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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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Célébrer le Seigneur... Ensemble ! (N°8 / Déc. 2012-Janv. 2013)

Qu'est-on appelé à vivre quand on célèbre le Seigneur, soi-même, avec les autres chrétiens ? La liturgie, en particulier celle du dimanche, nous rassemble dans la diversité et nous envoie dans le monde, fortifiés au corps et au sang du Christ, pour agir ensemble.

têtière quatre pages 70x70.jpg Lire "Quatre Pages"

« La messe du dimanche »

Par Paule Beaujour, église Sainte-Louise-de-Marillac, Drancy

Le dimanche est un jour "sacré" dans ma famille. Depuis ma petite enfance, c’est la tradition. Je me suis appliquée à transmettre ma foi catholique à mes enfants. A l’église, je viens me ressourcer et reprendre mon élan pour la semaine suivante. C’est mon lieu de prière, celle-ci étant la source de toute vie spirituelle. L’église est le lieu consacré pour adorer notre Dieu trois fois saints, c’est aussi l’assemblée des fidèles. C’est là que j’écoute sa Parole, que je l’approfondis et la médite grâce à l’homélie du prêtre. A la Prière universelle, nous prions pour le monde entier, les communautés, les familles, pour les membres de l’Eglise et pour ceux qui nous gouvernent.

37.jpgL’eucharistie est le moment culminant de la messe. Je "m’imagine" Jésus-Christ à l’autel. Je rends grâce à Dieu d’avoir livré son fils, Jésus-Christ, sacrifié pour le rachat de nos péchés. Il s’est offert par amour pour nous. Puis ressuscité, il est passé à la vraie vie. J’espère toujours, en partant de l’église, que l’Esprit Saint habite en moi et m’accompagne. Notre baptême nous permet de partager cette vie nouvelle avec Lui. L’eucharistie nourrit notre vie. Pendant le temps de la communion, nous commémorons ensemble la parole divine : « Faites cela en mémoire de Moi ».

Notre communauté est composée de personnes de tous les horizons que nous reconnaissons dans notre vie de citoyen. Cela nous permet de nous reconnaître, d’échanger des nouvelles, de s’inquiéter des absents et de nous souvenir des défunts. C’est comme une famille. Nous avons tendance à nous mettre toujours à la même place dans l’église, cela favorise l’identification. C’est la recherche de la fraternité partagée ! Parfois, nous organisons des "portes ouvertes" : « dimanche autrement », ou « dimanche des peuples ». Ces jours-là, nous préparons un buffet qui permet la convivialité entre paroissiens. Ainsi, nous faisons connaissance et communiquons davantage. La messe du dimanche est pour moi incontournable.

« Beauté, grâce et profondeur »

Par le père Daniel Roussière, Clichy-sous-Bois

36.jpgDans notre paroisse de Clichy-sous-Bois, quelle chance de bénéficier de la présence de plusieurs familles tamoules du Sri-Lanka et d’Inde ! Très fidèles et réguliers aux célébrations, ils arrivent et viennent en famille, rappelant ainsi à toute notre communauté paroissiale l’importance et le rôle primordial de la famille dans la célébration de la foi, lieu fort d’apprentissage et de structuration de la vie chrétienne.

Au milieu de notre chapelle délabrée, lieu peu porteur au sens du sacré, les enfants et les jeunes sri-lankais et indiens, par l’apport de danses liturgiques tamoules, apportent beauté, grâce et profondeur spirituelle aux célébrations : invitation pour tous à faire de nos corps et de tout notre être « une louange agréable à Dieu ». Avec l’une de ces jeunes tamoules, un projet d’atelier de danse liturgique est envisagé pour former des enfants du caté à la danse.

29.jpgAux jours de fêtes et de pèlerinages, le rite de l’Arati vient aussi enrichir nos célébrations : danse de vénération et d’action de grâce qui prend place avant le Notre Père. Elle est danse d’élévation et de louange joyeuse à ce Dieu présent dans l’eucharistie et qui se donne pour « la multitude ». Inviter toute l’assemblée présente à chanter quelques refrains en tamoul, inviter aussi les tamouls à apprendre à leur tour d’autres chants dans d’autres langues, c’est permettre ainsi à chacun d’être à la fois accueilli et reconnu et en même temps de s’ouvrir joyeusement à une Eglise universelle et à un Dieu « Sauveur de tous les hommes ». Il reste tant de talents cachés et ignorés sur les bancs de nos assemblées : quelle chance et quelle grâce si nous sachons les mettre en valeur pour permettre à nos célébrations d’être toujours davantage "arc-en-ciel" dans leur vécu et leur déroulement… Vaste chantier !

