“Prendre soin de la Création, sommes-nous concernés ?”C’est autour de cette thématique que Anne Doutriaux, coordinatrice du Mouvement Laudato Si’ pour la France, et François Euvé sj débattront, jeudi 9 avril, de 20h00 à 22h00, dans le cadre d’une table-ronde, qui se déroule à la DDEC, 7 rue Neuve, à Bondy (à proximité de la Maison diocésaine). Evénement gratuit et ouvert tous, croyants ou non.

Alors que les mouvements écologistes et les partis verts agissent depuis des décennies, beaucoup se sont demandé où se trouvaient les chrétiens et en particulier l’Église face à la dégradation inquiétante de notre Maison commune.
La publication de l’encyclique Laudato Si’ par le pape François en 2015 a marqué un véritable tournant. En proposant une « écologie intégrale », il ne s’est pas contenté d’ajouter un thème à la doctrine sociale de l’Église : il a articulé justice sociale, cri des pauvres et cri de la terre, conversion spirituelle et engagement concret. Cela a suscité un réveil, parfois enthousiaste, parfois déstabilisant.
Il faut dire que la question de la Création n’était pas absente du magistère auparavant. Pensons à Jean-Paul II ou encore à Benoît XVI mais avec François, le ton s’est fait plus prophétique, plus pastoral, plus urgent. De nouveaux champs théologiques se sont développés : théologie de la Création revisitée, spiritualité écologique, réflexion sur la sobriété, sur les modes de vie, sur la responsabilité politique des croyants.
Et dans le 93 ?
Dans le diocèse de Seine-Saint-Denis, la question écologique prend une couleur particulière. Ici, l’enjeu environnemental ne peut pas être dissocié de la précarité sociale, du mal-logement, des inégalités d’accès aux espaces verts, de la pollution, des difficultés de transport.
Parler d’écologie en Seine-Saint-Denis, c’est immédiatement parler de justice sociale. C’est se demander :
- Qui subit le plus les nuisances environnementales ?
- Qui a accès à une alimentation saine ?
- Comment sensibiliser des familles déjà accaparées par des urgences économiques ?
- Comment proposer une écologie qui ne soit pas culpabilisante mais libératrice ?
Pour notre diocèse, l’enjeu est pastoral. L’écologie intégrale peut devenir :
- Un lieu de dialogue avec des jeunes très sensibles aux questions climatiques ;
- Un pont avec le monde associatif local ;
- Une manière concrète de vivre la fraternité.
- Un chemin de conversion communautaire (gestion des bâtiments paroissiaux, choix de consommation, jardin partagés, temps de sensibilisation).
Aujourd’hui, le défi est de rassembler les chrétiens, laïcs, diacres et prêtres, attentifs à cette question. Le mouvement Église Verte pourra sûrement nous aider.