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Ce 28 décembre, sortie du film « L'Ami, François d'Assise et ses frères »

Un film de Renaud Fély et Arnaud Louvet.
Synopsis

À l’aube du XIIIe siècle en Italie, la vie simple et fraternelle de François d’Assise auprès des plus démunis fascine et dérange la puissante Église. Entouré de ses frères, porté par une foi intense, il lutte pour faire reconnaître sa vision d’un monde de paix et d’égalité.

François est le nom de la paix. C’est ainsi que ce nom est venu dans mon cœur.
Pape François

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EXTRAIT DE L'Entretien avec les réalisateurs

Pourquoi faire un film sur François d’Assise ? D’où est venue l’idée du film ?

Le film est né sur plusieurs années. Au départ, nous ne connaissions que des images d’Epinal de François d’Assise, le prêche aux oiseaux, le loup dompté à Gubbio et deux ou trois autres choses. Nous avions vu les fresques de Giotto et aussi les Onze Fioretti de Roberto Rossellini, que nous aimions beaucoup. Nous savions que François s’était beaucoup consacré à la pauvreté et à la paix, qu’il était italien, ce qui correspondait à certains de nos tropismes personnels. C’était peu, mais suffisant pour nous donner envie d’en savoir plus. Nous nous sommes mis à lire son histoire, son parcours en compagnie de ses frères et nous nous sommes retrouvés devant un personnage hors du commun, complètement fascinant. Un fils de la bourgeoisie d’une des villes les plus florissantes de son temps qui décide de tout plaquer pour aller aider les plus pauvres et prêcher le rêve d’une société fraternelle. A contre-pied des pouvoirs dominants, il réinvente une vie libre, dénuée de toute attache matérielle, en remettant le besoin de l’Autre au centre de tout. Son charisme, son talent oratoire et sa sincérité entraînent derrière lui des hommes de partout, des lettrés, des érudits, des Croisés repentis, des clercs comme des laïcs, mais aussi des paysans ou des miséreux. Et tout le monde vit là, ensemble. Le mouvement s’étend, commençant à poser des problèmes au pouvoir en place… Ce mélange de révolte douce, d’humanisme profond et d’utopie collective nous semblait magnifique à raconter.

En quoi le film est-il en rapport avec notre monde ? Pourquoi le faire aujourd’hui ?

Plus nous avancions dans nos recherches, plus le monde de François nous semblait étrangement familier. Le XIIIe siècle italien nous ressemble beaucoup : l’explosion des inégalités, des guerres quasi permanentes, la concentration des richesses entre les mains de quelques-uns dans une période d’intense essor des échanges commerciaux. L’argent qui circule de plus en plus. Les villes qui s’enrichissent et se referment sur elles-mêmes, chassant les plus pauvres à leurs périphéries ou dans les campagnes. Les exclus qui doivent migrer ou bien errer sans fin… Tout nous renvoyait à des indignations que nous connaissons bien. Encore fallait-il trouver la bonne distance par rapport à la dimension religieuse de François. Nous nous sentions transportés par l’homme, mais un peu écrasés par le Saint. Et Rossellini s’était déjà occupé de son message spirituel. Finalement, c’est en nous souvenant d’un autre film, l’Amadeus de Milos Forman où Mozart est regardé par Salieri, que le déclic a eu lieu. L’idée d’un intercesseur entre le Saint et l’homme, entre François et nous, s’est alors formée. En menant une rapide enquête historique, nous avons découvert l’existence d’Élie de Cortone parmi les premiers frères de François et le conflit central autour de la Règle qui les opposa. L’Ami devenait alors possible.

Quel est le sens du titre L’Ami ? Élie n’est-il pas plutôt le traître, voire l’ennemi ?

Le titre ne parle pas que d’Élie. Nous pensons qu’il est plus générique que ça. L’Ami est plutôt une tension entre les personnages. C’est une circulation, une position que chacun prend par rapport à l’autre au cours du film. L’Ami est parfois avec, parfois contre, parfois en soutien, parfois en opposition, mais cette tension est toujours motivée par la nécessité d’une construction commune. C’est comme une traduction contemporaine du mot « frère », une notion autant intime que politique. En ce sens, réduire Élie à un traître ne lui rend pas du tout justice. Au contraire, nous aimerions que le spectateur partage ses contradictions, qu’il le comprenne et puisse se projeter dans ses questions. Gilles Deleuze disait cette phrase magnifique sur l’amitié, qui nous aide peut-être à mieux comprendre leur relation : « Si tu ne saisis pas le petit grain de folie de quelqu’un, c’est que tu ne peux pas l’aimer. » Nous pensons qu’Élie aime profondément François. Il veut sans doute le servir plus que tout autre et c’est ce qui l’entraîne trop loin sur un plan personnel.