« Célébrer le Seigneur ensemble… »

Par les Petites Sœurs de l’Evangile en Seine-Saint-Denis 

pierrefitte_autel.jpgDans notre fraternité de Petites Sœurs de l’Evangile, comme pour tous les religieux, la prière liturgique rythme notre vie. Le matin, c’est dans notre oratoire que nous nous retrouvons pour prier les Laudes ; commencer la journée par ce moment de prière nous met chacune et ensemble en présence du Seigneur pour chanter sa louange en notre nom personnel, au nom de notre quartier et de notre paroisse, mais aussi dans ce grand mouvement de l’Eglise priant au nom de l’humanité toute entière. Le soir, après une grande journée remplie de vie, nous nous retrouvons de nouveau pour prier les Vêpres, habitées encore par les personnes rencontrées avec leur lot de joies et de souffrances. Nous terminons notre journée ensemble en la remettant au Seigneur avant de rentrer chacune dans le silence de la nuit.

Les personnes de l’extérieur participent à nos célébrations de manière régulière deux fois par mois. Habituellement, nous chantons les Vêpres et nous prenons un temps d’adoration. Selon les circonstances, il nous arrive d’adapter le temps de prière pour mettre l’accent sur une fête particulière ou un événement important de l’Eglise ou du monde. La nuit du Nouvel An, nous proposons toujours aux personnes qui le souhaitent de se joindre à nous pour faire ce "passage" d’une année à l’autre dans la prière. Après, on prend un moment de fête bien sûr… Ces célébrations sont différentes de celles que nous pouvons vivre en paroisse par le fait même que nous nous retrouvons en "petit groupe", que nous prenons le temps de nous accueillir mutuellement et qu’il est aussi plus facile de partager des intentions de prière plus personnelles. L’espace plus petit de notre chapelle et la disposition sont favorables à ce que nous formions une petite communauté et nous portons ainsi davantage ensemble les intentions des personnes de nos quartiers.

ptes srs de levangile.jpgDans notre mission d’accueil des jeunes pour des retraites ou des temps forts spirituels, nous donnons toujours un espace à des temps de prière ensemble qui peuvent prendre des formes différentes : prière des heures proposée par l’Eglise ou une célébration le matin adaptée au thème que nous allons approfondir dans la journée ; temps de célébration, d’action de grâces ou de "mise sous le regard du Seigneur" qui reprennent des éléments de ce qui a été vécu dans la journée. Alors, nous n’hésitons pas à être créatives, en incluant symboles, textes variés, chants plus parlants pour les jeunes ; l’important étant qu’ils puissent saisir et expérimenter combien la prière nourrit la vie et comment le vécu de la journée trouve aussi tout son sens dans ce retour vers Dieu, dans l’action de grâces et la remise entre ses mains de ce qui a pu être difficile ou moins bien vécu. Si nous donnons toujours de grands espaces à la prière personnelle, les célébrations sont aussi très importantes dans la prise de conscience que nous sommes "Eglise", frères et sœurs en Christ, et que c’est tous ensemble que nous avons à faire notre chemin.

« Célébrer le Seigneur en prison ! »

Par Marie-Josèphe Dubertret, aumônier de la Maison d’Arrêt de Villepinte


Aux limites du département, avec des personne mises à l'écart de la société pour un temps, nous sommes, à la Maison d'Arrêt de Villepinte, une communauté chrétienne bien vivante, qui échange et prie (visites en cellules), médite la Bible (groupe biblique), apprend à chanter la gloire de Dieu (chorale) et qui célèbre et rend grâces tous les dimanches lors de deux messes réunissant environ 130 détenus.

Comment peut-on célébrer Dieu en prison ? La prison arrive comme un temps d'arrêt brutal dans un parcours de vie souvent chaotique, et cela peut être une occasion privilégiée pour revenir sur soi, sur les choix, les actes que l'on a posés. Un temps pour retrouver son identité profonde, qui on veut être et ressentir la soif d'amour, de justice, de Dieu.

