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Vive l'été... autrement ! (N°6 / Août-Sept. 2012)

Pour certains, la source d'énergie de ce temps d'été sera le repli intérieur et la méditation ; pour d'autres, leur ressourcement se fera à la croisée des chemins, en marchant et en rencontrant des pèlerins de toutes sortes... L'essentiel ne se voit pas, il est là au coeur de nos vies, du solstice d'hiver au solstice d'été.

têtière quatre pages 70x70.jpg Lire "Quatre Pages"

L’ASSOCIATION « HUMANIT’AIDE »

L’association « Humanit’aide », créée en 2004 à l’initiative d’un groupe d’enseignants et de lycéens de l’établissement Jean-Baptiste de La Salle / Notre-Dame de La Compassion à Saint-Denis, a pour but de mener des projets humanitaires. Trois projets ont pu être menés à bien depuis 8 ans : deux au Cameroun et un au Sénégal. Durant cet été 2012, 8 jeunes sont au Cameroun pour aider à la construction d’une salle de classe…

8 lycéens au Cameroun
Par Laurence Oudart

« J'enseigne la maintenance industrielle à JBS (Jean-Baptiste de La Salle) à Saint-Denis en lycée professionnel. C'est en 2005 que des collègues m'ont proposé d'accompagner des jeunes pour la concrétisation d'un projet humanitaire au Cameroun. C'était les débuts de l'association humanit-aide1.jpg"Humanit'aide". Ce fut mon premier engagement dans l'association. Des jeunes des lycées (général, technologique et professionnel) qui s'engagent ensemble pour récolter des fonds : en soi, c'est déjà un beau projet. L'argent récolté qui permet de soutenir un chantier répondant à un besoin local car mis en place par les gens du pays : j'adhère sans problème. "Cerise sur le gâteau" : des volontaires partent aider sur place avec beaucoup d'échanges et de découvertes réciproques. Le choc culturel, ce ne sont pas que des mots, c'est une vraie réalité. J'ai continué à militer dans l'association mais j'ai laissé ma place d'encadrant pour que d'autres adultes puissent s'enrichir de cette expérience. Les collègues s'engagent ou non dans l'association mais nombreux sont ceux qui répondent présents pour un soutien ponctuel et fidèle.

Tous les deux ans nous reprenons la démarche avec un nouveau groupe. La destination du voyage ne se décide qu'au cours de la 2e année. J'aime bien l'idée que l'on fasse un projet humanitaire et non pas un voyage. Nous financerions plus de projets si l'argent était envoyé mais l'échange culturel, la découverte des réalités locales font tomber bien des préjugés et expliquent certaines situations que nous côtoyons en France. Le déplacement est important. Je suis très impressionnée par ces jeunes, volontaires, qui donnent du temps dans cette entraide et la prise de conscience que cela fait naitre en eux.

Cette année, j'ai de nouveau la chance de partir au Cameroun avec 8 jeunes pour aider à construire une salle de classe chez les Bakas (une ethnie pygmée). Soutenir l'éducation de ce peuple est nécessaire mais pour moi, cette construction est un prétexte tant je suis convaincue que ce sont les rencontres et le travail ensemble qui sont le plus important. Nous sommes obligés de définir nos valeurs, nos convictions, nos croyances. Ca nous bouscule, ça nous fait grandir, murir, et aussi nous décentrer de nos préoccupations très matérielles. Au retour, nous aurons des images plein la tête mais aussi plein l'appareil photos. Nous partagerons notre expérience, nous présenterons nos difficultés, nos joies, nos découvertes au lycée bien sûr, mais aussi avec tous ceux qui nous le demanderons…

Au lycée, avec les autres membres de l'association nous remettrons un groupe en route pour permettre à d'autres jeunes de vivre celle expérience humaine.
En tant que chrétienne, cet engagement dans l'association "Humanit'aide" est la réponse à un appel. Le Seigneur est là dans chaque rencontre et en particulier, dans chaque jeune. Le royaume se construit chaque jour, j'en suis témoin. »

