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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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Retour sur la Journée diocésaine des Equipes pastorales (EP)

Durant cette rencontre du 7 avril 2018, trois témoignages ont été partagés sur la mise en oeuvre des Orientations missionnaires à partir de trois points : la proximité, les jeunes, l'unité.

Des membres des Equipes pastorales de Bagnolet-Romainville, Epinay-Villetaneuse, et d'Aulnay-sous-Bois ont partagé une action sur leur territoire. Exemple de la mise en oeuvre de communautés de quartiers à Bagnolet...

Présentation des groupes
de quartiers à Bagnolet

La ville de Bagnolet est située au sud-est de Paris, elle compte 36.674 habitants (chiffres 2015). Nous avons deux paroisses dynamiques et une chapelle. Il existe six groupes de quartiers dont quatre au cœur de cité. Un groupe en décadence du fait qu’il repose sur une seule personne : La capsulerie, Toit et Joie, Le Plateau, Les coutures, Centre-ville (Loriettes), Anatole France (dernier né).

Comment l’idée a germé

C’est à partir de la visite pastorale de notre évêque en 2010, premier élément déclencheur des premiers groupes de quartiers. Cette visite a permis aux prêtres et à la communauté religieuse habitant la cité de La Capsulerie d’être à l’initiative de ces premiers groupes de quartiers.

Comment a-t-elle fait son chemin, auprès de qui et par quels moyens ?

L’idée a fait son chemin par le bouche à oreille, l’accueil du samedi, du dimanche et cela continue encore aujourd’hui. Les communautés de quartiers ont plaisir à se retrouver autour de la parole de Dieu en posant un regard contemplatif sur la vie et sur la ville. Par exemple, en lisant en équipe le mensuel municipal et notant les avancées positives, les nouveaux bâtiments, les familles nouvellement installés dans les divers quartiers, les changements et les évolutions pour le bien commun. Les communautés de quartiers ont travaillé dans le cadre de la préparation du synode de la famille qui a été le projet pastoral avec le père Jeanpie. Elles s’approprient la Joie de l’Évangile dans la rencontre des personnes vivant dans les mêmes immeubles ou quartiers. Les communautés de quartiers sont actives lors des Assemblées paroissiales de chaque rentrée en septembre où chaque année toute la communauté relie ce qui a été vécu et les projets à venir.

Les membres des communautés sont d’horizons divers : chrétiens pratiquants ou occasionnels du monde du travail, de la précarité, des retraités et il ne manque pas de jeunes. A titre d’exemple : en janvier 2015, une rencontre conviviale a été animée par les communautés de quartiers en invitant à la fois des fidèles du dimanche mais aussi des voisins.

Comment les difficultés ont-elles été surmontées ?

Pour qu’une communauté de quartier puisse tenir, il faut au moins deux personnes qui puissent s’épauler, voire se remplacer pour lancer les invitations aux rencontres mensuelles.

À défaut, si cela repose sur une seule personne, le moindre incident de la vie (maladie, accident) peut affaiblir l’engouement. Dans un groupe qui s’essouffle, il faut beaucoup d’énergie pour susciter de nouveaux membres.

Il faut veiller à ce que tout le monde puisse s’exprimer et éviter les bavards qui monopolisent la parole. L’expérience l’a démontré chez nous, dans les six groupes il y a un groupe qui est en décadence parce qu’il reposait sur une seule personne.

Il faut savoir rester à l’écoute des uns et des autres, donner de la priorité aux événements tout en restant attentif à l’ordre du jour. A titre d’exemple, la défenestration d’un enfant dans la cité a éveillé chez les habitants du quartier des témoignages, de la sympathie lors des obsèques, etc.

Il faut aussi ouvrir les communautés de quartiers aux préoccupations de la cité (participation au conseil de quartier de la mairie).

Savoir entendre la souffrance provoquée par la drogue et tout ce qui gravite autour, les veilleurs, les intimidations au quotidien.

Comment a t-on pris le temps de partager en EP les idées qu’on a envie de faire vivre ?

Pour la création d’une nouvelle communauté de quartier, il est nécessaire de partir d’un pilier d’au moins deux personnes qui puissent être les points d’appui de la communauté. Là aussi l’aide de l’EP, des prêtres et des EAP paraît précieuse pour repérer ces piliers ou plutôt ces pierres d’achoppement.

Il faut élargir notre possibilité d’action en mettant à profit les temps forts paroissiaux par exemple :

- l’Assemblée paroissiale,

- la Fête des peuples à la Pentecôte,

- les fêtes des saints patrons des paroisses,

- le Forum des associations dans la ville,

- les rencontres des diverses personnes lors des réunions municipales,

- etc.

Le partage après la Fête des Peuples permet de contacter de nouvelles personnes et de leur proposer de venir découvrir pour rejoindre par la suite, un groupe de quartier ou d’explorer des pistes pour de nouveaux groupes. A ce titre, les membres de groupe de quartier et les EAP sont impliqués et agissent en tissant des liens avec ceux qui arrivent.

Échos des groupes de quartiers

« Nous nous réunissons en moyenne tous les mois entre six et douze personnes pour parler des événements vécus dans la cité et/ou dans nos différentes familles, partage autour de l'Evangile du jour ou d'un texte biblique (ex : la diaconie, la conversion de Saint Paul, le livre la Joie de l'Evangile du pape François, extraits de l’Encyclique Laudate si’, etc. et cette année le livre "Poser un regard contemplatif sur nos villes"). Pour terminer par un partage convivial de ce que chacun(e) a apporté. Soutien et assistance en cas de coups durs et aussi dans les moments de joie. »

« Être en groupe de quartier, c’est la joie de retrouver les autres, une pause où nous prenons le temps de prendre des nouvelles des uns et des autres, c’est Jésus qui vient à notre rencontre pour nous porter. C’est un lieu de ressourcement, on vient chercher la force pour mieux continuer le chemin de la vie quotidienne ; nous prions ensemble pour tous nos voisins ainsi que tous nos collègues ; nous partageons la parole de Dieu comme nourriture pour la route. »

« Je suis chrétienne depuis l'Afrique et je suis habituée à cette chaleur humaine, à l'ambiance après les messes (accolades, rigolades etc.) Alors dès que je suis arrivée ici en Europe et je me suis rendue à la messe pour la première fois, j'ai constaté le manque de cette chaleur humaine, cette joie de se retrouver entre frères et sœurs, cette belle vie chrétienne à laquelle j'étais habituée. Heureusement en cette même période, des fiches nous ont été distribuées pour savoir si l'on aimerait qu'on organise une rencontre avec nos frères musulmans. J'ai épousé cette idée parce qu'elle venait à point nommé, parce que c'était au moment où je traversais des difficultés qui ne disent pas leur nom. Suite à cette rencontre, nous avons formé des groupes de quartier, groupes où chacun se déchargeait de tout ce qu'il a vécu ou ce qu'il vivait. Ces séances de rencontres m'ont beaucoup aidée. En plus elles nous ont permis de nous reconnaître dans les rues, villes et même dans le transport ! Dès qu'on se voit on sait que nous venons de la même communauté et on peut se saluer, rigoler. Je me dis qu'en plus de ma famille biologique, j'ai une famille, celle du Christ et maintenant je me sens comblée. »

Équipe pastorale de Bagnolet
 

Lire aussi l'intervention sur la mission de Franz Lichtlé, prêtre modérateur sur l'Unité pastorale
du Blanc-Mesnil, Dugny, Saint-Louis de Drancy, Le Bourget