La communauté que nous formons avec eux est là pour cela : donner du sens, partager, accompagner fraternellement dans les moments de crise ou de joie, et remercier Dieu pour toutes les grâces reçues… Nous = les détenus, cinq membres de l'équipe, neuf prêtres des paroisses du 93, et dix personnes de l'extérieur qui se relaient pour célébrer et animer les messes du dimanche. Je peux témoigner que la prison peut être un lieu de maltraitance et de dévoiement, mais aussi un haut lieu spirituel ; et le temps des célébrations eucharistiques, un temps de vérité, d'apaisement, « le temps le plus important de ma semaine » me disait un détenu.

Nos célébrations : un moment où chacun se découvre "regardé en entier", dans son histoire qui n'est pas achevée, "pas seulement comme un numéro d'écrou". Un lieu et un temps où on entend que « tout homme est une histoire sacrée », où nous nous adressons au Père pour qu'il fasse de nous des fils dans le Christ. Un temps de réconciliation.

« A propos de "l’échange de chaire" »…

Par Sœur Anne-Marie Petitjean, Service diocésain de l’œcuménisme

Ici ou là, notamment durant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, se pratique ce qu’on appelle un « échange de chaire » entre Églises qui ne sont pas encore en pleine communion. Par exemple, au Raincy et à Aulnay-sous-Bois, des prêtres ont prêché au cours d’un culte protestant et des pasteurs au cours de la messe.

inter-aumôniers dans le plateau.jpgPourquoi parler d’échange de chaire et non d’échange d’homélies ? « L’homélie », au sens strict, est le nom donné à la prédication assurée habituellement par un ministre qui préside ou sert la célébration eucharistique afin de manifester, symboliquement, que c’est bien le même Christ qui nourrit l’Église par la parole et par le pain eucharistique. Les diverses Églises chrétiennes ne sont pas encore en pleine communion et ne peuvent, de ce fait, célébrer la même Eucharistie. C’est pourquoi, l’invitation à prêcher, faite à un ministre d’une autre Église, n’est pas une invitation à concélébrer (l’invité se tient alors de côté) et ne s’appelle pas « homélie » au sens strict, bien qu’il s’agisse d’un « commentaire de la parole de Dieu ». Il s’agit là d’une manière possible mais non habituelle d’assurer la prédication. C’est en tout cas la règle que nous ont donné les évêques de France en février 1994 en s’appuyant sur le Droit Canon. Ce Code dit, en effet, que des laïcs « peuvent être admis à prêcher dans une église ou un oratoire si le besoin le requiert en certaines circonstances ou si l'utilité le suggère dans des cas particuliers, selon les dispositions de la conférence des évêques ». Par analogie, nos évêques en ont conclu que « l’échange de chaire » pouvait être un de ces « cas particuliers » dont toute Église pourrait avoir besoin « en certaines circonstances », de manière non habituelle, donc.

photo 4.jpgLa question ne se pose pas de la même manière pour les « assemblées de prières non eucharistiques ». L’échange de chaire y est, à bon droit, habituel. Dans les deux cas (eucharistie ou autre type de prière), on peut parler de « besoin » des Églises, besoin d’entendre de manière renouvelée « la vive voix de l’Évangile », voix capable de rassembler les enfants de Dieu dispersés, Parole dont l’altérité a de quoi réveiller, surprendre et questionner nos habitudes, y compris ecclésiales. Dans les deux cas, le prédicateur doit s’adresser de manière audible à une assemblée qui a son histoire, ses usages liturgiques, ses repères théologiques et ses accents spirituels propres. L’exercice peut renouveler le prédicateur dans l’art de la prédication puisqu’il est invité à faire davantage attention aux personnes auxquelles il s’adresse. Dans les deux cas, la prédication doit aller au cœur de la foi chrétienne, elle se recentre sur l’essentiel.

Finalement, l’échange de chaire nous rappelle, certes, que notre communion n’est pas encore plénière, mais elle manifeste aussi qu’elle est déjà fort grande… et qu’elle grandit chaque fois que l’on devient davantage chrétien… grâce à l’autre.