UN ETE AVEC LES SCOUTS ET GUIDES DE FRANCE

Qui dit scout, dit proche de la nature !… d’où la floraison de camps d’été chaque année proposés par les Scouts et guides de France dès 9 ans. Dans notre diocèse, de la dizaine de groupe constituée, plusieurs initiatives : les 11-14 ans, après un camp dans la Marne, rejoindront le Jamboree avec 18.000 jeunes dans les Yvelines ; Des 14-17 ans partiront en Italie, à la découverte du scoutisme sans frontières ; d’autres jeunes reconstruiront un moulin à eau, ici ou ailleurs. Témoignages…

Un camp scout transforme !
Par Augustin Le Bras

« Un été chez les scouts, c'est déjà l’avoir énormément travaillé, et préparé à l'avance. Les camps d’été sont souvent l'aboutissement d’une année. On y a réfléchi, rêvé… et parfois trimé pour gagner des sous. Pour les chefs, c'est se préparer, avoir les diplômes nécessaires, donc se former. C'est aussi guider les jeunes dans les démarches, dans leur progression dans l'élaboration du projet. C'est également se déplacer pour se rendre compte sur place, prendre des responsabilités, donner beaucoup de son temps pour l'autre... Tout cela avant l'été !

Quand l'été est là, on vit le projet que l'on a monté de toute pièce, c'est le côté génial du scoutisme. Tu rêves un projet, tu y travailles puis tu le réalises. Le plus jeune se laisse porter par l'imaginaire, et plus il grandit, plus il prend en charge une part importante du projet, en progressant seul et en groupe.
Chez les "Pionniers" (15/17 ans), on part souvent à la découverte d'un pays, d'autres façons de vivre, en essayant à chaque fois de venir avec quelque chose qui participe à un projet ou qui aide l'autre. On n'est pas que consommateur, on rencontre, on vit avec, on tisse des liens avec des gens qui nous sont différents.
Pour les ainés, cela se fait en deux temps : une première année de rodage, souvent en France, avec un camp à monter tout seul de A à Z. Puis la seconde année, on essaie de monter un projet un peu plus ambitieux - souvent en Afrique avec les scouts ! - avec un projet de découverte et d'aide humanitaire. Un projet ambitieux qui permet aux jeunes de se dépasser sur l’organisation et l’investissement personnel. Rencontrer des personnes différentes et venir aider l'autre transforment sa vision de l'autre et du monde.

Alors après, dans tout cela, ou est Dieu ? Chez les Scouts et guides de France, il faut toujours faire attention à ce point-là, car Dieu est partout et nulle part… On est certes dans un mouvement chrétien, mais certains chefs ne le sont pas, ou ont beaucoup de mal à parler de leur foi. La force du groupe, c'est de profiter des compétences de chacun pour pallier aux "manques" des autres.
Cet été, Dieu est dans l'entraide des "Compagnons" qui vont aider un moulin à eau à se reconstruire, dans l'entraide des "Pionniers" en Bulgarie qui vont acheter une partie de leur matériel sur place et le laisser à des scouts Bulgares, avec un temps dans un monastère Bulgare. Pour tous, il y aura des temps de prière ou spirituel quotidiens et la messe du dimanche en fonction des possibilités locales.
Et après ? Des rêves pour la vie, rêves d’un été en camp avec les Scouts et guides de France… entre copains. Un camp scout transforme ! »

Le « Baden Powell Park » ou le scoutisme italien
Par Manon Cauchoix

« Avec les "Pionniers" et "Caravelles" (14-17 ans) du groupe Scouts et guides de France du Raincy, nous partons du 30 juillet au 21 août planter nos tentes dans le "BP Park", comprenez "Baden Powell Park", en Italie, au Nord de Rome. C'est un lieu accueillant des scouts, en majorité italiens, mais aussi de tous horizons. Nous partons donc à la découverte du scoutisme italien, mais aussi peut-être belge, allemand ou encore anglais. Nous souhaitons découvrir de nouvelles façons de vivre le scoutisme et faire découvrir la nôtre ; d'où le choix d'un pays étranger comme l'Italie.

