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L'église catholique en Seine-Saint-DenisAssociation diocésaine de Saint-Denis-en-France
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Père Georges Arnold, prêtre du Prado

Septembre 1953, j'arrive à la paroisse Saint-Denys de l'Estrée, heureux de constater qu'on a répondu à mon souhait d'être nommé dans une « ville marxiste, terre de mission » (Madeleine Delbrêl). Cependant, ma joie est vite tempérée par la découverte de la réalité...

Je plonge dans un peuple dont la pauvreté me saute à la figure. Un peuple auquel l'Eglise reste cruellement étrangère… Avec, en face de moi, un adversaire de taille : le parti communiste, tout puissant dans la ville. Dans cette « démocratie populaire » qu'est Saint-Denis à l'époque, je ne tarde pas à être à la fois séduit par le communisme et le marxisme, et déstabilisé par l'athéisme et l'anticléricalisme du parti. Avec des chrétiens issus de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) et proches des communistes, puis avec des membres de l'Action catholique ouvrière (ACO) et des prêtres ouvriers, je vis, face aux certitudes du parti communiste, une grave crise intérieure, dont peu soupçonnent la profondeur : crise de l'intelligence et de la foi. Grâce à Dieu, j'en sortirai plus fort, plus lucide, plus croyant. Comment ?

D'abord par la rencontre de nombreuses et riches personnalités. Tant du côté communiste (Auguste Gillot, Jacqueline Gelly, Antoine Casanova, Georges Valbon), que du côté chrétien (Gisèle et Pierre Théret, Bernard Stephan, Albert Rouet).

Ensuite par des événements vécus ensemble : les appels provocants de la « main tendue aux catholiques », les Fêtes de l'Humanité, la rédaction, entre chrétiens et communistes, du livre Gisèle et les autres pour honorer cette militante exemplaire. Ensuite, pour célébrer les 2000 ans du christianisme, le bel ouvrage Pour vous, qui suis-je ?, avec une exposition de peinture sur Jésus, à l'initiative d'amis communistes.

Mais l'essentiel se situe plus profond. C'est un dialogue exigeant, fraternel, ininterrompu depuis 43 ans, entre chrétiens et communistes qui se sont choisis pour confronter leurs convictions et leur action. Presque tous les communistes en dialogue avec nous sont d'anciens chrétiens qui ont gardé le meilleur de leurs convictions chrétiennes. Riche dialogue, oui, mais avec cette question permanente qui travaille nos amis communistes : le communisme a-t-il un avenir ?

Père Georges Arnold

 

A lire
Un témoin. Georges Arnold, prêtre du Prado, Jean-Luc Einaudi, postface Georges Arnold, Edition Desclée de Brouwer, 2007