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Un médecin pour éclairer notre conscience

Edouard Mouyabi-Bambi est médecin à Drancy et vit au Bourget. Il fait partie depuis septembre 2006 de la nouvelle Equipe pastorale du secteur Le Blanc-Mesnil, Saint-Louis de Drancy, Le Bourget. Cette nouvelle mission, acceptée avec un "oui" franc et massif, l'a poussé à proposer des rencontres sur des questions de santé. Portrait.

Au Congo Brazzaville, son pays natal, on l'appelle "Mouyabi", en France, c'est le docteur "Bambi", à la paroisse, c'est "Edouard"... Trois noms pour ce père de famille de trois enfants, arrivé en France pour de longues études de médecine. Il a voulu "rentrer au pays" pour servir ses concitoyens mais les guerres civiles l'en ont empêché. Dès lors, il souhaite éclairer la conscience de ceux qui l'entourent sur les questions souvent difficiles qui touchent à la vie. « On vient fréquemment m'interroger sur des questions médicales. Il est de mon devoir de les interpréter au regard de la conscience et de la position de l'Eglise ». Edouard souligne que la présence multiculturelle dans notre département fait émerger des demandes particulières, souvent de la part des populations africaine et antillaise.

Deux cultures, deux réalités
Les "Eglises nouvelles", à l'affût des fragilités humaines, accueillent à bras ouverts, moyennant une rondelette somme d'argent, ces personnes qui souhaitent entendre les propos qu'elles attendent... Et ces faux pasteurs font recette. « En psychiatrie, nous dit Edouard, cela s'appelle la métamorphose. Une autorité qui est censée représenter Dieu conforte une personne dans son sentiment. A nous d'y répondre autrement, cela passe par une phase préalable de reconnaissance du mal-être. J'ai la chance d'avoir les deux réalités, européenne et africaine, ce qui me permet de comprendre ces univers culturels et religieux complexes et les exposer à la lumière de la foi chrétienne. » Les médias, sur les sujets de la santé, ne donnent souvent qu'une version des faits. En professionnel de santé avisé, Edouard fait réfléchir sur les questions éthiques.

Forger sa propre capacité de jugement
Edouard aurait pu rester dans son cabinet médical. Cela n'a pas suffit. Après une première rencontre en janvier sur le thème des vaccins, la seconde avait comme intitulé : « Questions autour de l'avortement ». Edouard pose les éléments pour que la liberté de pensée reste entière, instruit sur la situation de la France mais aussi sur des contextes particuliers dans le monde. L'on sait qu'en matière d'avortement le sujet est complexe. Avortements après viol, volontaire, sous X, thérapeutique... tout est vu au travers de la psychologie du patient et du soignant, du cadre légal, de la Bible et de la position de l'Eglise. « Certaines personnes ne savent pas comment faire face. On a tous besoin d'arguments afin de pouvoir discerner le bon du mauvais. Chacun est donc confronté à des problèmes dans son service, est chahuté dans sa foi ».

Un discernement au regard de notre foi
« Une chose m'a vraiment étonnée, précise Catherine qui vient de participer pour la première fois à ces rencontres, c'est la réaction des jeunes femmes qui ont été violées... 80 % souhaitent garder l'enfant, c'est incroyable ! Nous voyons d'abord les problèmes de culpabilité que peuvent avoir les victimes, et non pas le travail d'accompagnement du corps médical. Le retournement vis-à-vis de cet enfant à naître devient ainsi un espoir et non plus un anéantissement. » Autre réaction d'Annick, qui travaille dans un hôpital : « On regarde toujours la responsabilité sous le regard de la loi. La difficulté étant de rester en ligne avec la loi mais aussi faire preuve de discernement au regard de notre foi. Après cette soirée, j'ai plein de réflexions... ».
 

Bruno Rastoin