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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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Plus de 1 000 pèlerins français à Rome aux Journées mondiales des catéchistes

Le pape François s'est adressé à eux vendredi 27 septembre.

Les Journées mondiales des catéchistes se tiennent à Rome du 26 au 29 septembre 2013. Ce congrès mondial est clôturé par deux jours de pèlerinage international, les 28 et 29.

 

Allocution du pape François

Chers catéchistes,

Je suis heureux que dans cette Année de la foi il y ait cette rencontre pour vous : la catéchèse est un pilier de l’éducation de la foi, et il faut de bons catéchistes ! Merci de ce service à l’Eglise et dans l’Eglise. Même si parfois cela peut être difficile, on travaille tant, on s’implique et on ne voit pas les résultats voulus, il est beau d’éduquer dans la foi !... Aider les enfants, les jeunes, les adultes, à connaître et à aimer toujours plus le Seigneur est une des aventures éducatives les plus belles, on construit l’Eglise ! "Etre" catéchistes ! Faites attention, je n’ai pas dit "faire" les catéchistes, mais "être", parce que cela implique la vie. On conduit à la rencontre avec Jésus par les paroles et par la vie, par le témoignage. Et "être" catéchistes demande de l’amour, amour toujours plus fort envers le Christ, amour envers son peuple saint. Et cet amour, nécessairement, part du Christ.

Qu’est-ce que signifie repartir du Christ pour un catéchiste, pour vous, pour moi aussi, car moi aussi je suis catéchiste ? Je le ferai à partir de trois points – comme les évêques jésuites, trois points…

1. Repartir du Christ signifie avant tout avoir de la familiarité avec Lui. Jésus le recommande avec insistance aux disciples lors de la Dernière Cène, quand il s’apprête à vivre le plus haut don de l’amour, le sacrifice de la Croix. Jésus utilise l’image de la vigne et des sarments et dit : demeurez en mon amour, demeurez attachés à moi, comme le sarment est attaché à la vigne. Si nous sommes unis à Lui nous pouvons porter du fruit, c’est la familiarité avec le Christ. Demeurer en Jésus, rester attaché à lui, en lui, avec lui, parlant avec lui. Demeurer avec Jésus.
La première chose, pour un disciple, c’est de rester avec le Maître, de l’écouter, d’apprendre de Lui. Et ceci vaut toujours, c’est un chemin qui dure toute la vie ! Pour moi, par exemple, c’est très important de rester devant le Tabernacle ; rester en la présence du Seigneur, se laisser regarder par Lui. Est-ce que tu te laisses regarder par le Seigneur ? Il te regarde. C’est une manière de prier. Est-ce que tu te laisses regarder par le Seigneur ? Comment faire ? Regarde le tabernacle et laisse-toi regarder, même si tu t’endors, il te regarde quand même, sois sûr qu’il te regarde.
Et cela réchauffe le cœur, tient le feu de l’amitié allumé, te fait sentir que Lui vraiment te regarde, il t’est proche et t’aime bien. Je comprends que pour vous ce ne soit pas si simple : spécialement pour celui qui est marié et a des enfants, il est difficile de trouver un long temps de calme. Mais, grâce à Dieu, il n’est pas nécessaire de tout faire de la même façon ; dans l’Eglise il y a variété de vocations et variété de formes spirituelles ; l’important est de trouver la façon appropriée de rester avec le Seigneur ; cela est possible, c’est possible dans chaque état de vie. En ce moment chacun peut se demander : comment est-ce que je vis ce "demeurer" avec Jésus ? Ai-je des moments où je reste en sa présence, dans le silence, où je me laisse regarder par Lui ? Est-ce que je laisse son feu réchauffer mon cœur ? Si dans notre cœur il n’y a pas la chaleur de Dieu, de son amour, de sa tendresse, comment pouvons-nous, pauvres pécheurs, réchauffer les cœurs des autres ?