Un pays étranger est aussi un défi pour notre groupe, c'est en effet la première fois que nous nous lançons dans un tel projet. L'Italie étant proche, cela peut sembler bien simple mais il n'en est rien. Nous nous sommes rendus compte de l'importance d'un groupe soudé et organisé pour préparer le voyage, les activités sur place mais aussi le financement du projet. Il est vrai que sans l'aide précieuse de nos chefs, le projet n'aurait peut-être pas abouti.

Notre camp sera rythmé par le thème croisé des héros de notre enfance et des dieux grecs, mais aussi par les sources (engagements des nouveaux, itinérance des 2e et 3e années), une randonnée de groupe, un petit séjour à Rome, les temps spirituels et bien d'autres choses encore.

L'itinérance et la rencontre seront donc les points majeurs de notre camp. Nous prendrons ainsi le temps, au calme sur le camp mais aussi lors de nos itinérances, de vivre des temps spirituels et de réflexion. Chacun pourra vivre sa foi, comme il l'entend. Nous installerons pour cela un coin spirituel pour les temps de prière, et une jeune du groupe sera chargée de veiller à cette dimension spirituelle. Cela ne signifie pas qu'elle se chargera seule de l'organisation de ces temps, puisque tout le monde y participera, mais elle sera un appui et un soutien pour chacun d'entre nous. Nous profiterons enfin des deux jours à Rome pour visiter la Cité du Vatican.

Nos sacs et nos têtes seront donc, sans aucun doute, pleins de souvenirs et de rencontres exceptionnelles. Nous avons hâte de vivre cette expérience. »

Un foulard, un sac à dos… et partir à l'aventure !
Par Stephy Sompa

« Cet été, du 15 au 31 juillet, j'emmène des jeunes scouts et guides. Ils sont au total 16 pour Le Raincy et Montreuil-sous-Bois. Nous partons à La Neuville-au-Bois en Champagne Ardenne dans le département de la Marne. Pendant ce camp, les jeunes seront amenés à vivre leurs rêves, en allant à la rencontre de l'autre. Pendant notre camp, nous serons rejoints par un groupe venant de Polynésie. Puis, nous partirons tous ensemble au "Jamboree" où nous serons 18 000. Le Jamboree est le grand rassemblement des Scouts et guides de France de 11-14 ans. Des scouts qui viennent de l'étranger sont également invités : des allemands, des anglais, des polynésiens, etc.).

La place de la vie spirituelle est importante. En tant que mouvement catholique, nous avons chaque jour un temps spirituel ou un temps de prière pour que les jeunes et les chefs puissent faire grandir leur foi. C'est un cheminement individuel avec l'aide des autres. Chaque camp est une expérience unique à vivre, une aventure… »

UN ETE AVEC LE SECOURS CATHOLIQUE

Chaque été, le Secours catholique en Seine-Saint-Denis et ses nombreux bénévoles sont mobilisés pour que des enfants, des familles, des isolés puissent vivre un moment de repos, prendre l’air, partir à la découverte d’un lieu dans la rencontre de l’autre, dans la joie et la solidarité.

7 ans bénévole à la Cité Saint-Pierre
Par Renaud Lespagnol

« Enseignant, dans le privé, célibataire de 45 ans, j'habite à Gagny. Durant les vacances, j'ai pris habitude de passer trois semaines à Lourdes à la Cité Saint-Pierre. Cette année, j'y suis la dernière semaine de juillet et les deux premières semaines d'août. Pour la 7e année ! En fait, un cousin éloigné y travaille. Je suis donc venu deux fois il y a une dizaine d'années, pour deux jours. J'y ai trouvé une bonne ambiance avec des bénévoles venants de partout.

