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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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Tous des passionnés de la vie !

Cette passion de la vie, ils l’ont clamé haut et fort, enfants, jeunes et adultes de la Mission ouvrière lors d’un rassemblement à Sevran, pour fêter leurs 50 ans de présence en Seine-Saint-Denis, dans la grande salle paroissiale jouxtant l’église Sainte-Elisabeth.

La Mission ouvrière regroupe plusieurs mouvements par classe d’âges et des membres qui vivent et agissent au quotidien, dans diverses associations de défense des droits, à l'école, dans le monde du travail, sur les enjeux politiques. Ces mouvements issus des milieux populaires se nomment : l’Action catholique des enfants (ACE), la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), l’Action catholique ouvrière (ACO). Les autres membres sont les prêtres-ouvriers, les religieux/ses, les prêtres, diacres et laïcs insérés dans ces environnements. Eliane, co-organisatrice de l’événement, resituait brièvement en ouverture l’ancrage passé et l’importance de la Mission ouvrière aujourd’hui : « En 50 ans, le département a changé, il y a effectivement moins d’usines, mais il y a toujours autant de travailleurs… si ce n’est plus ! » Mgr Delannoy ne manquait pas de rappeler que le point de départ était un souhait de l’Eglise de France, avec la volonté de « rejoindre le monde ouvrier pour mieux le connaître, mieux répondre à ses attentes, à ses questions, et annoncer le Christ et l’Évangile ». Dans la salle, plusieurs panneaux permettaient de se faire une idée du chemin parcouru depuis 50 ans.

Le temps s’annonçait humide ce samedi 9 avril, il l’a été… ils sont arrivés par petits groupes pour vivre cet événement inscrit dans le jubilé du diocèse, qui fête ses 50 ans cette année. Julien ne voulait rater à aucun prix ce rendez-vous. Il y a des temps qui marquent une vie… c’est un peu l’histoire de Julien qui revient des années plus tard dans cette salle qu’il a bien connu, quand il faisait partie d’un groupe JOC, ici à Sevran. « Cela me fait tout bizarre de revenir ici, dans cette salle et de revoir l’église Sainte-Elisabeth ». Comme certains enfants de son quartier, il aurait pu être entraîné vers des chemins sinueux "pas très catholiques". « En fait, c’est grâce au père Patrick et à Philippe que j’ai pris le bon chemin, ils m’ont aidé à m’en sortir ». Aujourd’hui, c’est ce qu’il souhaite pour son fils Nolan qui n’arrête pas de lui tirer la manche pour se faire entendre. « Ce que j’ai vécu, je le souhaite pour mon fils, avoue-t-il avec un brin d’anxiété. La JOC m’a aidé à comprendre ce qui était essentiel dans la vie, le respect des autres, la solidarité, l’importance de prendre des responsabilités au quotidien ». Julien est fier de son fils et confiant : « Nolan a été baptisé à Pâques et l’an prochain, en CE2, il commencera le catéchisme ». Nul doute que son père essaiera de lui faire découvrir dès que possible l’ACE et plus tard la JOC.

Malgré la grande manifestation pour la défense de l’emploi qui a lieu au même moment à Paris, les jeunes de la JOC sont bien présents. Un groupe de Saint-Denis et un autre de Bobigny se font entendre un peu plus que les autres ; ils blaguent, chantent, dansent, une joie se lit sur leurs visages. Au cours de l’après-midi, ils se réuniront à une vingtaine pour débattre sur le projet de loi Travail « El Khomri », apportant ainsi, s’il en est, une réponse aux interrogations de notre évêque. « Quelquefois, quand une structure vieillie, a-t-il souligné lors de son intervention, quand on prend de l’âge, la tentation peut être de s’enfermer dans une nostalgie du passé. Il faut réagir à une telle tentation en ne cessant pas de nous mettre à l’écoute de ceux et celles qui nous entourent pour répondre aux attentes et aux questions d’aujourd’hui, pour continuer à parler aux hommes et aux femmes de notre temps », sans oublier de rappeler quelques engagements et luttes menés par la Mission ouvrière depuis 50 ans.

Des espaces donnent à chacun la possibilité non seulement de s’informer sur les actions en cours mais aussi de dire sur des post-it ou directement sur des murs d’expression les valeurs qu’ils défendent, les situations qui les touchent, les combats menés.

Mazhéva et Amandine, 21 et 25 ans, reçoivent avec un grand sourire à l’espace « formation-emploi-travail ». Toutes deux ont été envoyées par la JOC en service civique d’un an à Bobigny, en lien avec les paroisses du lieu. Elles ont eu un peu le même cheminement. Ce sont les parents ou un frère engagés en Mission ouvrière qui leur ont permis progressivement de s’engager. « Mon frère m’a donné l’envie de militer », avoue Mazhéva. Durant cette année de service civique, elles interviennent auprès des jeunes, notamment au lycée professionnel Sabatier et au Campus des Métiers de Bobigny, sur les questions des droits des jeunes, ou encore pour les informer de « Quartiers libres », une initiative où les jeunes de la JOC vont à la rencontre des habitants des quartiers, cherchant ainsi à établir des ponts entre les jeunes et les adultes. Mazhéva est un peu remontée sur la pratique effrénée de certains jeunes sur les réseaux sociaux. « Trop de jeunes sont "addicts" de leur smartphone et se replient sur eux-mêmes. Ils sortent de moins en moins de chez eux. Il est important d’aller à leur rencontre et de les écouter ; si on ne le fait pas, c’est sûr, ils feront des conneries ! » Amandine se pose déjà la question de l’après service civique, sans perspective de travail pour le moment. Quant à Mazhéva, elle espère rejoindre dès que possible les marins-pompiers de Marseille.

Notre évêque revient souvent sur le fait que les enfants et les jeunes sont le présent et non l’avenir de notre société et de notre Eglise. En pasteur, il les invite à agir : « Enfants, jeunes, je vous invite à profiter de la vitalité de votre jeunesse pour nous réveiller, nous alerter sur un certain nombre de questions actuelles ; d’aider notre Eglise à ne pas être une Eglise endormie mais une Eglise bien vivante, heureuse de fêter son cinquantième anniversaire diocésain ! »

La tente multicolore dressée sur le podium veut incarner le thème de la fête : « Elargis l’espace de ta tente ». Les organisateurs n’ont pas caché le caractère fondamental de la rencontre. « Dans la Bible, Dieu nous demande d’élargir notre regard, d’ouvrir l’espace de notre tente en accueillant des personnes que l’on connaît mais aussi des personnes que l’on ne connaît pas. Tous ensemble, Dieu nous invite à nous ouvrir aux autres, à partir sur les chemins de la rencontre, à partager ce qui nous fait vivre, croire en l’autre, dans l’avenir, et pourquoi pas si nous le voulons rencontrer le Christ vivant au cœur de nos vies ».

Il n’y a pas d’anniversaire sans un gâteau ! Huit enfants et jeunes ont formé, dans un alignement gradué en fonction de l’âge, le mot « Jubilons » pour marquer les 50 ans de la Mission ouvrière ; chaque lettre portant des messages d’espérance pour les années à venir.

B. Rastoin

50 ans de la Mission ouvrière : ce que nous croyons
Livret édité pour les 50 ans de la Mission ouvrière 93
 


Loi travail : La Jeunesse Ouvrière Chrétienne au cœur des débats (Radio Vatican)
Entretien avec la présidente de la JOC, Rina Rajaonary


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