Il m’a été offert pour Noël le magnifique récit de L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono. Un texte court, mais d’une profondeur saisissante, qui nous offre une véritable leçon de vie.
L’histoire se déroule avant la Première Guerre mondiale, puis se poursuit après celle-ci. Le narrateur y raconte sa rencontre avec un berger solitaire, vivant dans une région aride, presque abandonnée par la vie. Face à cette terre desséchée, à ce paysage désertifié, cet homme fait un choix étonnant : celui de ne pas se résigner.
Jour après jour, dans la discrétion la plus totale, il plante des arbres. Avec patience et rigueur, il sélectionne soigneusement ses glands, une centaine, pas un de plus et les met en terre. Inlassablement. Fidèlement. Presque en silence. « Il avait jugé que ce pays mourrait par manque d’arbres. »
Dix ans plus tard, après la guerre, le narrateur revient dans cette région. Ce qu’il découvre est
bouleversant : là où régnait la désolation, la vie a repris. Une forêt est née. Et cette phrase résonne alors comme une révélation : « Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l’âme de cet homme, sans moyens techniques, on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans
d’autres domaines que la destruction. »
Une question peut surgir alors : Dieu était-il à l’œuvre dans cette transformation silencieuse ? Peut-être que Dieu agit précisément ainsi. Dans la patience, dans la fidélité, dans les gestes simples et cachés. À travers des hommes et des femmes qui choisissent de construire plutôt que de subir, de semer plutôt que de désespérer.
Ce récit fait profondément écho à l’appel du pape François dans Laudato si’. Il nous invite à devenir, chacun à notre mesure, des artisans de la création, attentifs à la terre comme aux plus fragiles. Car planter un arbre, aujourd’hui encore, c’est poser un acte de foi. C’est participer humblement à l’œuvre de Dieu.
Et si, nous aussi, dans nos vies, dans notre diocèse, nous devenions des « planteurs d’arbres » ? Venez, on en discute au cours de la conférence qui aura lieu le jeudi 9 avril 2025 à 20h00.
Je ne manquerai pas de transmettre ce texte à mon fils. Parce que certaines histoires ne se contentent pas d’être lues : elles se transmettent… et elles transforment.
Miranda Cartier, déléguée générale du diocèse de Saint-Denis