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Tenir la main...

Jeanne-Marie Peignard, déléguée à la culture et aux relations internationales à Villetaneuse, essaie de "remettre debout" des personnes dans des situations difficiles.

Sur Villetaneuse, les Maliens sont organisés en associations pour soutenir leurs villes d'origine. « Pour les accompagner, nous avons privilégié le co–développement, la coopération décentralisée et le partenariat, avec Koniakary, une commune du Mali de 12.000 habitants. » Villetaneuse subventionne cinq pirogues afin de désenclaver la commune. Jeanne-Marie a passé cinq jours dans ce village, admirant le dynamisme et le courage des habitants : « J'ai découvert combien les associations locales sont très bien organisées. Je dois dire qu'on a beaucoup à apprendre d'eux ».

Chrétienne « repérée »
Ici, à Villetaneuse, les contacts sont nombreux : « Les Maliens sont de religion musulmane, et ils ont repéré que je suis chrétienne. Ainsi, le jour de la Toussaint, un Malien m'a demandé : qu'est-ce que vous allez tous faire au cimetière ? » Tout en dialoguant avec lui, elle l'accompagne vers la Sonacotra, où il rejoignait ses frères pour prier. « Il y a une reconnaissance de part et d'autre, un respect mutuel, et cela me fait du bien. Quand on fait quelque chose, il faut y trouver du bonheur. » Dans la ville, elle est « repérée » comme engagée politiquement et comme appartenant à l'Église locale, où elle participe activement aux célébrations. Au coeur de cet engagement elle se dit : « tu es chrétienne, donc tu ne peux pas t'engager n'importe comment ! En m'intéressant à la vie locale, je me suis impliquée aussi dans la vie politique. C'est à travers cet engagement que je suis chrétienne dans la ville. »

Être un maillon actif
Le fait d'appartenir à un mouvement d'action catholique (la JOC, Jeunesse ouvrière chrétienne puis l'ACO (Action catholique ouvrière) n'est pas innocent. L'appartenance à un mouvement où elle peut relire ce qu'elle vit, la fait grandir dans une richesse intérieure. « Je suis comme un maillon qui fait partie d'une grande histoire. J'ai pris conscience, peu à peu, combien le chrétien doit être acteur et ne pas attendre que les choses se passent. Face à un monde de désespérance chacun doit devenir acteur de sa vie et acteur dans la vie, c'est essentiel ! »
Jeanne-Marie souligne l'importance de la prière et de la résurrection du Christ : « Ma prière peut être remplie de joie quand je vois des hommes ou des femmes se tenir debout, ou prière habitée de colère quand les choses n'avancent pas, quand des énergies se perdent. Dans notre monde, il y a beaucoup de souffrances, et quand quelqu'un souffre cela me fait mal. C'est la résurrection du Christ qui donne pleinement sens à ma vie et me donne envie de continuer là où je suis, pour écouter, essayer de comprendre, aider quelqu'un ou une association. Sans cesse, le Christ remet debout et apprend à marcher ! »

Jésus tend la main
Jeanne-Marie aime bien le passage de l'Évangile (Matthieu 14, 25-33), où Jésus relève Pierre qui, après avoir essayé de marcher sur la mer pour le rejoindre, prend peur et s'enfonce devant la violence du vent. Pierre a peur de se noyer, mais il a pris le risque d'avancer ! « Le côté prise de risque, c'est ce que je n'aime pas trop quand j'essaie de répondre à une demande, ou de faire naître quelque chose. Mais il y a cette parole "Confiance, n'ayez pas peur !" Il ne faut pas avoir peur car la tête est encore hors de l'eau. » Jésus nous tire en avant, quand nous nous enfonçons dans nos soucis ou nos problèmes. Jeanne-Marie, qui a été longtemps infirmière, aime bien cette main de Jésus. « Il nous tend la main, sa main est là ! Cela me rappelle quand j'accompagnais de nombreuses personnes dans la souffrance, et particulièrement des personnes en fin de vie. » Elle sait ce que signifie prendre la main, tenir la main, poser la main !
 

P. Vincent Chopart