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Porteurs de réconciliation et de paix (N°23 / Juin - Juillet 2015)

Messe lors du pèlerinage diocésain à Lourdes 2015

« Un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ (…) : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : (…) au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. » (2 Corinthiens 5, 17-21)

« Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : "paix à cette maison" » (Luc 10, 5)

 

 

S'ouvrir de nouveau à l'amour

Faire la paix

Pas un adieu, mais un au revoir

Oser la rencontre !

Apprendre à vivre l'oecuménisme

Vivre en paix, un chemin...

C'est la miséricorde que Dieu veut !

Apaiser dans la prière

Personne n'est inemployable !

Aimer sans cesse comme Dieu aime

Des lieux de conciliation et de partage

Dans le deuil : accueillir et accompagner

Les fruits du cheminement à la suite du Christ

 

Repères

S'ouvrir de nouveau à l'amour

Père Paul Vanderschueren, vicaire de l'unité paroissiale de Bondy - Les Pavillons-sous-Bois

Se réconcilier avec l'autre, c'est la démarche que je fais vers une personne que j'ai blessé ou qui m'a blessé. Je fais un pas vers elle et je lui permets aussi de faire un pas vers moi. Nous renouons ensemble ce lien d'amour, d'amitié qui redonne à nos cœurs la paix.
Se réconcilier avec Dieu et les autres, c'est la démarche que je fais vers Dieu tout-amour que j'ai blessé par une vie toute centrée sur moi et qui m'a éloigné de lui et des autres. Je souhaite alors le rencontrer pour retrouver la paix intérieure.
Lourdes est pour moi ce lieu de rencontre avec le Christ et Marie qui me permet de rencontrer des hommes et des femmes qui veulent vivre la foi, l'espérance et la charité. C'est aussi là où Dieu de Miséricorde et d'Amour se laisse rencontrer dans le sacrement de la réconciliation et du pardon.
Le sacrement du pardon ne peut être que source de réconciliation et de paix.
J'accompagne, depuis 2 ans, le pèlerinage diocésain à Lourdes et 2 ou 3 fois par an, j'y vais pour y confesser.  
Lorsque j'accueille une personne dans ce sacrement, je lui dis : « Dieu Amour est là. » Moi, prêtre, je ne suis que ses mains, ses yeux, ses oreilles qui accueillent celui ou celle qui veut se réconcilier librement dans un climat de paix.

Dieu Miséricorde est là

Lorsque je l'invite à entrer dans le confessionnal qui, à Lourdes, ressemble à un aquarium, je lui dis : « Es-tu prêt(e) à plonger dans les eaux de l'Amour ? »
Souvent, la personne rentre triste, ne sachant que dire, craignant d'être jugée. Quelle que soit son histoire, je ne juge pas! Nous avons tous et toutes nos fragilités, nos révoltes, nos souffrances. Moi aussi ! Je m'efforce de lui montrer tous les endroits de cette histoire où j'ai reconnu le Seigneur à l'œuvre : la vie, l'amour, la charité. Là où la personne est souvent écrasée par son malheur ou ses erreurs, je l'aide à voir le positif. Les événements ont été vécus : on ne peut rien y changer. Alors, que faire pour que ma vie aille mieux ?
C'est là que le sacrement de la réconciliation et du pardon peut aider. Oui, Dieu de toute Miséricorde est là. C'est à ce moment que je dis à la personne en la regardant et en lui montrant le crucifix : « Dieu t'aime ! » S'en suit alors sourire, larmes, paroles… comme la vie qui reprend.
Quelle joie pour moi, prêtre, de voir, après s'être exprimée, avoir été écoutée et avoir reçu le pardon de Dieu, la personne remplie de joie avec un visage transfiguré où apparait un sourire ou quelques larmes : un vrai bonheur pour elle de se sentir aimée.
Il m'arrive parfois avant de nous quitter de faire le geste du Père dans la parabole du fils prodigue : je prends dans mes bras le fils, la fille perdu(e), qui est revenu(e).
Oui, l'amour et la joie de Dieu sont bien présents. Ma porte, s'était fermée. Elle s'ouvre à nouveau… à l'amour de Dieu. À celui ou celle qui vient de vivre la Réconciliation, je partage souvent 3 mots sur lesquels il peut s'appuyer : patience - confiance - espérance.

L'opportunité de la rencontre

Dans notre monde, pour beaucoup, la vie peut être dure et difficile. Alors, ce temps avec le Seigneur peut être propice pour rencontrer, être écouté et être accompagné dans une démarche de réconciliation. Oui, de plus en plus de gens se sentent seuls, sont isolés et ont besoin de parler, de se dire et de partager. Ce temps est alors un moyen de sortir de cette solitude. Néanmoins, il ne faut pas oublier que c'est une rencontre d'Amour avec Dieu et qu'il est là pour donner son Pardon, lui ce Dieu de Miséricorde.

Lors des confessions, j'y rencontre des personnes qui vivent régulièrement la confession, celles qui l'ont plus vécu depuis des lustres et qui ne savent plus comment faire ou que dire. Il y a aussi des hommes, femmes et jeunes qui ont vécu ou vivent des drames personnels, familiaux ou autres. Je pense à ceux et celles qui vivent la séparation ou le divorce de couples, l'interruption de grossesse ou avortement, les disputes de familles, d'abandon, etc.

Chose première et essentielle, le prêtre n'est pas un juge !!! Il est avant tout un frère en humanité. Il est là parce que le Seigneur lui a donné, par l'ordination sacerdotale, la grâce de célébrer "in persona Christi" (dans la personne du Christ) le sacrement du Pardon. Tout comme le Christ Jésus l'a été et l'a vécu pour nous révéler l'Amour de Dieu, son Père, nous devons être des accueillants, des écoutants et des hommes miséricordieux : Qui es-tu pour juger le prochain ? (Jacques 4, 12)

Le Sanctuaire de Lourdes, ce lieu de grâces

Le sacrement de réconciliation est très peu vécu en paroisse en dehors des temps spécifiques que sont Noël et Pâques, je vais donc à Lourdes pour y confesser. Je suis heureux d'y retrouver le Christ-Jésus, Marie, les confrères prêtres et les pèlerins qui y viennent pour vivre et recevoir ce beau Sacrement de la Réconciliation et du Pardon.

Les personnes qui viennent à la Chapelle des Confessions sont demandeuses de vivre ce sacrement à Lourdes. Que de fois, elles me disent : « Ma dernière confession date de l'an dernier lors du pèlerinage diocésain ici à Lourdes. » Ils ont, en quelque sorte, fidélisé leur démarche. Nombreux sont aussi ceux et celles qui ne peuvent pas ou plus vivre la confession dans leur paroisse : le manque de prêtres, l'éloignement des lieux de célébration, etc.

Lourdes est un lieu qui m'a permis de me faire de nombreux amis venus de toute la France : Lourdes, Toulouse, Paris, Nantes, la Normandie, la Bretagne, etc. Après avoir vécu le sacrement, il nous arrive souvent de nous retrouver dans les Sanctuaires ou ailleurs. La rencontre se passe différemment et nous nous retrouvons alors devant un bon café ou un repas. C'est à cette occasion que je donne mon numéro de téléphone et mon adresse courriel. Quelques temps après, il ou elle m'appelle. Quelle joie ! Ces retrouvailles peuvent déboucher sur un accompagnement spirituel.

En paix avec soi-même et avec l'autre

Dans notre monde dur et difficile d'aujourd'hui, il me semble que les hommes et les femmes ont besoin de lieux où ils rencontrent Dieu de Miséricorde, où ils sont accueillis par quelqu'un qui leur permet de s'exprimer, d'être écoutés, compris, consolés, accompagnés... des lieux où ils trouvent la paix intérieure.

La paix ne peut se vivre seul, elle ne se vit que lorsque je suis d'abord en paix  avec moi-même, et, ensuite dans la relation avec l'Autre qui est Dieu Père, Fils, Esprit, et enfin avec les autres.

Dieu est la source même de la réconciliation, qui me permet d'aller vers Dieu et le prochain. Moi qui vis avec mes merveilles et mes fragilités, suis-je réconcilié avec moi-même ?

 

Faire la paix

Dominique Devernay, aumônier de la Maison d’arrêt de Villepinte

L'aumônerie catholique existe au sein d'une maison d'arrêt suite aux articles du code de procédure pénale : « chaque personne détenue doit pouvoir satisfaire aux exigences de sa vie religieuse, morale ou spirituelle ». Le détenu peut donc recevoir la visite d'un ministre du culte, assister aux offices religieux, aux réunions cultuelles. Ce travail est assuré par des aumôniers agréés. L'agrément est délivré par le directeur interrégional des services pénitentiaires après avis du préfet. Plusieurs articles du code de procédure pénale encadrent très précisément la vie de l'aumônerie.Tout prosélytisme est interdit.

Les visites faites par l'aumônier au sein de la maison d’arrêt permettent d'abord une rencontre d'homme à homme. Il faut se connaître, s'apprivoiser. Rapidement, un dialogue de confiance s'établit, facilité par l'anonymat (l'aumônier ne reverra plus le détenu après son incarcération), par l'intimité d'une cellule qui est très petite. L'aumônier ne juge pas, ne prend pas partie, n'apporte pas "la bonne morale". Il écoute, essaie de comprendre les situations, questionne habilement pour approfondir la réflexion. Il n'est pas "pour le détenu" mais "à ses côtés". Ensemble, nous faisons un bout de route.
Peu à peu, la réflexion se fait plus intense. Il faut prendre conscience de l'acte commis, du mal fait à la victime, chercher à réparer si c’est possible les conséquences de l'acte, pardonner et se faire pardonner, se rendre compte de la vie de la conjointe du détenu incarcéré, des enfants, parents et amis.