J'ai donc décidé d'y revenir comme bénévole pour trois semaines. Cela permet d'échanger avec des bénévoles venus d'horizons différents, mais aussi de rencontrer des pèlerins accueillis par le Secours catholique. Ce sont souvent des gens simples, en difficulté, mais ayant une foi profonde, non simulée, ou qui viennent pour se poser, changer de cadre, oublier les problèmes.

Depuis quelques années, je suis au magasin. Je prépare les commandes de la cuisine en vue des repas. Je suis donc moins au contact des pèlerins, sauf lors de rencontres. Je tiens aussi des permanences à l'entrée de la Cité. Les rencontres sont brèves avec ceux qui entrent ou qui sortent. J'ai précédemment travaillé dans les pavillons et au self. Pour les pavillons où logent les pèlerins, nous faisons le ménage chaque matin, la permanence et l'accueil des pèlerins du pavillon l'après-midi. Les contacts peuvent être profonds et les discussions longues. On y découvre l'autre… Je me souviens de sœurs, issues d'une famille de gens du voyage, surprises d'avoir une chambre avec un coin toilette, que pour elles ! La plus jeune est venue me voir pour savoir si elles pouvaient utiliser la douche.

A la fin du séjour, j'ai le sentiment d'avoir fait mon devoir d'état, en corrélation avec mon métier : aider les autres, partager, faire progresser sur le chemin, mais aussi d'avoir redécouvert l'Homme. »

Une « Journée à la mer »
Par Jacques

« J'habite à Rosny-sous-Bois. Depuis 4 ans, je participe à la "Journée à la mer" organisée par le Secours catholique. Cette année, pour la première fois, je fais partie du comité d'organisation. J’ai eu le plaisir d'être invité. Connaissant l'activité, je pouvais être utile, d'autant plus que je suis en confiance pour parler, pour m'exprimer et donner mon point de vue. Les animatrices sont respectueuses et créent une ambiance conviviale.

J'aime m'occuper des gens : pouvoir rencontrer différentes personnes, parler avec elles pour mieux les connaître. Par exemple, avec les personnes qui viennent à "Dom'asile" [les demandeurs d’asile], cette journée à la mer permettra de mieux nous connaître. C'est aussi une occasion de prendre l'air, de respirer et d'être avec d'autres. J'adore la mer ! Grâce à cette activité, le Secours catholique permet à beaucoup de personnes de se reposer, d'être tranquille et de briser l'isolement, car parfois on a l'impression d'être tout seul et de tourner en rond…
Durant cette Journée à la mer, je vais aider à encadrer les gens avec une autre bénévole. Pendant le voyage, on va leur rappeler l'importance de laisser le car propre, sur place, nous allons aider au déjeuner pour que tout le monde mange en même temps, etc.

Je pense que le défi des prochaines années serait d'aller chercher ceux qui manquent, ceux qui ne connaissent pas cette "Journée à la mer", afin qu'ils puissent y venir. »

Les personnes accueillies accueillent à leur tour
Par Yacouba

« J'ai 44 ans et j’habite à Saint-Denis. En 2007, j'ai accompagné un ami qui avait un rendez-vous pour une réunion de préparation du voyage fraternel avec le Secours catholique. Du coup, j'ai assisté à cette réunion puis je suis parti avec eux. Aujourd'hui, j'y participe encore !

