Cette année, j’ai eu la joie de suivre à l’Institut Catholique de Paris le Diplôme Universitaire “Abus et bientraitance”, une formation exigeante et profondément humaine, au croisement de nombreuses disciplines : psychologie, sociologie, théologie, droit pénal, droit canonique…
Au fil des mois, les cours magistraux, ateliers, études de cas et conférences sont venus nourrir une réflexion à la fois technique, pastorale et spirituelle autour de questions essentielles : écouter, accompagner, prévenir, protéger.
Cette formation m’a permis d’approfondir la compréhension des mécanismes liés aux violences, aux abus et aux dynamiques de maltraitance, mais aussi de réfléchir aux chemins possibles de réparation, de justice et de bientraitance dans nos communautés. Ces enjeux ne concernent pas uniquement les violences sexuelles, mais plus largement toutes les dimensions de la vie de notre Église : le respect et le bien-être des bénévoles, l’attention portée aux mineurs, l’accompagnement des diocésains, la qualité des relations humaines, la juste place de chacun dans nos communautés.
Elle vient également enrichir mon expérience professionnelle et pastorale pour mieux accompagner, avec humilité et compétence, les personnes concernées par ces réalités souvent douloureuses.
Depuis plusieurs années déjà, le diocèse s’engage résolument dans une culture de la bientraitance. Cet engagement se traduit notamment par la professionnalisation et la structuration de la cellule d’écoute et d’accueil commune avec les diocèses de Diocèse de Créteil et de Mission de France. Cette cellule est composée de bénévoles aux compétences professionnelles variées, qui poursuivent régulièrement des formations, tant au niveau de la Conférence des évêques de France qu’auprès d’organismes spécialisés, afin de continuer à accueillir et recueillir la parole des personnes victimes avec sérieux, délicatesse et responsabilité.
Le groupe diocésain “Bientraitance”, engagé depuis maintenant trois ans, poursuit également ce travail de sensibilisation et de mémoire à travers différents temps forts proposés dans le diocèse. Cette année encore, un moment particulièrement beau et profond a été vécu avec les jeunes adultes de 18-35 ans, signe que ces questions concernent toute l’Église et appellent chacun à une vigilance et à une conversion collective.
Près de 400 personnes de notre diocèse, ainsi que le presbyterium, ont déjà suivi la formation de sensibilisation aux violences sexuelles, proposée conjointement avec le CRIAVS : paroissiens, animateurs en pastorale des jeunes, prêtres, bénévoles et acteurs pastoraux de tous horizons.
L’objectif : devenir des veilleurs dans nos communautés et des artisans de bientraitance. Ces formations permettent d’apprendre les processus de signalement, de mieux comprendre les mécanismes des violences sexuelles mais aussi de prendre le temps d’échanger, de débattre et de réfléchir ensemble à partir de films, d’ateliers et de situations concrètes.
Au-delà même de l’Église, elles permettent aussi de prendre conscience de l’ampleur du fléau des violences sexuelles dans notre société tout entière.
Faire grandir une culture de la bientraitance ne relève pas seulement d’une obligation institutionnelle. C’est un chemin évangélique. Un appel à devenir des communautés plus sûres, plus attentives, plus fraternelles, où chacun peut trouver sa place, être écouté, respecté et reconnu dans sa dignité.
Miranda Cartier
Déléguée générale du diocèse de Saint-Denis