Une démarche de reconstruction

Ensuite, réfléchir à la reconstruction. Comment ma vie va se poursuivre? Suivant le temps d'incarcération (quelques mois à de longues années), il va falloir se réinsérer dans la vie, avoir des objectifs, vivre avec les vrais valeurs de la vie, vivre pour les autres, nourrir cette foi que l'on a vécue en aumônerie.
On se réconcilie donc avec soi-même, mais aussi avec sa famille, les amis, si c’est possible, et avec la société toute entière.
On fait la paix intérieurement et on décide de participer à la construction du monde. Dans la cellule, on a du temps, pour se révolter et crier sa souffrance mais aussi pour réfléchir, discuter avec l'aumônier, s'apaiser, prier.

Un esprit de solidarité

Bien sûr, la participation aux activités de l'aumônerie permettent d'abord une bouffée d'oxygène, une sortie de la cellule, des rencontres avec les copains détenus. Cet aspect est nécéssaire à l'équilibre. Bien vite, ce stade est dépassé et l'aumônerie joue alors pleinement son rôle. Une communauté est créée dans laquelle un esprit de solidarité matérielle et spirituelle s'instaure. Peu à peu, ils deviennent attentifs aux autres.

Ce qui ressort le plus de ces entretiens est que finalement le bonheur découvert tient à des choses simples. On ne s'encombre plus du superficiel : j'apprécie par exemple, la pluie qui tombe sur mon visage au cours de la promenade. Et puis, le besoin de partager ce bonheur, et pour que la joie soit totale, il faut que je la partage. Faire passer l'autre d'abord est une découverte importante. On ne peut pas vivre vraiment sa foi de chrétien sans cette priorité.

Il y a un envoi en mission avec l'aumônerie. Cette mission s'accomplit après la libération mais elle s'effectue déjà dans la période de détention auprès des autres détenus. Cet apaisement, cette réconciliation, cette mission nous les célébrons ensemble chaque dimanche.

 

Pas un adieu, mais un au revoir

Lettre de Rafael Luis, ancien détenu et fidèle de l'aumônerie de la maison d'arrêt de Villepinte

Sans date pour rester dans le temps, sans heure pour être éternel.

En premier lieu, je voudrais tous vous remercier pour ces dix mois; vous avez pratiquement été et continuez à être ma famille.
Quand je suis arrivé ici, les choses que je ressentais, étaient de la colère, de la haine, de la solitude et de la tristesse. Peu à peu, j’ai découvert que je n’étais pas seul; Dieu est tout le temps avec moi.

Avec l’aide des personnes de l’Eglise et de vous, j’ai découvert le vrai sens de la vie, qui est d’aimer, pardonner, partager et avoir la foi. Pendant mes moments de fragilité, si je mets un sourire sur mon visage, si je chantonne un refrain sans me préoccuper que l’on me traite de fou, distribuant des bonjours et des bonnes nuits, je sais que ma journée et celle de mon prochain aura changé.

Je sais que je ne suis pas un saint et vous pouvez être sûr que je suis loin de l’être, je sais faire la différence et c’est ce que je vais faire. Je pense aux bonnes choses que je vais faire, apprendre de mes erreurs. Peut-être que ma vie à l’extérieur n’était pas l’une des plus faciles, mais en comparaison du lieu où je suis, elle était très bien. Je ressens le manque de choses simples de la vie comme ma famille, faire du vélo, prendre sa douche sous la pluie, jouer avec mes nièces et sentir l’odeur de ma mère…

Je ne veux pas être hypocrite mais je veux remercier Dieu pour être venu ici. C’est une bonne expérience pour moi, j’étais très perdu dans ma vie. Depuis lors, je sais ce que je veux, me donner aux autres, faire le bien, aider le prochain, aller de l’avant sur ce que j’ai appris ici.

Si je rencontre des difficultés à ma sortie, ce qui est normal vu le temps que j’ai passé loin de chez moi, j’ai sûrement des solutions pour résoudre ces difficultés.
Peur, je n’en ai pas, mais un peu de crainte de l’inconnu; je n’ai pas peur de lui faire face car je sais que Dieu est avec moi. Je veux prendre les enseignements du Christ et les mettre en pratique dont deux commandements que je trouve importants :

  • 1er : Tu aimeras Dieu plus que tout
  • 2e : Aime ton prochain comme toi-même

Comme je l’ai dit avant, avec l’aide des personnes de l’Eglise et de vous tous, je peux dire maintenant que je viens de renaître et que je recommence à vivre grâce à vous.
Me résumant…
Aujourd’hui, je suis suffisamment fort pour avancer dans l’enfer de la vie la tête haute, avec un sourire et Dieu dans mon cœur.

Un grand merci à tous, spécialement à Marie Jo, au père Marcio et à Manuel (ndlr: équipe de l'aumônerie).
J’espère vous rencontrer à nouveau mais d’une autre manière, différente et meilleure.
Ceci n’est pas un adieu mais un au revoir…

Je vous embrasse

Rafael

 

Oser la rencontre !

Christine Fisset, responsable des relations institutionnelles du Rocher, Bondy

L'association "Le Rocher Oasis des Cités" a été fondée en 2001 à Bondy dans la cité de la Noue-Caillet, à l'appel du diocèse de Seine-saint-Denis et en raison de la proximité de Paris. Elle est aujourd'hui implantée dans 7 autres quartiers urbains en difficulté (Paris 10e, Les Mureaux Vigne blanche-Les Musiciens, Lyon Grand trou, Marseille Campagne-Lévêque, Toulon La Baucaire, Toulon Ste Musse). Le Rocher mène des activités à caractère éducatif, social et culturel au bénéfice des enfants, des jeunes et des familles résidant dans ces quartiers.

Son premier principe repose sur le "vivre avec" puisque ses équipes font le choix d'habiter dans les cités où Le Rocher est implanté. Le deuxième est l'"aller vers" avec des animations de rue, cafés de rue, tournées de rue en soirée et visites à domicile. C'est à partir de là que des liens se tissent et que sont proposées aux habitants des activités socio éducatives et culturelles dans les locaux du Rocher (accompagnement à la scolarité, ateliers artistiques, ateliers des femmes, ateliers socio-linguistiques, projet "aventuriers", repas de quartiers "Saveurs du monde", ainsi que des sorties et des séjours pour découvrir d'autres régions de France.

Vivre ensemble

Le projet associatif du Rocher s'articule autour de la devise : « Oser la rencontre, choisir l'espérance » et 3 objectifs concrets : « Vivre, grandir, bâtir ensemble ! »

  • Vivre au cœur des quartiers populaires, aller à la rencontre de leurs habitants ;
  • Grandir avec les enfants et les jeunes en partenariat avec les parents et les écoles ;
  • Bâtir une société fondée sur des femmes et des hommes debout, grâce à un projet éducatif de qualité ;
  • Ensemble, avec les institutions publiques, les donateurs, les autres associations et le secteur privé.

Que ce soit dans la rue, dans les locaux du Rocher ou à l'extérieur de la cité, l'objectif du Rocher est de susciter des rencontres, une reconnaissance mutuelle des talents de chacun, en considérant les différences comme une richesse et avec un sens de l'accueil inconditionnel.

C'est en cela, que les actions du Rocher visent à être facteur de paix et d'unité. Il est arrivé souvent d'avoir des témoignages de personnes venues participer aux activités du Rocher tels que : « Le Rocher ça fait se connaître et se rapprocher des gens qui ne se parlaient pas, alors qu'ils habitent le même immeuble ! »

Beaucoup de personnes qui nous soutiennent, comme les bénévoles, les donateurs ou ceux qui prient pour nous, croient dans la valeur ajoutée du projet associatif du Rocher, justement apportée par le "vivre avec", le fait que les équipes du Rocher ont fait le choix de vivre en cité. Cela crée une proximité naturelle avec les habitants, du fait d'un quotidien partagé, et favorise naturellement le lien, l'amitié, les échanges, les discussions. Tout ce qui permet ensuite un accompagnement des personnes dans la durée et la confiance. Le tout avec humilité bien sûr, car on se situe d'égal à égal avec les gens qui nous accueillent dans leur quartier et desquels nous avons beaucoup à apprendre. C'est cette relation horizontale qui est source de paix.

Des passerelles entre les personnes

Nous ne sommes pas des travailleurs sociaux. Nous n'avons aucunement vocation à nous substituer à toutes les structures institutionnelles, d'aide sociale, la Mission locale et Pôle emploi sur les territoires où nous sommes. Nous nous voyons plutôt comme des relais, des passerelles, entre les personnes qui se sentent en exclusion et la société environnante, dont justement l'ensemble de ces structures qui sont pour nous des partenaires de travail incontournables.

Nous faisons donc souvent un premier accueil, du fait que nous avons rencontré telle ou telle personne fortuitement dans la rue, ou au domicile d'une autre personne que nous sommes venus visiter, ou encore parce que cette personne a sonné à la porte spontanément. Nous la recevons donc, déjà pour faire tout simplement connaissance.

Ce premier contact peut  donner lieu à un accompagnement plus long dans le temps, une réorientation vers nos partenaires, une entrée dans les activités du Rocher etc. Les personnes peuvent aussi repasser juste pour bavarder, se poser, prendre un café, garder le lien. Dans tous les cas, cette relation instaurée entre Le Rocher et cette personne peut donner lieu à des confidences, des échanges personnels sur des souffrances ou des difficultés. Nous sommes formés à l'écoute et tâchons donc d'écouter au mieux sans jugements ni conseils hâtifs. Dès que la situation nous dépasse objectivement, nous en parlons en équipe et passons au mieux le relais à nos partenaires.