« Célébrer le Seigneur… ensemble »

Par les Scouts et Guides de France en Seine-Saint-Denis

Le mouvement Scouts et Guides de France inscrit la relation à Dieu comme un élément fondateur du projet éducatif. « Dans l’Église qui change et s’interroge, notre mouvement, respectueux du cheminement spirituel de chacun, propose de découvrir et vivre l’Évangile. Pour nous, l’Évangile fonde des existences libres. Il est bonne nouvelle et rencontre de Dieu. »2

07.jpgLors de nos activités une réunion un dimanche, un week-end ou un camp c'est aussi le moment de vivre des célébrations en groupe ou avec d'autres communautés. Les groupes Scouts et Guides de France sont toujours rattachés à une paroisse. La proposition spirituelle permet à chaque jeune de vivre des temps de partage sur la foi, des temps de prière et des célébrations qui sont un élément essentiel. Lors de ces célébrations, les jeunes sont invités à préparer et être acteurs de la communauté, par exemple en proposant ou animant les chants, en proposant des intentions de prière, en servant la messe. Les jeunes ont besoin de se sentir acteurs d'une communauté pour mieux la comprendre et se sentir un membre à part entière. Les moments de préparation de messe avec un aumônier peuvent être pour les jeunes des vrais moments de partage sur les textes liturgiques ou sur le sens des gestes dans une célébration. Prier ensemble, faire communauté nous semble essentiel pour permettre aux jeunes de grandir dans la foi.

16.jpgLes groupes Scouts et Guides de France accueillent les enfants et les jeunes sans condition de pratique religieuse. La proposition de la foi est un moment partager par tous et chacun doit trouver sa place selon ses convictions ou ses doutes. Les temps de partage amènent à une plus grande tolérance de chacun dans ses propres convictions. Le groupe scout est bien souvent un lien avec la paroisse pour des jeunes qui n'ont pas ou peu de pratique religieuse en famille. Ce lien, parfois fragile, permet aux jeunes de se sentir faisant partie d'une communauté paroissiale.

« Célébrer »

C'est une revue pour saisir et approfondir le sens de ce que nous vivons dimanche en Eglise… à l’église.
Vous pouvez vous procurer cette revue, éditée par le Service national de pastorale liturgique et sacramentelle :

- en librairie religieuse à Paris à La Procure  - 3 rue de Mézières 75006 Paris - 01 45 48 20 25 - Email 
- en vous abonnant sur Internet
- en venant la consulter à Bondy au Service « Liturgie », 6 avenue Pasteur, Bondy - 01 48 47 91 35)
 

Petite sélection…

N° 284 oct./nov. 1998, dossier « communautés et liturgie »

- Ce numéro traite de la vie liturgique des communautés chrétiennes.
- L’Assemblée dominicale est vitale
- Le jour du Seigneur
- Des témoignages de chrétiens qui s’organisent au service de leurs frères.
- Accueillir l’étranger : baptême chez les tziganes.

N° 289 juin 1999, dossier « Constituer une assemblée célébrante »
- La liturgie qui nous façonne comme croyants
- Une assemblée de frères en Jésus Christ
- Réunis pour faire l’Assemblée du Seigneur (Philippe Barras)
- Une place pour chacun, sans oublier les jeunes

N° 293 janvier 2000, dossier « Solidarité et liturgie »
- Heureux qui pense aux pauvres et aux faibles. Psaume 40,2
- Eucharistie et partage
- Célébrer pour vivre fraternellement
- Quelle place pour l’étranger dans la liturgie eucharistique ?
- La liturgie, source et sommet de la vie morale

N° 298 août 2000, dossier « Nos églises, lieux d’évangélisation »
- Et si nous tirions parti de nos églises pour mieux connaître la foi chrétienne, l’histoire du Salut, la vie de l’Eglise et la liturgie du peuple de Dieu hier et aujourd’hui ?
- Les églises lieux d’évangélisation
- Découvrir la richesse et le sens profond de notre patrimoine

N° 359 avril 2008, dossier « la joie »
- Les chemins de la joie
- Célébrer avec les Pères de l’Eglise, une invitation à la joie
- La joie intérieure en liturgie
- Magnificat chemin de joie
- La joie du Seigneur dans la liturgie ou : qu’est-ce qu’une liturgie joyeuse ?