de spiritualités et de cultures parmi les plus diverses du monde.

Rencontres et échanges étonnants avec ceux qui vivent plus ou moins loin de la foi chrétienne. Pourtant, beaucoup de ceux qui viennent ici pressentent qu'il y a quelque chose de spécial, quelque chose d'indéfini à respirer ; une certaine transparence spirituelle dont beaucoup sont encore loin, mais qu'ils aimeraient voir de plus près. Le mot d'ordre de l'abbaye pourrait être « Venez et voyez ». Comment ne pas  déceler en ce lieu des périphéries existentielles dont le pape François parlait dans son homélie de la messe chrismale.

En célébrant l'Assomption avec le père André et environ 700 personnes dans l'assistance - dont au moins un tiers ne connaissait pas le sens de la fête qu'il fallut expliquer à temps et à contretemps -, et en rencontrant tous ces gens, je pensais à la lettre de mission de mon ordination diaconale dont la formulation est toujours d'une actualité évidente : ainsi le père Evêque écrivait « Comme mission reçue, ton témoignage soulignera davantage encore l'amour du Christ, Serviteur de tous, et la proximité de l'Eglise à ce monde ».

Depuis le début de cette mission diaconale - et même avant d'ailleurs -, je me suis fait cette obligation de ne rien dire ou écrire qui ne soit pas audible devant des hommes qui ne croient pas ce que je crois, sans que je ne puisse en rendre compte, y compris dans le mystère de la foi ; c'est exactement ce que j'essaie de vivre auprès des patients que je croise depuis des années, auprès de mes collègues médecins qu'ils soient juifs, athées ou d'une autre croyance, sans compter mes amis très proches. Je ne me sens pas le droit d'écrire une homélie ou de donner une parole que je ne pourrais lire ou dire à ces amis, et ceci dans un discours intelligible qui fasse toucher du doigt que le monde ne se limite pas à ce que l'on en voit. J'entends et partage très profondément la parole de Pierre : « Soyez toujours prêts à rendre raison de l'espérance qui est en vous ». (1 P 3, 15). Le texte original est encore plus fort puisqu'il dit mot à mot « rendre le logos » qui est en vous ; ce logos est une Personne : le Fils du Père : Jésus Sauveur.
Cette proximité, manifestée en Eglise, est la part diaconale de tout ministre ordonné : évêque, prêtre ou diacre permanent. Les charismes sont manifestement divers mais, bien que différemment ciblés par l'Esprit, ils visent toutes les « périphéries existentielles ».

L’art, et l'art musical liturgique en particulier, est certainement le charisme qui a été très profondément donné à Sylvanès : c'est un chant de l'Esprit qui peut être entendu de presque tous. C'est une « parole missionnaire » qui nous envoie et nous invite à prendre chacun notre part de la mission, quelle que  soit celle qui nous a été donnée.

Si nous voulons êtres proches de ceux qui sont loin, ayons à cœur de tenir un discours de vie qu'ils puissent entendre et leur donne des raisons d'aimer de croire et d'espérer (d'après Gaudium et Spes 32).
 


Claude Scheuble,
Diacre permanent

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