Il nous semble que ce qui est facteur de paix pour soi et avec les autres, est une situation matérielle stabilisée en termes d'emploi, de logement, de revenus pour faire vivre la famille. Ensuite, si l'unité de la famille est là, même si le niveau de vie n'est pas très élevé, cela représente un atout pour la bonne évolution de l'enfant. Le Rocher se présente toujours comme une aide, un accompagnateur des familles, mais ne prétend jamais se substituer aux parents, qui sont considérés comme les premiers éducateurs, à valoriser, à conforter, et non pas à culpabiliser. Nous sommes là pour donner ou redonner confiance et apporter notre amitié, nos encouragements. Nous espérons ainsi être des facteurs de paix.

 

Apprendre à vivre l'oecuménisme

 

Père Jacques Meunier, curé des paroisses du Haut Montreuil

Le père Olivier de Berranger (ndlr : évêque du diocèse de Saint-Denis de 1996 à 2009) cherchait un lieu d'accueil pour une communauté orthodoxe qui demandait l'hospitalité d'une église qu'elle pourrait occuper le dimanche matin. L'église Saint-Charles des Ruffins à Montreuil était libre le dimanche (la messe dominicale y étant célébrée le samedi soir). L'équipe d'animation paroissiale (EAP) de Saint-Charles (avec quelques hésitations pour plusieurs membres) et l'équipe pastorale ont accepté d'accueillir cette communauté. Le contact s'est établi avec le père Valériu : d'emblée, une bonne dose d'empathie réciproque. Un contrat de mise à disposition de l'église Saint-Charles a été signé avec la présence de l'économe diocésain (11 octobre 2007). Il y a sept années de cela. Depuis, la communauté orthodoxe a grandi, et elle continue à se développer avec un nombre croissant, notamment de jeunes couples. Les horaires de présence se sont élargis.

Une église partagée

Initialement, l'église était mise à disposition le dimanche de 9 h à 15 h, et le samedi matin ou début d'après-midi en fonction de la disponibilité, la paroisse étant prioritaire, et quelques soirs par semaine, toujours selon la disponibilité en accord avec le prêtre responsable. Actuellement, selon les temps liturgiques, ou les demandes de baptêmes et de mariages, l'église ou les salles attenantes peuvent être utilisées davantage (la pratique du sacrement de pénitence à l'approche des grandes fêtes, rassemble bon nombre de fidèles orthodoxes). Le samedi soir après la messe catholique, plusieurs Moldaves s'occupent à disposer tapis, icônes et autres objets liturgiques en vue de la messe du lendemain.

Le “partage” de l'église n'a pas été toujours évident. Il y a eu (il peut y avoir encore quelquefois) des petites frictions. Objectivement, des motifs ont existé, et existeront sans doute encore, pour susciter des critiques : par exemple l'espace occupé par le matériel liturgique qui devient de plus en plus envahissant, ou bien certains chevauchements d'horaires entre célébrations catholiques et orthodoxes, une question de salle occupée sur laquelle un groupe de caté comptait, un panneau du caté décroché, une tache de cire jaune sur une nappe d'autel, des taches de cire sur le sol, ou des questions de bruit durant la célébration catholique, ou la facture d'eau plus importante, etc. Bref, à chaque fois, des petites choses en soi, mais susceptibles de prendre de l'ampleur. En ce sens, le partage de l'église n'est pas toujours facteur de paix…

 Mais je trouve qu'à la longue, les appréhensions, les craintes, les critiques a priori s'estompent. L'Esprit travaille les coeurs !

Des occasions de partage

La personnalité du père Valériu, profondément fraternelle et “unitaire”, a beaucoup favorisé les choses. Il cherche toujours à arranger les choses, à dédramatiser les situations... En s'expliquant sur les points faisant problèmes (soit entre le père Valériu et moi-même, soit une fois ou l'autre en provoquant une rencontre entre quelques représentants des deux communautés), on cherche des solutions. Souvent toutes simples : par exemple un agenda sur lequel noter à l'avance les célébrations ou les réunions prévues en plus de ce qui est habituel. Actuellement, constatant que les orthodoxes font plusieurs fois dans l'année un grand nettoyage, l'équipe (catholique) de nettoyage doit s'entendre à l'avance sur un rythme de nettoyage de l'église.

Le père Valériu sait profiter des occasions telles que les fêtes liturgiques de sa communauté pour inviter les catholiques à venir. Ce n'est jamais le grand nombre qui répond, mais le geste est posé, et des liens se tissent – même si la langue reste un obstacle pour parler avec la majorité des membres de la communauté orthodoxe (certains des adultes hommes ne restent pas forcément longtemps en France, ils vont et ils viennent – et n'ont pas forcémnt le temps d'apprendre à s'exprimer en français). Réciproquement, quand les catholiques prennent le verre de l'amitié (après la messe du samedi soir, peut-être 2 fois par trimestre), et que le père Valériu est dans les parages, nous aimons l'inviter (mais il jeûne plus souvent que nous, et surtout plus sérieusement…).

Par ailleurs, la communauté orthodoxe est composée de beaucoup d'hommes qui travaillent dans le bâtiment et un certain nombre d'améliorations matérielles ont pu se réaliser dans l'église grâce à eux : peinture des murs intérieurs de l'église, taille de la haie donnant sur la rue, nettoyage du jardin devant l'église, installation d'une kitchenette avec eau chaude, remplacement d'un W.C, peinture de la grille d'entrée, réparation du panneau extérieur d'affichage, etc. Spontanément, le père Valériu propose que des membres de sa communauté fassent le travail bénévolement.

Autre signe posé : lors de célébrations importantes (messe de la nuit de Noël, veillée pascale), le père Valériu est souvent présent, avec discrétion.

Depuis plusieurs années, une des paroissiennes catholiques, enseignante en retraite, s'est mise à la disposition des adultes orthodoxes désireux de cours de français le dimanche après-midi. Un service discret mais utile et bien apprécié. Et cette paroissienne, Nicole, est un excellent “pont” entre les deux communautés, particulièrement pour témoigner auprès des membres catholiques spontanément (ou viscéralement…) plus réfractaires (encore une fois, c'est une petite minorité qui à la longue s'accomode de la situation).

Une année où le Vendredi Saint était à la même date, la proposition a été faite aux catholiques des trois paroisses du haut Montreuil de participer à la célébration orthodoxe. Un petit nombre est venu, mais cela a été une belle expérience de prière dans un contexte bien différent de nos célébrations plutôt statiques… (mais je n'ai pas renouvelé l'expérience qui amenait à supprimer la célébration de la Croix pour les catholiques – afin de ne pas donner prise aux critiques (que je comprends) de ceux qui n'avaient pas apprécié qu'on aie effacé la pratique catholique au profit des orthodoxes).

Mes relations avec le père Valériu

Ce qui précède laisse entendre que nos relations sont bonnes, très bonnes, même (à mes yeux). C'est un homme de Dieu, un pasteur pour son peuple, et un frère. Son intelligence et son flair psychologique font qu'il repère assez vite les catholiques qui peuvent être sur leur garde, et il les aborde avec délicatesse… A deux reprises, avec soeur Anne-Marie Petitjean, nous avons été invités dans sa famille à partager un repas du soir.

A plusieurs reprises, Mgr Joseph est venu à Saint-Charles pour présider une fête ou pour rencontrer la communauté orthodoxe, et le père Valériu m'invite quand je peux venir, et j'apprécie aussi la grande simplicité de cet évêque très proche de ses frères de la communauté.

Un lundi de Pâques, le père Valériu a invité les catholiques qui le pouvaient à venir à une fête à l'évéché (à Limours, dans l'Essonne) et rencontrer Mgr Joseph, avec un accueil très chaleureux. On était encore le petit nombre, mais c'est déjà cela !

Quels apports pour les deux communautés ?

Je pense que l'apport est plus diffus que précis. Il y a certainement pour les catholiques la perception d'une autre façon de prier, de célébrer. Quand des enfants du caté, des jeunes ou des adultes catholiques en réunion à St-Charles le samedi après-midi aperçoivent une célébration de mariage ou un baptême par immersion, cela les intéresse. Ils voient quelque chose de beau.

A l'occasion de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, il y a eu, depuis sept ans, chaque année je crois, une soirée, ou un moment de soirée où on s'est donné un (petit) peu de temps pour se découvrir et prier ensemble. Une année, le père Valériu a expliqué le sens des icônes; une autre année, il a donné la parole à un moldave sur la culture (artistique, littéraire, musicale) de son pays.

Pour ma part, j'essaye assez souvent de souligner auprès des catholiques pratiquants la chance que nous avons d'accueillir cette communauté, dans la mesure où elle nous permet d'élargir notre conscience au-delà de nos pratiques habituelles, d'élargir notre sens de l'Eglise… Mais il reste que je pense ne pas bien savoir comment faire valoir, et développer, au sein des pratiquants catholiques, cette chance qui nous est donnée.

Je crois que le dialogue, la rencontre, le fait de se parler, de pouvoir se dire les petites choses qui grincent, sans attendre, avant qu'elles ne prennent de l'importance et dégénèrent en critique a priori – cela me semble important pour garder le climat sain.

J'ajoute que le fait de “sentir” une communauté dynamique, priante, heureuse de se retrouver, pourrait (ou devrait) être motrice pour notre communauté catholique. Porter ensemble le même souci de nourrir notre foi et d'en vivre (déjà entre nous) est un bon chemin pour apprendre à vivre l'oecuménisme, pour apprendre à s'y convertir...

 

Vivre en paix, un chemin...

 

Anne Bordage, déléguée territoriale adjointe Scouts et Guides de France 93, Le Bourget

Le groupe Divorcés et en Eglise 93, est vraiment source de réconciliation, de paix intérieure. Je suis arrivée très en souffrance et au fur et à mesure des réunions, je me suis apaisée. J’allais voir une psychothérapeute, mais dans ce groupe, c’est toute ma personnalité profonde, avec ma foi qui a pu se reconstruire.

