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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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A découvrir : « Chantiers », la revue des Fils de la Charité

« Chantiers » est la revue trimestrielle des Fils de la Charité. Son contenu est essentiellement pastoral et spirituel.

Un projet exprimé par les Fils de la Charité en quelques phrases : « vous dire notre passion pour Dieu et pour le peuple, et vous la faire partager », « vous faire connaitre des expériences pastorales et missionnaires », « donner des éléments pour réfléchir et se former, en particulier aux laïcs engagés dans un service de l'Eglise ou une vie chrétienne militante. Et le faire de manière accessible à tous ».
 



Découvrez la revue avec l'article ci-après extrait du n°171 (Sept. 2011).

Le défi de la citoyenneté

« Chaque homme, en naissant, naît dans un espace commun, la pluralité précède l’individu. C’est cela le politique : l’expérience du commun, la mise en commun des actes et des paroles, animée par un goût de vivre ensemble. » (Hannah Arendt)

La citoyenneté demande toujours à être construite
Elle a sans cesse besoin de se régénérer. En effet elle ne peut pas se réduire au cadre légal nécessaire et indispensable : la carte d’identité et l’inscription sur les listes électorales, ce qui est déjà un premier pas pour une citoyenneté « active ». La morale civique ne saurait se contenter du geste (geste fondamental) de l’élection périodique. La citoyenneté se manifeste par une implication concrète dans la vie de la cité, que ce soit au plan local, régional ou national.
Sur ce chemin de la citoyenneté, il y a toujours un dépassement à vivre ou une harmonisation à réaliser entre l’intérêt général et les intérêts particuliers. Les élus qui ont à faire valoir les exigences du Bien commun sont souvent affrontés à cette question, car les administrés ont beaucoup de mal à laisser arbitrer leurs intérêts particuliers par l’intérêt général. Le citoyen a bien du mal de s’abstraire « de sa subjectivité », et de son quotidien et de se percevoir davantage comme participant du corps social au même titre que les autres. Il faut bien le reconnaître chacun voit le monde à l’échelle de sa propre situation. Comme on le répète souvent : « Tout le monde veut une autoroute, mais dans le champ du voisin ».

Les chemins de la citoyenneté
Dans ce processus de construction d’une citoyenneté, nous reconnaissons tous le rôle important des associations, des clubs, des comités de quartier, de ces multiples réseaux qui tissent au jour le jour des liens entre les citoyens. Les associations, par
exemple, sont une importante école de la responsabilité citoyenne ; elles animent et confortent très efficacement le tissu social local. Ce sont dans ces actions communes, dans ces projets élaborés ensemble pour « un mieux vivre » sur un quartier, dans une ville, que s’élabore un véritable apprentissage à la citoyenneté. On a ainsi pu parler de « démocratie ascendante », puisque c’est à partir des questions des citoyens que pourront se construire dans la diversité des opinions, des projets pour un devenir commun. Il ne s’agit pas de faire seulement de la délibération participative, mais d’inviter les citoyens à prendre toute leur place dans la cité. Lors d’un forum d’élus, l’un d’entre eux s’exprimait ainsi : « Rendre les gens acteurs, les faire passer d’individus à des citoyens sortis d’une massification anonyme et hélas souvent clientéliste ».
Ces dernières décennies, on a vu naître des conseils de jeunes dans les communes, les cantons, c’est sans doute un lieu de construction de l’identité personnelle et citoyenne. Ainsi de nombreuses expériences se vivent un peu partout pour inventer les formes les mieux adaptées à l’apprentissage citoyen, spécialement pour les jeunes. A ce titre pourquoi réserver aux seuls étrangers acquérant la nationalité française une cérémonie citoyenne ? N’aurait-on pas besoin de rite symbolique pour
marquer ce passage à l’âge citoyen ?

Une démarche semée d’embûches
Susciter l’adhésion et la participation de tous est une démarche exigeante : Un projet collectif se bâtit toujours avec des tensions, des frustrations. Il faut du temps pour tisser des relations sur un quartier, pour mettre en place des structures acceptables et acceptées pour parvenir à des décisions fédératrices.
On le sait bien tout projet collectif se heurte à bien des obstacles. La valeur dominante n’est-elle pas aujourd’hui celle de l’intérêt individuel ; la logique du marché, du rendement influence les comportements collectifs.
Incivilités, un mot qui nous est, hélas, familier dans les médias… C’est une alerte pour nous dire que la citoyenneté est en panne. Cette absence d’identité citoyenne a de nombreuses causes, sur les quelles les responsables politiques tentent d’agir. Mais n’y a-t-il pas là un signal donné pour exprimer une déception d’une société qui marginalise, qui laisse au bord de la route les plus faibles, ceux qui sont en attente d’un logement, d’un emploi, en un mot d’un mieux « être » auquel ils ont droit !

Dépasser toute frontière
Tout débat sur la citoyenneté porte une utopie qu’une autre cité est toujours possible, marquant ainsi une insatisfaction par rapport aux réponses présentes offertes aux problèmes de l’humanité. En même temps il faut se forger une conviction qu’il y a toujours à mettre en œuvre des potentialités présentes dans la population qui peuvent apporter un mieux « être » ensemble. Enfin une citoyenneté a toujours besoin d élargir ses frontières portant le souci des peuples de la planète (citoyens du monde) et aussi de se projeter vers l’avenir en ayant le souci des générations futures.
Faire naître un sentiment de citoyenneté, redonner une âme à celle-ci demande du temps, de la volonté et surtout bannir toute exclusion. Les religions, selon leur mode propre, peuvent contribuer à cette tâche. D’ailleurs aujourd’hui les pouvoirs publics reconnaissent l’apport « citoyen » des religions. En effet celles-ci constituent toujours une ressource de sens et « une matrice » du lien social. Elles créent souvent des réseaux de « sociabilité » et une capacité de mobilisation, en particulier dans des secteurs territoriaux qui cumulent les « handicaps » sociaux. La vitalité des tissus associatifs qui se réfèrent aux religions, spécialement dans le domaine caritatif, en témoigne.
Le pluralisme religieux ouvre des espaces de dialogue, véritable creuset d’une citoyenneté active.
Les élections qui se profilent pour les mois à venir vont-elle générer de la citoyenneté, l’approfondir, la consolider dans notre pays ? On peut souhaiter que les débats qui prépareront ces élections puissent donner toute leur place aux questions et aux attentes des citoyens.

Jean-Paul Marsaud, Fils de la Charité


► Egalement dans ce numéro, une interview de Jacqueline Rouillon, maire de Saint-Ouen, qui donne sa vision du « Vivre ensemble » dans cette ville de 45.000 habitants (PP. 8-10).

La revue Chantiers est consultable au service documentation de la Maison diocésaine, 6 av. Pasteur à Bondy.

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Les Fils de la Charité sont présents en Seine-Saint-Denis à La Courneuve et à Saint-Ouen.