Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

L'église catholique en Seine-Saint-DenisAssociation diocésaine de Saint-Denis-en-France
S'inscrire à la newsletter
Actions sur le document
  • Imprimer

20 années de diaconat

Bernard, Marc et moi-même sommes parmi les premiers ordonnés du diocèse, d'une première vague comprenant 10 diacres dans la période 1991 et 1994, sans oublier Michel Hamard et Philippe Vinson qui ont rejoint le diocèse de Coutances. Michel Marquis avait quant à lui rejoint le diocèse de Nîmes : il est décédé en 2006.

Si le diaconat est encore à découvrir aujourd'hui, on n'en savait rien ou si peu à ses débuts dans le diocèse : c'est donc un travail de discernement, de recherche de points de repères qui nous animaient, évêque, prêtres délégués diocésains avec les hommes qui s'interrogeaient depuis quelques années ou que l'on avait interpellés pour un cheminement possible. Une synthèse du ressenti de chacun au travers des 20 années de son ministère est un exercice difficile

Qu'est-ce que l'ordination diaconale a changé dans ma relation aux autres ? Y a-t-il eu un « avant » et un « après » ?
On note bien un avant et un après l'ordination par une plus grande attention aux autres, une vision différente du service. On relève aussi que la grâce du diaconat permet de tenir dans les épreuves, de même que les échanges à partir de nos relations dans le quartier, le travail, la famille, nous amènent à nous découvrir davantage : je cite par exemple, pour l'un d'entre nous, ce copain de travail à qui il disait pour faire discret qu'il était allé en session à la Pierre qui Vire et le collègue de répondre : « si je comprends bien, c'était une retraite ! »

Y a-t-il des « écarts » entre ce que je pensais vivre et ce qui m'est donné de vivre ?
Il était difficile d'imaginer au départ ce que serait notre ministère dans la mesure où le diaconat était naissant sur le diocèse mais nous avions conscience qu'il serait difficile de faire admettre le diaconat. A cela s'ajoute le fait que, selon nos lieux d'insertion, on relève incompréhension ou indifférence de certains prêtres.

Ce qui me réjouit, ce qui me fait souffrir ?
20 années de ministère ont été jalonnés de temps forts de richesse vécus mais parfois aussi de questionnements, de moments pesants.
Pour commencer par cela, disons qu'il ressort la difficulté de partager dans l'Eglise ce que l'on vit dans le social en dehors de nos lieux de reprise tels que les groupes de vie, les mouvements : ACI1 , ACO2 pour ce qui nous concerne.
De même, il ne nous est pas demandé de rendre compte à qui que ce soit de nos missions. A noter aussi qu'il faudrait améliorer le lien avec le conseil diocésain de solidarité pour faire remonter des informations.

Enfin, peu de moments pour partager localement entre ministres ordonnés.
Mais disons aussi ce qui nous réjouit :
- une Eglise proche des gens et qui va vers eux,
- la présence et l'accompagnement de l'épouse qui participe à sa manière à la mise en relation dans le quartier et ailleurs,
- la reprise du ministère dans les mouvements (ACI / ACO) et les groupes de vie. Le souci du diaconat a été porté dès le départ par l'ACO 93 Sud même si c'était une nouveauté pour tous,
- nous réjouissent aussi les temps de rencontre, de partage, de célébrations, le temps passé à accueillir, à écouter en ayant ce réflexe de susciter une parole de l'autre et pas seulement la mienne,
- la confiance que nous font les gens et la joie d'être reconnu comme diacre : c'est particulièrement visible sur le lieu de travail,
- la joie d'accompagner des équipes en ACO, en ACI et en JOC3 et le fait d'avoir été interpellé comme diacre pour accompagner une équipe,
- les temps de partage spécifiques réguliers entre diacres en monde ouvrier et milieu populaire sur l'Ile-de-France,
- les temps d'arrêt : dans nos journées bien remplies, la vie de prière nous redonne du souffle pour continuer la route. Les temps de retraite vécus avec nos frères diacres et les épouses, le temps consacré à la préparation d'une homélie.

Le diaconat, une chance pour notre église diocésaine ?
Des paroles entendues de personnes souvent hors de l'Eglise comme cette interpellation adressée au diacre : « Et toi, que dis-tu de tout cela ? » au cours d'un débat sur l'éthique à l'APF4 ou encore après un temps d'échange : « Merci d'avoir pris du temps pour m'écouter... » A différentes reprises, certains disent au diacre : « c'est important que les gens proches de nous soient appelés par l'Eglise ».

Un souhait... à l'occasion des 20 ans du diaconat
Tout d'abord, il serait souhaitable que cet anniversaire ne passe pas inaperçu. Hormis une initiative locale possible (temps de partage et de célébration) pour fêter les 20 ans de ministère, ne pourrait-on pas envisager :
- un temps diocésain sur le diaconat ? expo, témoignages, compte-rendu de nos missions...),
- en partant du fait qu'un certain nombre de villes ou de secteurs du diocèse n'ont pas de diacres, envisager sur place une sensibilisation des communautés paroissiales là où il n'y a pas de diacre, d'une manière qui serait à déterminer avec les acteurs locaux et avec le concours des diacres du diocèse ?
Ces initiatives possibles permettraient d'approfondir les liens : faire en sorte que prêtres, religieux, religieuses et laïcs accueillent les dimensions du ministère diaconal et son originalité. Enfin, faire le point avec le Conseil diocésain du diaconat des missions confiées et mettre à jour les lettres de mission.


Témoignage avec la participation de Bernard Moulin et de Marc Rouzeau, diacres permanents 
 


1. Action catholique des milieux indépendants
2. Action catholique ouvrière
3. Jeunesse ouvrière chrétienne
4. Association des paralysés de France

 

Yves Marcilly, vit à Montfermeil. Ordonné diacre permanent en novembre 1991