Je pense que ce groupe a pour objectif de relire notre vie dévastée par la séparation et/ou le divorce, sous le regard du Christ, en lien avec l’Eglise, avec d’autres chrétiens. Grâce à la lecture de textes d’Evangile et à quelques questions bien choisies par le groupe des responsables, la parole de Dieu se révèle bien autrement, elle se réactualise, nous questionne, nous relève. Le partage de nos vies nous permet aussi de parler, d’évacuer le trop plein, de relativiser, de retrouver un certain espoir de vie…

 Je suis allée vers ce groupe quelques mois après le départ de mon époux. Je voulais essayer de comprendre la doctrine de l’Eglise face à ma situation, je pensais y avoir de grands débats. En fait, je n’y ai pas trouvé ce que je cherchais au départ, j’y ai trouvé beaucoup plus, une lumière dans ma nuit, un appui afin de ne pas perdre ma foi, des amis, une vie intérieure renouvelée...

Le groupe m’a permis de rencontrer des amis, me permets d’avoir des rencontres régulières, de continuer de grandir dans ma foi et d’avancer dans ma vie. Pour certains d’entre nous c’est aussi un moyen de rompre leur solitude.

Se laisser accompagner par le Christ

En nous décentrant de nos soucis, en partageant ceux des autres, en nous laissant accompagner par le Christ, nous vivons un moment de fraternité qui, petit à petit, nous permet de ne pas nous laisser envahir par nos pensées négatives.

C’est en les confiant au Christ, en les partageant avec les autres, en trouvant en nous les mots pour les exprimer, mais aussi pour aider les autres membres du groupe que nous réussissons doucement à faire face à nos fragilités, nos révoltes. Les différentes formes de rencontre, les réunions le soir, les journées d’amitié, les temps avec des intervenants, tout un panel de proposition nous permettent de varier les temps et les partages avec les autres membres du groupe. Les propositions du pape, les questions qu’il a soulevées, les thématiques qui ont été abordées, nous ont aussi permis d’aller plus loin encore.

Essentiel pour vivre en paix…Ne pas oublier que le Christ nous aime et que nous avons besoin de nos frères. Les difficultés que nous avons vécues, nous ont blessées, mais elles nous ont permis aussi un chemin de foi et d’humanité. Vivre en paix est un chemin qui n’est pas forcément calme, ni tracé d’avance, et que c’est chaque jour, que nous avons un petit pas à faire. Ce n’est pas gagné pour toujours, et il ne faut pas oublier que même si certaines blessures sont en partie cicatrisées, les blessures sont profondes et qu’il faut que nous aimions, au moins un petit peu…avec l’aide de Dieu…

 

C'est la miséricorde que Dieu veut !

 

Père Gérard Brisseau, accompagnant des Divorcés et en Eglise 93, Aulnay-sous-Bois

D'abord être accueilli, en chrétien et enfant de Dieu. Ne plus entendre : tu es divorcé, tu ne peux pas... donner la communion, faire du caté... Mais : faire partie d'une communauté, d'une famille, d'une Eglise qui nous nourrit.
Réaffirmer pour tous, et pour soi-même, sa dignité de baptisé et d'enfant de Dieu... Tu es aimé(e) de Dieu comme tu es, avec ce que tu es...
Et surtout : construire et reconstruire ce qu'on peut : de la vie, d'une famille, d'une confiance en soi, d'une paix avec ses enfants, et avec son histoire et son passé...

Prêtre, je comprends qu'il ne faut pas buter continuellement sur des obstacles qui paralysent : quand l'Eglise va-t-elle changer sa loi ? Quand les divorcés pourront-ils communier, se confesser (même s'il est vrai que ce sont des points difficiles à vivre) ? Car je suis témoin que des femmes et des hommes cherchent à comprendre ce qui leur arrive, comment Dieu parle à travers leur situation, et comment leur foi évolue, se purifie, se renforce, sur d'autres routes que celles qu'ils avaient imaginées :

  •    « Dans cette épreuve que je n'ai pas cherchée, je retrouve le chemin de la foi ! »
  •    « Venir au groupe, où on est accueilli, où on peut parler, c'est un grand réconfort d'Eglise »
  •    « Les recherches sur l'Evangile et les textes, que je ne faisais pas, me bouleversent et m'éclairent ! »

Dans le souci de l'Eglise de conduire à Dieu, n'étions-nous pas un peu fermé à la réalité de la vie ? Jeune prêtre, je répondais aux divorcés : « Je ne peux rien pour vous...» Ceux-ci m'ont fait faire toute une avancée en Eglise, pour dire maintenant : Viens ! C'est la miséricorde que Dieu veut ! Cherchons le visage, la présence, le souffle créateur de Celui qui se compromet pour nous, pour toi. Dis-moi, dis-nous, comment Il te parle, comment Il éclaire ton épreuve, tes souffrances, ton chemin de croix. Ne manques pas de dire ce qui se recrée en toi et dans ta vie !

Dis-le à l'Eglise ! Ensemble ouvrons la communauté à des dimensions nouvelles, en regardant Dieu agir en nous. C'est une autre façon de communier, de se réconcilier, de participer, d'être apôtre. Pour voir aussi que d'autres ont besoin, pour d'autres raisons, de Sa Miséricorde. Et toi, et nous, nous partagerons ce trésor infini de la Miséricorde du Dieu en qui nous croyons !

 

Mieux vivre la séparation

Valérie Guérard, déléguée à la pastorale familiale auprès du groupe «  Divorcés et en Église 93 »

Au sein du groupe " Divorcés et en Eglise 93" chacun vit un chemin de foi et de vie qui l'amène à se reconstruire, à se pacifier : c'est un chemin qui peut prendre plusieurs années tellement les blessures sont profondes et vives. Mais, chacun, différemment selon son histoire, est amené peu à peu sur des chemins de réconciliation tout d'abord avec soi-même pour accepter de vivre une vie différente de ce qu'il désirait, mais aussi vers des chemins de pardon pour toutes les blessures reçues et données. Un chemin de vérité amène chacun à regarder en face son histoire et sa part de responsabilité. Accepter de vivre cette vie qui n'a pas été forcément choisie, favorise un chemin de pacification qui aide les enfants à mieux vivre la séparation de leurs parents. Cette pacification peut aller jusqu'à apaiser la relation conflictuelle des parents.

Je rends grâce pour tous ces chemins de résurrection et de vie, pour le soutien de notre évêque Pascal Delannoy, son écoute, pour l’accompagnement du père Gérard Brisseau et de tous ceux qui nous ont rejoints sur ce chemin. Pour nous, il est très important que ce groupe soit rattaché à la pastorale familiale : c'est, pour nous, l'affirmation que chrétiens, nous cheminons dans cette Eglise, que nous faisons partie du corps du Christ qu'est cette Eglise et que l'Eglise accueille les estropiés et les blessés et qu'elle en prend soin. Six groupes dans le diocèse (Saint-Denis, Bobigny, Montreuil, Villemomble, Noisy-le-Grand, Tremblay) ce n'est pas suffisant, mais la diffusion et la communication autour de l'existence de ce groupe est primordiale : ainsi depuis que nous avons édité un tract pour présenter le groupe, je reçois beaucoup plus d'appels et de nouvelles personnes ont pu nous rejoindre cette année. Chacun dans son propre milieu a ce rôle et cette responsabilité de relayer l'information sur l'existant de tous les lieux de réconciliation et de paix.

 

Apaiser dans la prière

Jeannette Vitalien, responsable diocésaine des Équipes du Rosaire, Montreuil

Les Equipes du Rosaire constituent un mouvement d’apostolat des laïcs reconnus par les évêques de France en 1967 et 1972 par l’ordre des prêcheurs dominicains.
Le père Joseph Eyquem frère dominicain est le cofondateur avec Madame Couvreur en 1955.  Il propose aux membres des « confréries du Rosaire » à Toulouse, un nouvel élan missionnaire, ayant à cœur le souci des plus pauvres dans la foi sur le principe du «rosaire vivant» de Pauline- Marie Jarricot.
Une Equipe de Rosaire se compose de membres unis entre eux par la prière commune des mystères du Rosaire. L’équipe est animée par une responsable.
Les membres d’une Equipe du Rosaire se réunissent :

  • Chaque mois pour la prière ensemble à la maison, chez l’un ou l’autre membre de l’équipe pour méditer la parole de Dieu en s’appuyant sur le feuillet mensuel «  le Rosaire en Equipe », partager les intentions de prières et, éventuellement, répondre aux questions soulevées par les lectures.
  • Chaque jour pour la prière personnelle, méditation d’un mystère de la vie de Jésus-Christ en lien avec les autres membres des équipes, grâce au calendrier d’équipe.

Les objectifs :

  • Faire connaître nos équipes au travers de différentes manifestations sur notre diocèse comme les rassemblements, journées portes ouvertes, expositions lors des pèlerinages (ex : Notre-Dame des Anges), dans nos églises : animation de messe par les membres de nos équipes très impliqués dans la vie de nos églises.
  • Faire connaître nos membres et accueillir de nouveaux membres.

Par l’invitation personnelle, la rencontre, on invite son voisin, ses amis, les gens de son quartier, de son immeuble de sa paroisse : « Venez et Voyez ». Sont invités, les pratiquants comme les non-pratiquants, les recommençant, les riches comme les pauvres.
Par la rencontre mensuelle, on accueille chez soi, dans sa maison : lieu fondamental de prière. On reçoit en toute simplicité dans la convivialité, en toute amitié et confiance des personnes qui ne viendraient pas dans une église pour prier.  
Le peu de prière permet d’être fidèle à ces rendez-vous mensuels et quotidiens et de grandir ensemble dans le Seigneur.
A ce jour, le mouvement des Equipes du Rosaire comptent plus de 110 000 membres en France  et s’étend à l’international en Europe, en Afrique, aux Amériques, à l’Ile Maurice, à Madagascar et à l’Outre-Mer.
 
