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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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Sois un chrétien gonflé, laisse le souffle de l’Esprit agir en toi !

Retour sur le rassemblement des confirmés (jeunes) dimanche 24 juin 2018.

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(c) Diocèse de Saint-Denis-en-France

Sois un chrétien gonflé,
laisse le souffle de l’Esprit agir en toi !

Cette interpellation de notre évêque adressée aux jeunes confirmés en dit long sur ce qu'attend un pasteur des jeunes de son diocèse qui ont reçu « l'Esprit-Saint en plénitude ». S'adressant à eux par une lettre personnelle, en les invitant à se rassembler dimanche 24 juin pour réfléchir au don reçu le jour de leur confirmation et au souffle prodigué dans leur vie.

C'était une première, et comme toute première, elle offre son lot d'incertitudes. Même si le temps était de la partie, les épreuves du Bac ou d'autres examens venant tout juste de s'achever, un certain nombre de jeunes n'ont pu honorer cette invitation.

C'est au cœur de l’établissement Saint-Joseph à Aulnay-sous-Bois que chacun a été accueilli, par ses aînés, ces « grands jeunes » qui dynamisent déjà notre Eglise diocésaine. Au programme : temps festif, partages autour du don reçu, forum aux initiatives, témoignages de confirmés, enfin la messe d'action de grâce et un "envoi" présidé par notre évêque.

Dans sa lettre d'invitation, Mgr Delannoy posait quelques questions pour préparer le terrain de cette journée : « As-tu trouvé ta place dans l'Eglise ? Qu'attends-tu de l'Eglise ? Nourrit-elle suffisamment ta foi ? Y entends-tu un appel à vivre et annoncer l'Évangile dans le monde, en commençant par là où tu es présent ? »... puis notre évêque n'oublie pas de soulever la question de la vocation : « Un appel, peut-être, à suivre le Christ de manière particulière en devenant prêtre, religieux-se, moine, moniale ? »... Les jeunes avaient donc de quoi réfléchir à ces questions existentielles avant de venir.

Sur place, le temps du partage était astucieusement organisé, en petits ateliers d'une dizaine de jeunes assis à même le sol et autour d'une thématique : « Sagesse », « Crainte », « Force », « Discernement », « Piété », et d'un texte des Actes des apôtres. Après un tour de présentation nécessaire pour briser les timidités et les retenues, les jeunes étaient appelés à dire ce qu'ils vivaient depuis leur confirmation, si ce don reçu avait changé quelque chose dans leur vie.

La maîtrise des animateurs et animatrices pour faire émerger petit à petit une parole vraie nourrie par la foi était remarquable. Plus qu'une technique, c'est un "don". Dans les ateliers « Force » et « Piété », des jeunes ont exprimé la difficulté à parler de leur foi dans un contexte sociétal, souvent ignorant ou très critique, ou encore en présence de jeunes d'autres religions qu'ils côtoient tous les jours. « Comment répondre à quelqu'un qui se moque de ma foi, ou qui veut m'imposer sa façon de croire ? », reconnaît l'un d’eux, puis avoue avoir été : « proche de passer de l'autre côté… vers les musulmans ».

Dans l'atelier « Discernement », un jeune livre un beau témoignage sur le don reçu et depuis, sa volonté d'accompagner d'autres jeunes en quête de repères. « Ce chemin passe souvent par la conversion, à l'image de saint Paul ;  il y a une telle distanciation entre la parole de Dieu et les réalités de notre vie aujourd’hui ! »

Nombre de réflexions spirituelles et de témoignages de foi ont été évoqués durant cette heure de partage, un temps trop court pour beaucoup. Ces échanges en vérité ont l'ambition d'éduquer les jeunes au discernement et sont un encouragement à affirmer leur foi d’une façon plus naturelle, sans aucune gêne. Ils reconnaissent que ces lieux de parole n'existent quasiment pas dans leur quotidien. Le rôle de la « communauté » est ainsi reconnu comme indispensable pour vivre une vie en chrétien.

Ces moments de partage ont été consolidés par des initiatives concrètes animées par les aînés, mais aussi avec un débat autour de préjugés... souvent véhiculés par les réseaux sociaux, ou les fakes news qui inondent la sphère Internet.

Réfléchir c'est bien, mais ça donne faim et soif ! L'espace boissons et crêpes – grâce au talent du Père Bertrand – fait recette, avant d'écouter le témoignage des deux compères Gary et Ernest.

Gary et Ernest ont tous deux 26 ans et résident à Neuilly-sur-Marne. Ils sont venus retracer sur le podium installé pour la messe en plein air et devant la grande croix créée par Stéphane Chambry, leur cheminement depuis le sacrement de confirmation. Pour Gary, « la date de confirmation, c'est comme notre date anniversaire de naissance… notre date de naissance, notre date de baptême, notre date de confirmation, trois dates aussi importantes les unes que les autres ». Monté de Lyon, Ernest a rapidement intégré le groupe de La Plaine Saint-Denis. « Là, j'y ai trouvé une belle fraternité, avec de jeunes chrétiens qui m'ont remis sur le chemin de la foi. Ensuite, j'ai mis en pratique ce don reçu en allant en 2013 aux JMJ de Rio au Brésil. Là-bas, j'ai vécu une expérience tellement forte que je me suis dit que ce sacrement de la confirmation avait ravivé une flamme en moi ! » Gary et Ernest se sont plusieurs fois perdus de vue mais ils se sont toujours retrouvés pour vivre et faire grandir leur foi, ensemble et avec d’autres. Gary se rappelle des moments difficiles à surmonter. « Après ma confirmation, j'ai ressenti une solitude… dans mon entourage, mes amis sont musulmans ou convertis. Quand on me posait des questions sur le pourquoi de ma foi, pourquoi je priais ce Dieu, je ne savais pas trop quoi répondre. Ça m'a vraiment remis en question. »

Depuis, ils ont fait du chemin tous les deux dans leur vie quotidienne, mettant le Seigneur au centre de leur vie, en paroles et en actes. Ernest évoque les JMJ de 2016 où le pape François les a interpellés pour qu'ils bougent et soient le présent de l'Eglise. On se souvient peut-être de cette formule adressée au million de jeunes présents à Cracovie pendant la grande veillée de prière : « nous ne sommes pas venus au monde pour végéter, pour vivre dans la facilité, pour faire de la vie un divan qui nous endort » !

« Le Seigneur met sur notre chemin des personnes pour faire fructifier nos dons et charismes reçus de l'Esprit-Saint, nous étions faits pour nous rencontrer, avec d’autres… concède Ernest avec un regard complice vers son ami Gary. « JMJ, Taizé, et depuis quelques années des tournois diocésains, avec la proposition de deux matchs de foot, puis de basket pour associer plus facilement les filles » … Pour ces jeunes, foi et sport cohabitent harmonieusement.  

Et Gary de conclure en citant la parabole de la graine de moutarde, cette petite graine fragile devenue arbre où chacun peut se sentir accueilli. « C'est à nous "confirmés" de faire fructifier cette graine. Ce que tu fais aujourd’hui pourra servir à quelqu'un d’autre demain… n'oublions jamais qu'ensemble, on est plus fort ! »

Oui, la flamme de cette journée n'est pas tombée par hasard un 24 juin, fête de Saint Jean-Baptiste, où selon la tradition, de nombreuses flammes jaillissent à la tombée de la nuit dans de nombreuses villes et villages de France.

Bruno Rastoin