C’est la 5e fois que je participe à la "Journée à la mer". La 1ère fois, il y avait beaucoup de personnes vivant à la rue. C’était bizarre de se retrouver tous ensemble. L’ambiance était bonne. On en a profité pour visiter et se changer les idées… des vacances, sans rien dans les poches. C'était bien, car personne n'était stressé et chacun regardait l’autre avec un bon regard. Il est resté quelque de ce groupe de personnes à la rue. On a fait connaissance, de l'amitié s'est créée. Aujourd'hui, nous sommes toujours en contact. Les enfants étaient contents, ainsi que les mamans. Les bénévoles s'occupaient bien des enfants, ramassant des coquillages et jouant au frisbee. Ça fait oublier les soucis. Pendant cette journée, les soucis oubliés, il n'y a plus de distinction entre salariés, bénévoles et personnes accueillies. Nous étions heureux tous ensemble. Tout cela nous a donné du courage et de l'espoir en la vie.

Cette année, on m'a proposé d'organiser cette journée, j'ai dit "oui" car à mon tour je veux aider pour que tout se passe bien. Je vais, avec d'autres, proposer des jeux comme la pétanque, du foot, du volley et d'autres animations.

Pour les deux journées à la mer, j'attends qu’elles soient ensoleillées pour m'amuser, prendre du bon temps, et faire de nouvelles connaissances. »

A la rencontre des migrants en Seine-Saint-Denis
Par Marine Plazer

« J'ai trouvé cette opportunité de "Vacances solidaires" du Secours catholique sur le site espace-benevolat.fr. J'ai choisi cet engagement auprès de Roms et de demandeurs d'asile, car habitant en Seine-Saint-Denis, il s'agit de populations que je croise souvent sans jamais les rencontrer. C'était pour moi l’occasion d'aller à leur rencontre, de découvrir un petit bout de leur quotidien et me confronter aux préjugés.

secours catholique 2.jpgCe qui m'a le plus marqué, c'est la dureté de leur vie et l'énorme contraste d'avec la nôtre, alors que nous vivons pourtant dans la même société. Cette semaine m'a fait ouvrir les yeux sur la difficulté pour ces personnes à s'intégrer et à être considérées avec dignité. Par exemple, on entend beaucoup de préjugés sur les Roms qui font beaucoup de mal à cette communauté. Pourtant, en allant à leur rencontre, en discutant avec eux, ce sont des personnes comme les autres que j'ai rencontrées. Des personnes comme les autres, vivant malheureusement dans la précarité.

A "Dom'asile", j'ai vu à quel point la situation des demandeurs d'asile est dure et compliquée. De longues périodes d'attentes de papiers, et l'incertitude d'en avoir, des passés très douloureux et une vie quotidienne bien compliquée. Aujourd'hui, j'ai un nouveau regard sur les personnes en situation de précarité. J'ai compris à quel point la rencontre, l'échange et le fait d'aller vers l'autre est primordial. C'est pour moi le début de nouveaux projets qui murissent où ma priorité sera la solidarité. Les moments dont je me rappellerai encore longtemps sont tout simplement les rires et la joie des enfants lors d'une sortie en bateaux-mouches à Paris. Tout comme les fous rires partagés avec les demandeurs d'asile lorsque l'on jouait avec eux à des jeux de société.

Nous étions hébergés durant ces vacances chez les Petites sœurs de l'Evangile à Pierrefitte. Nous avons partagé avec elles aussi de bons moments, des rires et des discussions très intéressantes. Elles nous ont accueillis avec grande gentillesse et très vite nous nous y sommes sentis comme chez nous. Ces vacances solidaires sont un projet génial et m'ont apporté au niveau personnel des choses très positives. Je les conseille vivement à tous les jeunes désirant faire de belles rencontres et vivre de bons moments, qu'ils soient de Seine-Saint-Denis ou non ! »

UN ETE SOLIDAIRE ET CITOYEN AVEC LA JOC

Pour beaucoup de jeunes, les vacances sont synonymes d’isolement, d’inégalités et d’exploitations. Le dispositif vacances solidaires et citoyennes propose à tous les jeunes de se mettre en mouvement pour sensibiliser, informer, proposer des activités, soutenir et porter la parole des jeunes.

