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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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Les hospitaliers de l'Ile-de-France à Notre-Dame de Paris

Mardi 11 février, fête de Notre-Dame-de-Lourdes, les hospitalités de la Région parisienne étaient rassemblées pour prier.

Témoignage

Mardi 11 février, 17h15, parvis de Notre-Dame de Paris, certains sont déjà entrés et "gardent des places" pour ceux qui arrivent petit à petit. Le jour décline, il pleut, il vente, et, à l'intérieur, il fait un froid glacial. Pourtant, la nef est pleine d'hospitaliers venus de toute l'Ile-de-France...

De notre diocèse nous sommes à peu près une vingtaine, à la fois peu et beaucoup étant donné notre "jeune âge" !

Chant des vêpres, célébration de l'eucharistie, foule serrée, priante, autour de Marie, comme à Lourdes, beau moment de communion où tous les visages des absents, des malades, se présentent à mon esprit (un peu engourdi, malgré tout !) et, j'en suis bien certaine, à l'esprit de ceux qui m'entourent.

Nous n'avons pas chanté, si ce n'est intérieurement,

« Puisque tu souffres avec nous
Gethsémani, Vierge Marie
Soutiens nos croix de l'aujourd'hui
Entre tes mains, voici ma vie. »

A Notre-Dame, la beauté et la solennité du chant grégorien - le Magnificat - honorent ce rassemblement, nous plaçant tous dans la Tradition, au sens le plus fort et le plus noble de ce mot, pèlerins au long des âges, hommes et femmes de notre temps et de ce peuple francilien ...

Catherine,
hospitalière du diocèse

 

Homélie

Notre-Dame de Paris, en la fête de Notre-Dame de Lourdes, Le 11 février 2014

« Faites tout ce qu’il vous dira », telles sont les paroles et l’invitation de Marie aux serviteurs des noces de Cana. Ici à Cana comme à Lourdes, depuis ses apparitions à Bernadette, Marie, est celle qui est au service de la joie des convives, de la joie des pèlerins. Plus précisément, elle est celle qui à Cana comme à Lourdes, nous invite au service de la joie de l’Eglise, du corps du Christ.

Cette invitation de Marie, fait écho à celle que le Christ lui-même prononcera pendant le repas de la pâque qu’il partage avec ses disciples : « Vous ferez cela en mémoire de moi ». A Cana, Marie invite les serviteurs à se mettre à l’écoute du Christ et à agir en conséquence. A Jérusalem, c’est le Christ lui-même qui s’adresse à ses disciples : « Vous ferez cela en mémoire de moi ». Ces mêmes paroles, que nous reprenons à chaque Eucharistie, sont des paroles fondatrices pour l’Eglise, pour tous les disciples du Christ, pour tous ceux qui, à Lourdes et ailleurs dans le monde, se mettent au service de leurs frères et sœurs, particulièrement, les plus faibles, les plus fragiles, qu’ils le soient par la maladie, le handicap, la fatigue morale ou physique…

Dans ce « Faites tout ce qu’il vous dira », nous retrouvons la double dynamique de l’écoute de la Parole et de sa mise en œuvre, comme le font les frères, les disciples du Christ. A Pâques comme aux noces de Cana, le Christ ne se contente pas de mots. Tout d’abord il se met aux pieds de ses disciples pour les leur laver. Il se fait serviteur des serviteurs, et leur partage le pain de la vie et la coupe du salut. Voilà en quoi consiste cette invitation du Christ dont nous ferons mémoire dans quelques instants. Etre des serviteurs au service de la vie de nos frères et sœurs en humanité et ce, jusqu’au don de notre propre vie.

Lors de sa première apparition, le 11 février 1858, Marie accompagne et soutient la prière de Bernadette. Ce n’est qu’après que Marie eut fait le signe de la croix que Bernadette put le faire à son tour. Marie elle-même se met au service de la prière de Bernadette l’accompagnant du mouvement des grains de son chapelet. Ce faisant, Marie se met au service de toute l’Eglise qui, depuis lors, vient du monde entier pour célébrer les merveilles de Dieu.

En faisant de ce 11 février, la journée mondiale de prière pour les malades, le pape Jean Paul II, nous rappelait à cette réalité.

En apparaissant à la petite Bernadette, en demandant que l’on bâtisse une chapelle, que l’on vienne en procession, Notre Dame de Lourdes, ne nous demande pas autre chose que ce qu’elle demandait aux serviteurs de Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Faites tout comme le Christ vous le dira. Et ce qu’il nous dit, en ouvrant lui-même la voie, c’est de nous mettre au service les uns des autres en commençant par ceux qui d’entre nous pensent être les plus grands.

C’est la mission et la raison d’être de nos Hospitalités. Etre au service des plus petits, des pèlerins malades ou handicapés, être au service de la joie et de la prière de ces hommes et femmes, qui à Lourdes, viennent auprès de Marie chercher le réconfort et se joindre à la joie de toute l’Eglise.

L’hospitalier doit se mettre d’abord à l’écoute du Christ, le prendre pour modèle, se ressourcer auprès de lui. S’il ne vit pas sa mission comme un service, en faisant cela en mémoire du Christ, risque vite de devenir une machine à pousser, tirer ou porter des malades, au lieu d’être un serviteur des pèlerins que nous sommes tous, et d’être un serviteur du Christ Seigneur. Domino Christo Servire

Tous ceux qui ont eu le privilège de vivre l’expérience de la rencontre à Lourdes en parlent comme d’un avant goût du Royaume de Dieu. Ce Royaume, nous demanderons dans notre prière qu’il vienne en nous et autour de nous. Puissions-nous, par notre vie, en être des artisans.

Alors que nous allons poursuivre cette eucharistie par la fraction du pain, faisant mémoire du don que Dieu fait de sa vie, écoutons encore ces paroles de Marie : « Faites tout ce qu’il vous dira ».

Que Notre Dame de Lourdes oriente notre cœur et tout notre être vers son Fils pour que nous devenions de véritables disciples du Christ Serviteur.

Que Notre Dame de Lourdes veille sur chacun de nous.

P. Fabien Lejeusne, Assomption
Directeur du Pèlerinage National

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