La prière source de réconciliation et de paix
La prière d’ouverture de nos rencontres mensuelles : Prière à la Vierge du père Joseph Eyquem  résume à elle seule les mots de réconciliations et de paix pour les participants.
Lors des rencontres dans nos maisons, c’est en toute foi, simplicité, joie, bonheur et paix que nous accueillons nos frères et sœurs pour ce partage. Comme Marie nous sommes disponibles, heureux pour ce partage car nous savons qu’il sera fructueux et que chacun repartira chez lui soulagé, différent, plus léger. Il aura déposé son fardeau, vu et su qu’il sera écouté, qu’il se sentira entouré de membres attentifs et désintéressés.
Il aura fait la paix avec lui-même et sera même disposé à entamer une démarche pour rencontrer un prêtre, pour discuter ou encore, approcher celui qui aura été l’objet de son blocage.
En un mot, il ne repartira pas comme il était venu.


Des cellules de quartier attentives aux autres
Les membres des Equipes du Rosaire d’une part sont des petites familles, heureuses de se retrouver pour la rencontre mensuelle. Ils restent à l’écoute permanente, s’informent de tel ou tel problème, des joies comme des peines. Sans être des intrus, ils sont attentifs et disponibles auprès des autres membres.
Les Equipes du Rosaire sont des petites cellules pas seulement d’églises mais de quartiers là où nous vivons par l’attention portée aux autres, notre disponibilité, et notre écoute.   
D’autre part, certaines personnes qui  nous sollicitent en demandant par exemple de prier pour elles,
connaissent  notre mouvement, car nous sommes visibles, et demandent à être invitées. C’est pour nous l’occasion de leur remettre un feuillet mensuel et de les accueillir à notre rencontre mensuelle « Venez et Voyez » ce qui s’y passe.
D'autres personnes  nous remettent leur intention de prière écrite ou nous confient leurs inquiétudes, que nous déposons au pied de Maman Marie lors de notre rencontre. Elle est portée par chacun d’entre nous, membre de l’équipe, dans notre prière individuelle quotidienne (le mystère médité à l’aide du calendrier).
   
Des intentions de prière portées par chaque membre
Les Equipes du Rosaire leur apportent l’assurance que leur intention de prière est portée par chaque membre. Donc une certaine sérénité et paix intérieure, de la tendresse puisqu’elles sont entourées, protégées.
Elles trouvent des membres disponibles, attentifs, discrets et aimants. Comme Marie, des membres qui se mettent à leur service, disponibles pour lui être utile, apportant réconfort et tendresse.
Face aux fragilités, incompréhensions et souffrances exprimées par les personnes qui nous sollicitent, nous prenons le temps de les écouter pour les apaiser. Nous confions à Jésus par l’intermédiaire de Marie ses difficultés afin qu’elles retrouvent la paix, une certaine quiétude au milieu de leurs épreuves. C’est le chemin que Marie montre à ceux et celles qui la prient. Ce chemin est le chemin de la conversion. C’est le chemin des béatitudes : heureux les doux, heureux les miséricordieux, heureux les cœurs purs, heureux les artisans de paix.
Les Equipes du Rosaire sont des petites communautés d’églises. Des petites cellules vivantes qui sont missionnaires donc visibles dans nos églises. Notre contact est facilité par la participation active de nos membres dans la vie de nos églises, par nos  affiches sur les panneaux  d’informations et journaux mensuels.
Les personnes qui nous connaissent ou qui ont entendu parler de nos prières viennent spontanément à nous. Pour d’autres ce sont nos prêtres qui nous en parlent pour aller à leur rencontre.
L’écoute et l’accueil de ces personnes se passent en toute discrétion autour d’un café ou autre boisson. Nous voulons qu’elles se sentent sécurisées, en confiance et constatent notre disponibilité pour elles sans aucun formalisme. Pour nous, membres, c’est une chance de nous sentir utile.
Il est indispensable que tout Homme sache qu’il est aimé de Dieu tel qu’il est, « qu’il a du prix à ses yeux » Dieu est Amour, il n’abandonne aucun de ses enfants. C’est un Père doux et miséricordieux, qui pardonne. Ne pas avoir peur, mettre toute sa confiance en lui. Dieu seul est notre espérance et notre soutien. Il n’y a pas de place pour le doute, malgré nos épreuves.
L’autre c’est mon frère, c’est mon semblable c’est le dialogue qui me maintient. Je ne détiens pas la vérité. « Aimer vous les uns les autres comme je vous ai aimé ».

 

Personne n'est inemployable !

Dominique Mainville, bénévole responsable du service Emploi « Carrières » à Rosny sous Bois -  Secours Catholique de Seine-Saint-Denis

En lien avec l’animatrice « Emploi » et une secrétaire, salariées du Secours Catholique, ma mission est de coordonner une équipe de bénévoles,  « accompagnateurs socioprofessionnels » qui accueillent et accompagnent les chercheurs d'emploi tout au long de leur parcours et les aide dans leurs démarches de recherche d'emploi ou de formation.
J’ai également en charge le développement  des nouveaux Points d’Accompagnements Emplois (PAE) sur le territoire de Seine-Saint-Denis afin d’être au plus proche des personnes en recherche d’emploi, Rosny-sous-Bois n’étant pas central dans le département. C’est chose faite à Saint-Denis, Aubervilliers et Sevran.

La valeur du travail

Avoir un emploi est nécessaire non seulement pour disposer de ressources financières mais pour développer des liens sociaux et nourrir l’estime de soi.
La recherche d’emploi est particulièrement difficile pour les personnes en situation de précarité accueillies par le Secours Catholique, car elles manquent parfois des savoirs de base et sont souvent fragilisées psychologiquement par cette situation.
C’est pourquoi depuis 1996, la délégation a mis en place et fait croître un service spécialisé « Emploi » qui vise à compléter l’action des organismes spécialisés comme Pôle Emploi par un accompagnement global des personnes accueillies.
Ceci pour leur permettre de répondre à leurs besoins et favoriser leur accès ou leur retour à un travail digne.

Un lieu d'écoute et de soutien

Les personnes que nous accueillons sont envoyées vers nous par différents canaux (483 reçues en 2014) : les services internes du SC93 : équipes locales (il y en a 22 dans le 93), services étrangers, accueils de jours, service hébergement /logement, boutique Solidaire, commission sociale, etc.
les instances institutionnelles (assistantes sociales, Pôle emploi, Projets de Ville,  Mission locale, CAF, Centres communaux d’action sociale, Maisons de l’emploi, etc.)
leur propre réseau de connaissances amical, familial

Leur souhait premier est de trouver un travail, après avoir souvent « galéré » sans succès seul ou avec les institutions officielles comme Pôle Emploi.

En tenant compte de leur parcours professionnel, de leur situation administrative, de leur histoire personnelle, de leur motivation,  les personnes sont toutes reçues par l’équipe de Carrières et accompagnées dans la durée et de manière globale.

Ces femmes et hommes veulent être écoutés, aidés, soutenus en bénéficiant d’un lieu d’accueil convivial, et doté d’outils performants et indispensables pour leur recherche d’emploi. Carrières dispose d’un coin café, de plusieurs ordinateurs mis à dispositon en libre service, d’un photocopieur, d’un fax, et de l’expédition gratuite du courrier.

Un accompagnement sur mesure

Dés le premier entretien, il est clair que les personnes  venues pour être aidées à trouver un emploi, ont très souvent d’autres problèmes et soucis qui se cumulent : logement, divorce, famille monoparentale, langue, sans papier, maladie, etc. Toutes ces problématiques doivent être prises en compte par les bénévoles accompagnateurs qui, selon les situations, orientent les personnes parrallèlement  à Carrières vers le/les services  du Secours Catholique compétent : service étranger, hébergement, commission sociale, etc.
C’est la force du Secours Catholique de détenir sur tout son territoire un maillage d’activités adaptées aux pauvretés rencontrées.

Il est difficile pour nous, bénévoles, de rappeler  à un migrant, diplomé dans son pays, qu’il n’a pas le droit de travailler officiellement tant qu’il sera « sans papier » ! Mais nous l’accueillons comme tout le monde, construisons avec lui son CV et une lettre de motivation, et lui conseillons de rencontrer nos collègues bénévoles du service étranger qui étudieront sa situation et l’accompagneront dans ses démarches.
Il est difficile pour nous, bénévoles, de découvrir la situation familiale d’une maman seule avec ses 2 enfants qui désire pourtant obtenir une formation en vue d’un poste d’aide à la personne. Son aîné va à l’école mais qui va s’occuper du bébé pendant sa formation. Nous recherchons des solutions de garde de l’enfant avant de trouver la formation.
Il est difficile pour nous, bénévoles, de constater qu’un « senior » ne trouve pas place dans l’emploi à cause de son âge. En plus de la perte de son travail, il se retrouve seul, séparé de sa femme. La porte de Carrières reste ouverte pour lui depuis 3 ans, il y retrouve des copains, les bénévoles bien sûr mais aussi d’autres gens comme lui avec lesquels il partage :
« Avec l’équipe Carrières du Secours Catholique : on est moins seul, on a envie de chercher un travail »
« Une association, comme le Secours Catholique, soutient, on ne vous juge pas »

Faire le deuil de la vie d'avant

Autres situations rencontrées à accompagner : la nécessité, mais difficulté de faire le deuil de son ancien travail : « J’ai pleuré longtemps en parlant de mon ancien travail », « Il faut arriver à tourner la page » nous disent les personnes que nous accompagnons.
Il faut du temps pour faire le deuil. La recherche de travail est très fatigante, on passe constamment par des hauts et des bas : attente, euphorie après un entretien de recrutement qui parait positif, puis « chute de moral » quand on apprend que ça n’a pas débouché : « Après un creux, il faut se rebooster », « C’est usant de devoir répéter toujours les mêmes choses à tous les entretiens ».