Partir en vacances mais de façon différente
Par Claire Bertrand

« J'ai 20 ans, et je viens d'obtenir mon diplôme d'éducateur spécialisé. Voilà 6 ans que je suis membre de la JOC [Jeunesse ouvrière chrétienne]. Je suis "fédérale" du 93 Sud depuis deux ans.

C'est en entrant à la JOC que j'avais entendu parler des "Vacances solidaires et citoyennes" (VSC). Cela fait trois ans que je participe au camp-chantier de la ferme de Drouilles, près de Limoges. 2e année comme responsable de semaine, pour gérer les différents aspects de la vie quotidienne avec l'aide d'un accompagnateur et du responsable des travaux. Les VSC veulent permettent aux jeunes de partir en vacances mais de façon différente. Nous voulons que les jeunes soient acteurs de leur séjour. Il y a un objectif de rencontre des autres, de partage, et aussi bien sûr de découverte de la JOC. Les VSC regroupent différentes formes de vacances : la "Ferme de Drouilles" qui est plus manuel, les "Perm'saisons" qui sont plus dans l'aller vers et l'explication des droits, et enfin d’autres formes comme l'Université d'été qui est une réflexion sur soi et sur la vie de ses copains. Chacune de ces VSC permettent de faire des activités culturelles ou sportives, chacun y trouvant son compte.

J'ai choisi de retourner à la "Ferme de Drouilles", surtout au plan personnel. Il y a toutes les rencontres que j'ai pu faire avec des jeunes de toute la France. L'esprit camping permet aussi de lâcher prise sur le quotidien de la vie. Cette semaine est vraiment un moment où je souffle et je décompresse. Et puis maintenant j'ai des compétences plus importantes que mon père en travail manuel ! Pour moi, les VSC sont vraiment un bon moyen de découvrir la JOC, notamment les "Perm'saisons" qui permettent de se familiariser avec la notion d'aller vers, très importante pour la JOC.

Je pense qu'il est plus facile de s'engager dans une association quand on la découvre par le biais d'un temps festif ou d'un événement qui "bouge". Un jeune qui revient l'année suivante est déjà un jeune qui s'engage. Certains ont envie de rejoindre la JOC, d'autres veulent juste revivre une bonne semaine. On leur propose l'adhésion qui permet de recevoir le journal de la JOC. Les jeunes qui demandent à rejoindre une équipe, on les met en contact avec le fédéral de leur région. »

Remettre à neuf la ferme des Drouilles
Par Thérèse Billet

« J'ai 20 ans et je suis étudiante en théâtre et musique sur Paris. Je connais la JOC [Jeunesse ouvrière chrétienne] depuis l'année dernière. Trésorière de mon équipe, je vais à la rentrée devenir fédéral du 93 Sud.

J'ai connu les "Vacances solidaires et citoyennes" de Drouilles (VSC) grâce à mon amie Claire que je connais depuis plusieurs années, et qui est très engagée dans la JOC. J'imagine qu’à "Drouilles", on va tous dans la bonne humeur remettre à neuf la ferme, qu'il va y avoir de belles rencontres et de beaux échanges pour apprendre à se connaître. Je ne m'attends pas à quelque chose de particulier mais je pense que cela va me plaire. Je pars avec mon amie Claire qui nous a prévu des sorties… j'ai hâte d’y être !

Au plan personnel, cela m’aidera à mieux connaître la JOC avec de nouvelles rencontres. Au plan professionnel, je vais apprendre des techniques de rénovation pour pouvoir refaire ça chez moi plus tard, c’est toujours utile. »

Camp-chantier… ou avec les saisonniers ?

