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L'église catholique en Seine-Saint-DenisAssociation diocésaine de Saint-Denis-en-France
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C'est tout bonheur la mission du prêtre ouvrier

Né en avril 1933 à Argenteuil (95) de mère française et de père marocain musulman de la région d'Agadir, j'ai été formé par mon père à la religion musulmane.
Je suis l'aîné de quatre garçons, tous Français bien dans nos « baskets ».

Une période difficile qui marque une vie, l'invasion allemande de 1940 : l'exode, les bombes, la faim... et la libération. Après l'école primaire, l'école d'apprentissage puis l'usine... travail à la chaîne, parfois 60 heures par semaine. L'engagement dans le syndicalisme ouvrier : 7 entreprises, 40 ans de travail.

Après un service militaire de deux ans en période de guerre (Indochine et Algérie), reprise du travail après un long temps de recherche spirituelle... découverte de la Bible, choc, illumination, conversion. J'avais trouvé ce que je cherchais. Ce Jésus prophète pour les chrétiens, selon l'Islam, me parlait directement. Ses paroles : Je suis la vie, je suis la vérité, je suis la lumière du monde, je suis la Résurrection... avant qu'Abraham fut je suis, faisaient monter en moi une joie profonde. Il me fallait tout quitter pour devenir prêtre chez les trappistes. Une retraite m'a aidé à voir que Jésus était avec son peuple. Préparation de mon baptême en 1956 à Saint-Martin de Bezons, et en 1957, un « oui » grand comme le ciel. Puis temps d'épreuve... Oui à Dieu en Jésus-Christ, mais quelle Église ? Il me fallut quatre ans pour mûrir et choisir définitivement l'Église catholique.

Arrivé à Saint-Denis en 1958, sacrement de confirmation, Mission ouvrière, discernement de ma vocation avec un prêtre du Prado, Georges Arnold. C'est la période du concile Vatican II. On lance une formation sacerdotale sans quitter le travail, et qui tient compte de la culture ouvrière, puis entrée aux séminaires (Morsang – Prado à Lyon). Ordination sacerdotale en 1972 à Saint-Denis. Avec la mission de prêtre ouvrier en lien avec la mission ouvrière. 20 ans au travail dans les ateliers Chausson comme ouvrier soudeur. Une place en « or » pour l'action syndicale et apostolique. Beaucoup de partage de foi avec mes frères musulmans mais aussi avec d'autres.

Aujourd'hui, 77 ans, prêtre ouvrier retraité... c'est le temps de la méditation, de la prière contemplative. La célébration quotidienne de l'eucharistie, les récollections de prêtres ouvriers, les retraites et réunions de prêtres du Prado ou de prêtres de Saint-Denis, aumônier d'ACO, accompagnement spirituel. Solidarités dans la cité Floréal pour les actions (Sécurité, logement, poste), dialogues avec les gens du quartier, service diocésain pour les relations avec l'Islam, lien avec ma famille au Maroc... C'est tout bonheur la mission du prêtre ouvrier, même si la croix est parfois lourde. Prions le Maître de la moisson...

 

Père Jacques Gueddi