L’alternance de contrats et de périodes de chômage est pénible :

  • « On ne peut pas se projeter »
  • « Au bout d’un an de chômage on est de moins en moins difficile »
  • « La baisse (progressive) des allocations rend plus crispée et pousse à être moins exigeante »
  • « L’absence de réponses (des entreprises, de Pôle Emploi) est épuisante »

La vie de vie de famille s’en ressent, tout le monde conjoint(e), enfants est concerné par le chômage du parent : « C’est un travail à plein temps de chercher du travail. »
Les personnes sans emploi rencontrées par le Secours Catholique disent leur souffrance d’avoir perdu à la fois une activité, une rémunération et des relations, leur inquiétude face à la baisse rapide de leurs revenus, les perturbations profondes de leur vie familiale, leur sentiment d’être souvent jugées incapables et assistées.

Sortir la tête de l'eau

Mais toutes ces difficultés ne sont pas des obstacles insurmontables. Savoir réconcilier les chercheurs d’emplois avec le travail est le rôle essentiel que nous, bénévoles et salariés de Carrières, avons à cœur, en toute humilité, avec persévérance, ténacité, enthousiasme, optimisme, et beaucoup de patience. Pour tout cela, oui « Carrières » est un lieu de réconciliation.

Les chercheurs d’emploi accompagnés par le Secours Catholique expriment avec vigueur les multiples intérêts que représente à leurs yeux le travail :

  • il permet de mener une vie normale, apporte de la sécurité, est  source d’autonomie et de relations ;
  • il donne la possibilité d’avoir des projets, d’évoluer en termes de connaissances et de compétences ;
  • il rend heureux, donne de la fierté, le sentiment d’être utile à la société et de contribuer à la vie collective.

Ces convictions du Secours Catholique sur le travail et l’emploi, forgées à partir de l’écoute et de la prise en compte des expériences concrètes comme des points de vue des personnes que nous rencontrons, montrent clairement que le travail est essentiel dans la vie de tout Homme.

Je peux affirmer que nos équipes emplois  de « Carrières » et des Points d’Accompagnements Emplois participent pleinement à soutenir ces convictions et à aider à permettre les « chercheurs d’emplois » à être en paix.

Selon l’enseignement social de l’Eglise sur le travail, tout homme a le droit et le devoir de travailler... donc personne n’est inemployable !
Le travail contribue grandement à la dignité de l’homme, l’aide à se réaliser, à mettre en œuvre et à développer ses capacités et ses compétences et ainsi participer à l’achèvement de la Création.
Le but du travail est de permettre aux hommes d’être acteurs de leur devenir.

 

Aimer sans cesse comme Dieu aime

Laurence Martin, aumônier catholique à l'hôpital René-Muret de Sevran

L'aumônerie catholique de l'hôpital René Muret a été mise en place à l'ouverture de l'hôpital il y a plus de 45 ans. C'est un hôpital principalement "gériatrique" qui fait partie du Groupe Hospitalier 93 "Avicenne / Jean Verdier / René Muret".
Les établissements publics ont le devoir de respecter la liberté de culte des patients hospitalisés. La loi 1905 de la séparation des Eglises et de l'Etat ne permet plus des rémunérations aux ministres de culte, sauf trois cas : dans les lieux dits "fermés" : hospices, prisons et internat. Cette loi est toujours en vigueur.

L'aumônerie est un lieu de vie communautaire, avec un prêtre accompagnateur, en l'occurence le père Jean Saillant, qui permet la vie de foi des malades hospitalisés, dans les rencontres, les visites, les sacrements, mais aussi lors des célébrations dominicales et des temps forts de la liturgie. Il y a aussi une équipe d'auxiliaires bénévoles qui aide l'aumônier. A René-Muret il y a 560 lits. 
Ma mission est également d'aider l'équipe à vivre sa mission d'écoute. Car c'est de l'écoute qu'il s'agit. Sous toutes ses formes. Ecoute de la souffrance morale ou physique, dite ou non dite, écoute de la douleur, écoute des angoisses, écoute du silence qui nous dit parfois beaucoup de choses... Mais parfois des écoutes qui nous semblent inutiles, comme des déserts...

Il y a aussi des collaborations avec le personnel de l'hôpital comme les animatrices qui nous aident dans le transport des patients souhaitant aller au pélerinage de Notre-Dame des Anges, ou à Lourdes.
Je fais partie du personnel hospitalier et tous les soignants, médecins, infirmiers, aides-soignants, personnels techniques et administratifs sont mes collègues... et les liens d'amitiés se créent...

Nous recevons l'histoire humaine de chacun

Bien sûr, l'aumônerie permet de se réconcilier avec soi-même et avec Dieu. Les blessures de l'enfance remontent en fin de vie et redire sans cesse l'amour de Dieu immuable et infiniment miséricordieux pour chacune et chacun redonne l'espérance, ranime parfois les étincelles de la foi qui sommeille après des vies mouvementées, de travail, d'épreuves...

Les patients restent parfois un certain temps dans notre hôpital pour un diagnostic, une rééducation, et parfois sont en unité de long séjour qui implique une fin de vie jusqu'au bout, à l'hôpital. Nous pouvons donc créer d'abord un lien d'amitié, de confiance indispensable à l'écoute. A part le fait de venir régulièrement à la messe le dimanche matin, dans nos visites dans les services, nous essayons de laisser remonter les histoires de vie. Partir du vécu du patient est la base de notre relation. Nous recevons l'histoire humaine de chacun, sans jugement, et le discernement de proposer les sacrements par exemple n'est pas toujours simple... Il faut de la délicatesse, de la bienveillance, de l'amour, car nous sommes les frères du Christ qui se penchait sur les malades en les regardant avec des yeux remplis de tendresse. Notre écoute parfois libère la parole, délivre de certaines culpabilités.

Me revient en mémoire l'histoire de Jean, qui en voulait à son père, mort depuis longtemps ; Il lui a fallu du temps, avec plusieurs personnes différentes, qui l'ont vraiment accompagné dans ce chemin de pardon. Quand il a demandé le sacrement de réconciliation cela a été pour lui une vraie délivrance et il est décédé peu de temps après. Mais la paix l'avait envahi. Il est parti sereinement.

En soins palliatifs, Chantal était mourante. son mari me dit : « C'est fini, il n'y a plus rien à faire. » Elle était jaune comme un coing terrassée par un cancer du pancréas qui s'était généralisé. Que dire, que faire ? Avec simplicité, avec ce que je suis, j'ai proposé un temps de prières. L'Esprit Saint est là, toujours. Les mots sont venus, sans préparation, des mots simples redisant l'amour de Dieu pour Chantal, des mots de consolation et bien sûr le Notre Père, prière par excellence de l'abandon à la volonté divine. Remettre nos vies entre les mains de Dieu à ce moment-là permet à la famille, même dans la douleur, d'accepter le passage de l'être aimé.

« Alors Jésus fixa sur lui son regard et l'aima » (Marc 10, 21) : Aimer, aimer sans cesse comme Dieu aime... et l'homme se sentant compris, aimé par Dieu, fait parfois dans son coeur, ce retour vers Dieu. Nous n'en sommes que les témoins.
C'est cela notre joie.

 

Aimé de Dieu

L'équipe d'accompagnateurs du catéchuménat de Sevran

Le catéchuménat est proposé aux adultes qui frappent à la porte de l’église et qui demandent de recevoir les sacrements : le baptême, l’eucharistie et la confirmation.
Il est proposé aussi à ceux qui veulent découvrir la foi chrétienne ; parmi eux, des musulmans, des hommes et des femmes d’autres confessions religieuses qui se convertissent à la foi chrétienne.

Notre mission d’accompagner ces personnes est tout d’abord de les accueillir. Ce premier contact chaleureux est très important pour la suite. Ensuite une écoute particulière à leur demande est faite : ce qui les a poussés à cette conversion ! Enfin faire comprendre à ces hommes et femmes que leur démarche prendra du temps, qu’ils ne vont pas recevoir les sacrements sur le champs ni dans les jours à venir. Mais que nous leur proposons un cheminement de deux ans pour les sacrements du baptême et de l’eucharistie et une troisième année pour le sacrement de la confirmation.

N’ayant pas un manuel tout fait pour les accompagner, on s’adapte plutôt à eux pour déterminer et établir un plan à suivre afin de les amener à leurs désirs. Nous avons donc mis en place une rencontre mensuelle et un accompagnement personnel. Nous démarrons nos rencontres tous ensemble (1ère et 2e année) par un chant en lien avec le thème du jour, puis on se sépare et nous nous retrouvons pour un temps de prière avant de nous quitter.

Au fil des rencontres nous constations que la démarche de certains catéchumènes créait avec leur entourage des oppositions jusqu’à la rupture avec leurs familles (les musulmans par exemple). Notre mission d’accompagnateur est de les apaiser et de les amener vers la réconciliation, d’où un point essentiel du cheminement consacré au pardon.
Le catéchuménat est aussi un lieu qui permet aux catéchumènes de s’exprimer et de « vider leur sac » comme on dit.

Le catéchumène est un appelé. C’est une personne qui a entendu l’appel de Dieu, pour une raison ou une autre, il est venu à nous pour découvrir qui est Dieu, le connaître par rapport à ce qu’il a vécu et consolidé en même temps sa foi. Il exprime son désir d’entrer dans une communauté de croyants, d’où l’importance de célébrer l’entrée en catéchuménat.

Vivre la joie de l'Evangile

Notre rôle d’accompagnateur est de vérifier si l’appel est en lien avec l’Evangile.
Le catéchuménat est un lieu de pose pour le catéchumène, de discernement par rapport à leur vie, où il a appris à avoir un autre regard sur les autres, de témoigner avec joie de l’Evangile auprès des autres.