Un Camp-Chantier ? Oulah, on va encore bosser pendant nos vacances ! Mais non, venir à la ferme de Drouilles, c'est bien plus que ça. Pendant une semaine, on va allier temps de travaux sur la ferme et temps de détente. Les travaux se font dans la bonne ambiance avec tous les "copains" de la semaine. Les temps de détente sont l'occasion de découvrir la région, de se baigner au lac de Saint-Pardoux (près de Limoges), d'explorer le labyrinthe… Une semaine pour rencontrer de nouvelles personnes et pour connaître un peu mieux la JOC [Jeunesse ouvrière chrétienne]. Le plus de la semaine : le mode camping. On dort dans des tentes autour d'un feu de camp.

Des vacances au bord de la mer, avec des jeunes de toute la France et en solidarité avec les jeunes travailleurs du coin… Fidèle à son histoire de mouvement chrétien auprès des jeunes travailleurs, la JOC organise des permanences pour les saisonniers en Bretagne, à la Baule, aux Sables d'Olonne, sur la côte normande ou sur la côte d'Azur… cela s’appelle les "Perm'Saisons". Cette année encore, des jeunes du diocèse de Saint-Denis vont aider les saisonniers, réaliser des enquêtes sur leurs conditions de travail, partager avec des jocistes d'autres régions et revenir motivés (Plus d'infos : www.joc.asso.fr)

DE MARNE-LA-VALLEE A PORT-AU-PRINCE

Les grands événements d’Eglise, comme les Journées mondiales de la jeunesse, tissent parfois des liens entre des jeunes de pays très éloignés.

Pérenniser les liens des JMJ
Par Maïlys , Alex, Pierre-Antoine, Gabrielle, sœur Christiane

« Haïti est un pays en voie de développement, qui fait une expérience de démocratie naissante et qui tente de s'organiser et de se reconstruire après le violent séisme qui a dévasté un tiers de son territoire en janvier 2010. Il y a un an, à l'occasion des Journées mondiales de la jeunesse à Madrid (JMJ), le "Figuier" a accueilli des jeunes de la Pastorale universitaire de Port-au-Prince, capitale d'Haïti. Lors de cette rencontre un réel lien d'amitié, de découverte et d'échange culturel est né entre les haïtiens et nous étudiants de la Cité Descartes de Marne-la-Vallée. A la suite de cette rencontre, nous avons tous voulu pérenniser ce lien en partant cet été à Haïti.

Ce projet commun s'inscrit dans la solidarité estudiantine, le partage, l'entraide et un désir de rencontre humaine. Aidés par le père Frantzy Petit-Homme, responsable de la Pastorale étudiante de Port-au-Prince, ainsi que par les étudiants de Port-au-Prince, nous allons faire de l'animation au sein des hôpitaux où sont soignées des petites filles exploitées, ainsi que des travaux de reconstruction. C'est dans une démarche spirituelle que nous avons fondé notre voyage qui a été préparé avec sœur Christiane Joly, le père Frantzy Petit-Homme et d'autres pères venus nous parler d'Haïti. En outre lors de notre arrivée, nous participerons ensemble à un séminaire avec nos hôtes. Ce projet est financé par des dons de particuliers, par des ventes, par le gain remporté par le concours des projets humanitaires organisé par la DCC (Délégation catholique pour la coopération) ainsi que par le soutien du Secours catholique et la contribution de chacun d'entre nous. »

L’ETE C’EST AUSSI ACCUEILLIR DES ENFANTS HANDICAPES

Les familles qui ont un enfant handicapé ont le droit de souffler… cet enfant a également besoin de reprendre souffle, ailleurs ! Des personnes ou des familles donnent de leur amour et de leur énergie pour cela.

Un camp qui rend adulte et plus autonome
Par Patricia Venzac

« Je suis célibataire cantalienne d'origine exilée à Paris pour mon travail. Je suis inspectrice des finances publiques (ex. inspectrice des impôts). Je suis membre de "Foi et Lumière" depuis octobre 1989. J'en ai entendu parler à l'occasion de la Rencontre européenne des jeunes de Taizé ou j'ai rencontré une maman, sa fille handicapée et une religieuse membre de Foi et Lumière.