2. Le second élément est ceci : repartir du Christ signifie l’imiter en sortant de soi et en allant à la rencontre de l’autre. C’est une belle expérience, et un peu paradoxale. Pourquoi ? Parce que celui qui met le Christ au centre de sa vie se décentre ! Plus tu t’unis à Jésus et plus Il devient le centre de ta vie, Il devient le centre de ta vie, plus Il te fait sortir de toi-même, te décentre et t’ouvre aux autres. C’est le vrai dynamisme de l’amour, c’est le mouvement de Dieu même ! Dieu est le centre, mais est toujours don de soi, relation, vie qui se communiqué… Nous devenons nous aussi ainsi si nous restons unis au Christ, Il nous fait entrer dans ce dynamisme de l’amour. Là où il y a une vraie vie en Christ, il y a ouverture à l’autre, il y a sortie de soi pour aller à la rencontre de l’autre au nom du Christ.
Le cœur du catéchiste vit toujours ce mouvement de "systole - diastole" : union avec Jésus - rencontre avec l’autre. Systole - diastole. S’il manque un de ces deux mouvements, il ne bat plus, il ne vit plus. Il reçoit en don le kérygme, et à son tour l’offre en don. C’est ainsi dans la nature même du kérygme : il est un don qui génère la mission, qui pousse toujours au-delà de soi-même. Saint Paul disait : « L’amour du Christ nous pousse », mais ce "nous pousse" peut aussi se traduire par "nous possède". C’est ainsi : l’amour t’attire et t’envoie, te prend et te donne aux autres. Dans cette tension se meut le cœur du chrétien, en particulier le cœur du catéchiste. Demandons-nous tous : est-ce ainsi que bat mon cœur de catéchiste : union avec Jésus et rencontre avec l’autre ? Est-ce qu’il s’alimente dans le rapport avec Lui, mais pour le porter aux autres et non le retenir ? Je vous dis une chose : je ne comprends pas comment un catéchiste peut rester immobile, sans ce mouvement.

3. Et le troisième élément est toujours dans cette ligne : repartir du Christ signifie ne pas avoir peur d’aller avec Lui dans les périphéries. Ici me vient à l’esprit l’histoire de Jonas, une figure vraiment intéressante, spécialement dans nos temps de bouleversements et d’incertitude. Jonas est un homme pieux, avec une vie tranquille et ordonnée ; cela le porte à avoir ses schémas bien clairs et à juger tout et tous par ces schémas, de façon rigide. Mais quand le Seigneur l’appelle et lui dit d’aller à Ninive, la grande cité païenne, Jonas ne le sent pas. Ninive est hors de ses schémas, elle est à la périphérie de son monde. Et alors il s’échappe, il fuit, il s’embarque sur un bateau qui part au loin. Allez relire le Livre de Jonas ! Il est bref, mais c’est une parabole très instructive, spécialement pour nous qui sommes dans l’Eglise.
Qu’est-ce qu’elle nous enseigne ? Elle nous enseigne à ne pas avoir peur de sortir de nos schémas pour suivre Dieu, car Dieu va toujours au-delà, Dieu n’a pas peur des périphéries. Dieu est toujours fidèle, Il est créatif, Il n’est pas fermé, et Il n’est jamais rigide, Il nous accueille, vient à notre rencontre, nous comprend. Pour être fidèles, pour être créatif, il faut savoir changer. Pour demeurer avec Dieu il faut savoir sortir, ne pas avoir peur de sortir. Si un catéchiste se laisse prendre par la peur, c’est un lâche ; si un catéchiste reste tranquille il finit par être une statue de musée ; si un catéchiste est rigide il devient parcheminé et stérile. Je vous pose la question : quelqu’un parmi vous veut être lâche, statue de musée ou stérile ?
Mais attention ! Jésus ne dit pas : allez, débrouillez-vous. Non ! Jésus dit : Allez, je suis avec vous ! C’est notre beauté et notre force : si nous partons, si nous sortons apporter son Evangile avec amour, avec un vrai esprit apostolique, Il chemine avec nous, Il nous précède, Il nous – je le dis en espagnol - "primerea" toujours. Désormais vous connaissez le sens de cette parole. C’est la Bible qui le dit, pas moi. Elle est fondamentale pour nous : Dieu nous précède toujours ! Quand nous pensons aller loin, dans une périphérie extrême, et que nous avons peut-être un peu de crainte, en réalité Il est déjà là : Jésus nous attend dans le cœur de ce frère, dans sa chair blessée, dans sa vie oppressée, dans son âme sans foi. Jésus est là, en ce frère. Il nous précède toujours.

Chers catéchistes, je vous remercie pour ce que vous faites, mais surtout parce que vous êtes dans l’Eglise, dans le Peuple de Dieu en chemin. Demeurons avec le Christ, cherchons à être toujours plus une seule chose avec Lui ; suivons-le, imitons-le dans son mouvement d’amour, dans son mouvement à la rencontre de l’autre ; et sortons, ouvrons les portes, ayons l’audace de tracer de nouvelles routes pour l’annonce de l’Evangile.

Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge vous accompagne.

(Traduction de Zenit, Anne Kurian)

 

Mgr Carré : « C'est l'Eglise qui évangélise »
Mgr Carré, archevêque de Montpellier, nouveau vice-président de la Conférence des évêques de France, participe au congrès mondial de catéchèse.