Justement concernant l’annonce de l’Evangile, un catéchumène nous disait : « Je suis sans papier. » De quel papier s’agissait-il ? Il parlait du carton qu'il recevra après son baptême car il pensait que c’était seulement lorsqu’il le recevra qu’il pourrait annoncer l’Evangile auprès des autres. Nous lui avons fait comprendre ainsi qu’à tous les catéchumènes présents qu’ils peuvent durant ce cheminement témoigner de l’Evangile.

Nous constatons que le catéchumène a confiance à l’égard de son accompagnateur, il l’interpelle en dehors du groupe pour lui soumettre ses problèmes. Le premier contact avec le catéchumène, permet de déceler s'il est fragile, et en quoi ? S'il a des difficultés d’expression ou s'il a des difficultés de lecture. nous n’avons pas trop de temps à leur consacrer ces catéchumènes lors de nos rencontres en groupe, mais nous avons pour missions de susciter en eux  plus de rencontres personnelles.

Nous avons accompagné un catéchumène porteur d’un handicap mental et qui éprouve des difficultés à tenir un raisonnement. Depuis son entrée en catéchuménat, il est déterminé a recevoir le baptême, il a été très impressionné de la présentation à la communauté paroissiale et son comportement le prouvait. Il dit que « Dieu est notre Père » et il le prie. Il est en ce moment en chemin vers la confirmation.

Etre à l’écoute de ces catéchumènes, c’est aussi être plus disponible.
Enfin, nous pensons et nous sommes certains (en tant qu’accompagnateur) que le discernement, la tolérance, la solidarité, la confiance en soi, le vivre ensemble sont des piliers pour que tout homme puisse vivre en paix avec lui-même et avec les autres.

Ce qui est important à nos yeux est de lui faire comprendre, qu’il est aimé de Dieu, même s’il ne se sent  pas aimé des autres.

 

Des lieux de conciliation et de partage

Claude Moskalenko, ancien élue de la ville de Pantin en charge de la vie associative

Sur la ville de Pantin, il y avait plusieurs associations qui avaient pour objectif de venir en aide aux plus démunis : le Secours Catholique, les Restos du cœur, le Secours populaire, Août secours alimentaire (dans l’ancien local d’une école catholique). Voilà la situation que je trouve au début de mon mandat en tant qu’élue à la mairie en charge de la vie associative de 2008 jusqu’en mars 2014. Mon rôle était de favoriser le rôle de la vie associative dans la ville, parce que c’est une forme d’action très complémentaire à l’action municipale, sur laquelle la municipalité s’appuie pour faire certaines actions qu’elle ne peut pas faire, et quelle soutient financièrement en attribuant des subventions.

Un Noël solidaire

Très vite, je me suis dit, c’est un peu dommage qu’il n’y ait pas de réflexion commune, inter-associative quand on est confrontés aux mêmes problématiques. Je n’ai pas tout de suite pris le sujet de front, mais j’ai pris le biais du salon annuel des associations, qui était jusqu’alors complètement organisé, par les services municipaux, en impliquant d’avantage les associations dans l’organisation de leur salon. Et donc, un petit groupe inter-associatif s’est créé pour l’organiser. Et de fil en aiguille, j’ai dit : « C’est quand même un peu idiot que chaque association organise un Noël dans son coin, avec les moyens qu’elle a. Peut-être que ça vaudrait le coup de réfléchir ensemble à la manière dont on pourrait faire un Noël solidaire inter-associatif le même jour dans toute la ville, dans des quartiers différents, avec une aide supplémentaire de la mairie pour que ce soit mieux organisé, plus festif, etc. Et ça s’est fait progressivement comme ça. Les gens ont pris l’habitude de travailler un peu ensemble. Ca a très bien fonctionné dès la première année.

Cette année-là, le nouveau président du Conseil général de l’époque, M. Troussel, avait eu écho de ce type d’initiative organisée dans certaines villes. Il était donc intéressé par cette idée de Noël solidaire et avait demandé à venir. Le maire n’avait pas du tout pensé s’impliquer et il était embêté parce qu’il partait en vacances. Mais du coup, l’année suivante, comme il a vu que politiquement, il y avait une évolution pour prendre en compte cette situation de manière plus partagée, au lieu de faire chacun dans son petit coin, il s’est organisé pour être présent.

Il y a eu un Noël solidaire dans 3 lieux de la ville, le même jour, avec une subvention exceptionnelle qui permettait d’acheter des cadeaux pour les enfants. Un goûter était proposé, suivi d’un spectacle, des chansons, de la danse, une distribution de cadeaux pour les enfants. Il y a même eu des cadeaux pour les SDF. Il n’y a pas de connotation religieuse. On fête être ensemble, partager ensemble. Le Secours populaire n’a rien à voir avec la chrétienté, mais il fait quand même Noël. Tout le monde fait Noël, même les musulmans. J’ai été très contente de voir qu’il y avait à la fois des familles, des gens seuls,  des personnes âgées, des enfants. Il y a un mélange de publics qui peut être bien vécu par certains bénéficiaires, moins par d’autres par rapport à la façon de vivre, les personnes âgées. Parce que nous avions aussi accueilli des SDF. Il y a toujours les mêmes clichés. Mais c’est normal ça. Comme dans la vie quotidienne, il y a des gens qui réussissent facilement à rencontrer l’autre et d’autres moins. J’étais très contente de voir ça parce qu’on a l’impression que tout le monde est accepté. Tout le monde partage, vit la même chose en même temps. Il n’y a pas forcément des échanges très riches, mais ça ne fait rien. Ca existe. On n’est plus aveugle ou chacun dans son coin. Après, libre à chacun de poursuivre. On ne peut pas faire à la place des autres. Je pense que ça a bien fonctionné. Maintenant, c’est bien installé et ça ne sera pas remis en question. C’est acquis.

Une dynamique plus collective

Ensuite, j’ai suggéré aussi qu’au lieu de payer, on pouvait solliciter des associations musicales, des clowns pour participer, animer, etc. Ca s’est développé. Ensuite, j’ai dit : « C’est un peu bête, pourquoi on ne demande pas aux grands magasins et aux entreprises qui sont sur la ville d’apporter une contribution ? » L’année où j’ai terminé mon mandat, un hôtel de Pantin avait fourni les goûters. Ca devenait moins lourd  pour les associations bien que ça les mobilisait tout de même. Je pense que ça va continuer avec une implication plus grande d’autres associations pour faire des fêtes, etc. Et l’évolution est d’impliquer un peu plus aussi les bénéficiaires. Par exemple, les enfants avaient fait la décoration. Au lieu de tout mâcher, on implique un peu les gens.

Voilà comment les choses se sont faites. Je pense qu’il faut prendre un peu des biais. Traditionnellement, les associations qui touchent les mêmes sujets sont toujours un peu en compétition. C’est à celle qui sera la plus valorisée, la plus reconnue, pour avoir le plus de subventions, de dons, de notoriété. C’est humain. Alors que maintenant, je crois qu’il y a une dynamique plus collective, moins compétitive. Je le vois à la façon dont les gens travaillent ensemble et échangent. Je pense que quand il y a une dynamique comme celle-là, ensuite les gens peuvent échanger sur d’autres sujets, pas seulement sur le Noël : réfléchir à d’autres modalités d’aides, à d’autres types d’actions. Il y a une émulation. La première fois a été un peu difficile pour les personnes installées dans la routine. Et puis plus de jeunes sont arrivés, donc ça a mieux fonctionné. Ca redonne une dynamique. Les gens se rendent compte que c’est possible de faire des choses ensemble en ayant des conceptions politiques ou une vision du monde différente quelque fois. Mais au-delà de ça, ils se sont donné des formes d’actions presque similaires parce qu’ils touchent le même type de population parce que ceux qui vont au Secours catholique, vont aussi au Secours populaire et aux Resto du cœur.

Des jardins partagés

Je suis aussi convaincue de l’intérêt des jardins partagés. Parce que dans nos villes, il y a un grand besoin de nature, de retrouver quelque chose de la nature. Donc, j’ai été à l’origine du premier jardin partagé dans un quartier très populaire aux Quatre chemins à Pantin.
Des petits bouts peuvent être cultivés par une famille ou par un groupe d’amis. C’était un jardin éphémère. Étant donné que la ville allait construire sur le terrain, il a été déplacé ailleurs. Mais ça a très bien fonctionné. Le dernier jardin qui a été fait est un jardin pérenne, très grand situé à Anatole-France. Un grand espace a été aménagé et divisé en espaces de jardins familiaux. Il s’agit de parcelles attribuées à des familles avec un contrat et de parcelles attribuées à des associations. Par exemple, une parcelle a été attribuée aux Petits Frères des Pauvres et aux Paralysés de France. Donc ce sont deux associations qui gèrent un espace de jardinage dans des bacs en hauteur pour permettre aux vieilles personnes qui ne peuvent pas se baisser ou handicapées de faire du jardinage. Ils sont très heureux : ils sortent, ils font des fêtes. Ca marche très bien. Là aussi, ce sont ce que j’appelle des lieux de conciliation, de partage, de bien vivre ensemble.

 

Dans le deuil : accueillir et accompagner

 

Jacques Robert, membre du service diocésain de la pastorale liturgique et sacramentelle

Accueillir et accompagner les familles, les personnes est le souci de toutes les paroisses de notre diocèse comme il l’est de toute l’Église. Du début de la vie jusqu’à la fin terrestre de la vie. L’Église est le lieu de la célébration du passage de la mort à la vie : « C’est le mystère pascal du Christ que l’Église célèbre, avec foi, dans les funérailles de ses enfants. Ils sont devenus par leur baptême membres du Christ mort et ressuscité1. »

Fréquemment les familles accueillies ont une relation distante avec l’Église et la pression des circonstances les font reprendre contact avec elle dans un laps de temps limité. Potentiellement ce peut être l’occasion de renouer les liens. C’est dire l’importance de l’entretien au cours de cette rencontre où il faut savoir écouter, savoir percevoir des non-dits sans se faire de film, ni juger, ni ramener à soi mais pouvoir présenter à nouveau, affermir, révéler l’espérance chrétienne, la résurrection promise.