J'organise des camps Foi et Lumière depuis 2004 avec une équipe. La première fois, une amie m'a proposé d'organiser un camp, j'ai dit oui, mais à condition que ce soit à Saint-Flour. Les personnes accueillies ont un handicap mental ; trisomie 21 ou autre.
La durée du séjour est d'une semaine. Nous sommes accueillis dans des communautés religieuses ou des maisons diocésaines. Les lieux varient : maison diocésaine de Saint-Flour, Banneux, sœurs bénédictines de Marienthal. Le "choix" des personnes handicapées accueillies se fait soit par connaissance de l'un ou l'autre des membres de l'équipe, soit les personnes s'adressent au secrétariat de Foi et Lumière France. Si on ne connait pas la personne accueillie, je rencontre la famille. Nous ne pouvons pas accueillir de personnes ayant de gros troubles du comportement, car nous ne sommes pas des professionnels et le séjour doit être des vacances pour tous. Les personnes handicapées sont heureuses de quitter leur famille ou leur foyer.

Quelquefois, les personnes handicapées sont surprotégées. Venir au camp leur permet d'être considérées en adultes et d'être plus autonomes. Quand ils viennent au camp, ils viennent comme tout le monde en vacances avec des amis. Ils découvrent qu'on se réjouit parce qu'ils existent. Ils peuvent découvrir leur don. Au camp, chaque personne handicapée est accompagnée d'une personne valide avec qui elle partage sa chambre. Pour montrer la proximité des deux personnes, on utilise le terme de "jumeau". Par exemple, Victoire, très craintive au début, ne répondant pas à nos questions s'est peu à peu laissée apprivoiser et peut raconter beaucoup.

Pour moi, ce camp est un beau temps d'amitié entre personnes d'âges, de milieux sociaux, de capacités différentes. Je suis chaque fois émerveillée par la beauté du cœur de chaque personne unique et irremplaçable. Cette amitié est perçue de l'extérieur. Un jour, nous étions au bord d'un lac. Nous faisions des jeux. Nous sommes allés ensuite nous baigner sauf une personne. Une dame lui a dit : "Vous êtes différents par l'âge, le handicap, mais qu'est-ce que vous vous aimez !" Les personnes handicapées m'apprennent à être moi-même. Elles m'apprennent que je suis aimée comme je suis avec mes qualités, mais aussi mes limites et mes propres handicaps (du cœur). Pour moi, l'amour de mes amis handicapés est l'image de l'amour de Jésus pour moi. D'ailleurs, un jour Nadine m'a dit : "Je t'aime comme Jésus t'aime". Je suis frappée de voir comment la personne handicapée peut ouvrir les cœurs. L'an dernier, nous étions au sanctuaire de Banneux. Nous sommes allés à la messe. Paul qui a un handicap voulait servir la messe. Le prêtre était réticent. Devant l'insistance de Paul qui sert la messe dans sa paroisse le dimanche, le prêtre a accepté. Lors d'une autre messe, il a demandé à Paul d'être servant d'autel et a témoigné devant l'assistance de la joie que lui apportait la présence des personnes de Foi et Lumière lorsqu'il rentrait fatigué au lieu d'hébergement du sanctuaire où nous logions aussi. Je suis frappée aussi par les liens crées avec la communauté des sœurs Visitandines de Saint-Flour ou vit une de mes amies d'enfance. Nous recevons chaque fois que nous allons partager un moment avec elle un accueil extraordinaire.

Chaque sœur est disponible pour parler avec les personnes du groupe. La vie des Visitandines est ponctuée d'offices à heures fixes ; mais lorsque nous y allons, même si les horaires ne sont pas respectés tant pis, c'est la joie de la rencontre qui prime. Je sais qu'elles attendent notre visite avec impatience ! Pour terminer, je dirais que les moments vécus avec les personnes handicapées sont des moments d'éternité. »
 

 

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