Toute l’Église, donc pas seulement l’évêque, le prêtre ou le diacre, mais aussi tout fidèle laïc baptisé, homme ou femme : « Tous ceux qui appartiennent au peuple de Dieu doivent se sentir concernés par la célébration des funérailles2. » Chacun selon sa mission.

Former à l'accueil et à l'accompagnement

La mission du laïc est une redécouverte très récente de ce que vivaient et faisaient naturellement les premiers chrétiens. La nécessité d’une formation est donc apparue suite à l’émergence ici ou là de personnes formant, de préférence, une équipe pour accueillir les familles endeuillées et les accompagner dans la célébration des funérailles de leur défunt.

La formation est conçue selon les besoins ressentis et supposés. Elle est dispensée par le service diocésain de Pastorale liturgique et sacramentelle (PLS) avec la participation d’un intervenant extérieur compétent lorsque le sujet le requiert (exégèse, psychologie par exemple).
Deux points d’attention ont été particulièrement traités : l’accueil de la famille, le sens de la célébration dans son déroulement.

Outre la compréhension approfondie de ce que l’on fait, de ce que l’on croit, de ce que l’on proclame, de ce que l’on célèbre « une vive attention et une grande délicatesse sont les conditions nécessaires pour apporter le réconfort et la consolation dont l’Église veut entourer ceux qui sont dans l’épreuve. La simplicité et la proximité sont les premiers signes d’une présence évangélique5. »

Au cours de ces cinq années une centaine de personnes (cumul sur la période) provenant de près de 30 villes du diocèse ont suivi les formations que nous leur avons proposées. Leur âge ? Celui de la retraite pour la majorité et bien au-delà. Des personnes enthousiastes qui ont la conviction ancrée de servir des frères et des sœurs malheureux.

Accompagner

Dans les faits, notre accompagnement est plutôt bref : il commence au téléphone pour fixer le rendez-vous et s’achève à la fin de la célébration sur le parvis de l’église quand tout le monde va se disperser qui pour rentrer chez lui, qui pour aller au cimetière ou au crematorium.

Cela apparaît comme l’essentiel, compte tenu de notre disponibilité et des habitudes qui se sont instaurées. Et pourtant, les enseignements de référence soulignent la pertinence de la prière de l’Église quand elle peut être présente déjà sur le lieu où repose le défunt, puis lors de la fermeture du cercueil et enfin, après le passage à l’église, au cimetière[8]. Trois moments de prière pour accompagner une famille et des proches sur un chemin vers la séparation créatrice d’une nouvelle relation spirituelle.

Quand elle est faite, la proposition d’accompagner au cimetière est souvent refusée…

Quelques rares paroisses proposent à la suite des obsèques la participation à des réunions périodiques autour de l’« espérance chrétienne » pour permettre aux personnes touchées par le deuil de débattre, d’approfondir, d’échanger sur leur vie après le décès, sur la résurrection… Ceci est une autre forme d’accompagnement.

Accueil et accompagnement. Deux mots qui décrivent un bout de chemin, un moment de vie partagés, brefs mais intenses, à l’occasion de circonstances difficiles ; deux mots qui participent à la définition de la fraternité ; deux mots qui caractérisent l’Église quand elle est proche du frère et de la sœur qui souffrent.

Être un humble serviteur est la mission de toute l’Église à l’exemple de Jésus le Jeudi Saint. Dans le contexte du deuil, telle est la mission de ces chrétiens.

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1La célébration des obsèques, Rituel des Funérailles I, 2e édition, AELF, Desclée-Mame, Paris, 1972, 1994, RF n°1

2Op. cit. RF n°5

5Dans l’espérance chrétienne, Célébrations pour les défunts, AELF, Desclée-Mame, Paris 2008 ; p. 11 n°10

 

Les fruits du cheminement à la suite du Christ

Carole Potony, accompagnatrice en catéchuménat,

Le catéchuménat est un temps de grâce pour les catéchumènes et les accompagnateurs.
C’est l’initiation à la foi et à la vie chrétienne qui dispose de l’accueil du don de Dieu  dans le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie. Il permet aux catéchumènes de mener leur conversion et leur foi à maturité (cf. Catéchisme de l’Eglise Catholique).

Il est proposé aux catéchumènes un itinéraire (chemin) pascal pour entrer dans le Mystère du Christ.
Ce chemin parsemé d’étapes liturgiques, de rites est une découverte de la personne du Christ et de la vie qu’il nous propose en Eglise. C’est en même temps, un temps personnel et communautaire. Une réponse libre à l’appel du Seigneur qui se vit dans et avec l’Eglise.
C’est aussi une catéchèse où on échange autour de la parole de Dieu. Comment cette Parole me parle ? Qu’est-ce qu’elle me dit de ma vie au point où j’en suis ? Comment elle m’interpelle ?

Dans notre paroisse a été mis en place un accompagnement mensuel un soir dans la semaine autour des modules de l’itinéraire « Rencontre avec Jésus » et un dimanche durant la catéchèse paroissiale où le parcours d’initiation est approfondi avec l’Evangile selon saint Marc.

Le cheminement et l’accompagnement sont une source de réconciliation et de paix parce que le catéchuménat est un temps de mûrissement qui porte ces fruits. Les catéchumènes nous révèlent, progressivement qu’ils découvrent la joie d’être et de devenir chrétien. C’est une joie pour notre paroisse de voir 12 adultes et 5 adolescents recevoir le baptême la nuit de Pâques. Ils expriment la joie et le désir de Dieu. Ce désir et cette joie est de voir l’homme debout et dire « Amen » quand il est baptisé. Les nouveaux baptisés témoignent de leur naissance dans la mort et la résurrection du Christ.

En quête de sens

Ils expriment souvent leur désir de donner un sens à leur vie. Ils parlent d’un manque, d’un vide. Ils ont aussi soif de vivre une vie bien remplie. Quelques uns ont cherché à droite et à gauche dans différentes communautés confessionnelles ou non avant de venir frapper à la porte de l’Eglise catholique.  Certains voient leur baptême comme un retour dans le droit chemin. Pour d’autre c’est un  désir qui survient après un événement heureux ou malheureux. Il peut aussi venir à la suite du choix de leur enfant de suivre la catéchèse en vue du baptême. Ce parcours peut se vivre aussi en famille (couple, parents-enfants.) Chez les adultes, demander à recevoir le baptême est une vrai décision, qui interpelle les autres décisions prises ou non dans leur vie.

Dans ce cheminement, je dirais qu’il y a deux éléments importants : l’accueil et l’écoute.
Accueillir, rassurer, leur faire comprendre que nous accompagnateurs nous sommes aussi en chemin. Certains vivent avec une crainte : « Est-ce que je serai capable d’aller jusqu’au bout de mon cheminement ? Est-ce que je serai à la hauteur de ce que l’Eglise me demande ? Est-ce que je serai appelé par l’évêque ou non ? » Nous avons besoin de leur dire que l’Eglise leur fait confiance et les accueille sans jugement. Nous avons tous du prix aux yeux de Dieu là où nous en sommes comme nous sommes. Se présenter dans une paroisse pour demander à recevoir le baptême est une grâce que le Seigneur fait aux catéchumènes, aux accompagnateurs et à la communauté paroissiale.

Faire face aux fragilités, aux incompréhensions

Considérons la parabole de Jésus sur les talents. Le Maître donne des talents à ses serviteurs. Il ne leur donne pas la même quantité. Nous sommes tous différents, uniques et nous n’avons pas les mêmes talents.
Nous devons prendre conscience que nous ne sommes pas là pour être oisif. Dans notre vie particulière, avec nos difficultés, nos misères, nos blessures, nos incompréhensions nous portons du fruit. Le Seigneur nous veut avec nos faiblesses. Nous ne naissons pas chrétiens nous le devenons quels que soient nos parcours.
Etre accompagnateur c’est être à l’écoute des catéchumènes. C’est s’efforcer d’accueillir leurs découvertes en cherchant et en leur faisant découvrir le désir de Dieu qu’ils ont en eux depuis toujours par l’Esprit Saint. Ils ne viennent pas vide, sans connaissance. Ils doivent comprendre que la rencontre avec le Christ ne se fait pas uniquement lors de ces préparations mais qu'elle a déjà eu lieu. C’est un passage de la foi implicite à une foi explicite que nous sommes appelés à encourager.
Nous devons nous efforcer de faire porter du fruit au trésor que le Seigneur nous a donné là où nous en sommes, comme nous sommes dans notre histoire personnelle.

Ce n’est pas nous qui avons choisi Dieu mais c’est lui qui nous a choisis.

Ce qui est indispensable à tout homme pour vivre en paix avec lui-même et avec d’autre c’est l’amour. C’est le nom de Jésus-Christ mort et vivant pour nous.  L’Eglise nous donne ce temps pascal de 50 jours pour nous permettre de faire cette expérience de l’amour de Dieu qui a donné sa vie. Nous l’avons suivi dans sa passion et nous tâchons de répondre du mieux que nous pouvons à cet amour par sa résurrection.

Propos recueillis par Anne-Marie Tossou

 

Repères

 

A lire...

 

Site du Vatican 

  • Compendium, La doctrine sociale de l’Église, Conseil pontifical "Justice et paix", 2006
  • Misericordiae Vultus, Bulle d’indiction du jubilé extraordinaire de la Miséricorde, pape François, 2015

 

Site KTO TV

 

 

 

 

 

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