Le 2 février 2026, comme chaque année, nous avons célébré outre la Chandeleur, la Journée de la Vie consacrée. Durant le Carême, les jeunes sont également invités à découvrir la vie monastique grâce au dispositif “Pause au monastère”. Mais qu’est-ce que la vie consacrée exactement ? Retour sur deux journées vécues en novembre 2025 dans le diocèse, où nous avons eu l’occasion de découvrir la figure remarquable d’un moine d’exception, Dom Guéranger.
Un week-end diocésain à Saint-Denis autour du souvenir d’un moine bénédictin hors du commun
Les 22 et 23 novembre 2025, les jeunes du diocèse ont célébré les journées diocésaines de la jeunesse “en mode grégorien”, à la basilique-cathédrale Saint-Denis. Un week-end marqué par la pièce de théâtre ¨Dom Guéranger, moments d’une vie¨, la prière des heures en grégorien, un temps de louange, des conférences, des temps d’adoration et des messes.
A travers la figure de Dom Prosper Guéranger (1805-1875), il s’agissait pour les jeunes diocésains (et les moins jeunes) de découvrir la richesse musicale et la dimension spirituelle du chant grégorien, qui conduit à Dieu par la pureté des voix, la sobriété des mélodies et l’atmosphère contemplative qu’il suscite. Cet événement qui s’est déroulé à la Basilique-cathédrale Saint-Denis et à la Maison paroissiale Saint-Denys était organisé par l’association Dom Guéranger œuvrant pour la béatification de ce moine, le Pôle Jeunes du diocèse et la basilique Saint-Denis.
Durant ces deux jours sur les pas de l’illustre personnage, refondateur au XIXe siècle de la vie bénédictine en France, les participants ont vécu une expérience inédite en immersion dans l’univers grégorien au milieu de moines d’aujourd’hui venus de toute la France, pour l’occasion.
Grâce à la pièce d‘Yves Vouteau ¨Dom Guéranger, moments d’une vie¨ jouée dans la basilique par des comédiens amateurs aussi enthousiasmants que des professionnels, les spectacteurs ont pu appréhender la richesse de cette vie de moine passionnément donnée à la prière, au chant et à l’Eglise. Ni le froid de la basilique (ce week-end là, quelques flocons de neige étaient tombés), ni la durée annoncée de la représentation (2h45, avec entracte) n’ont eu raison de la curiosité du public qui souhaitait comprendre le rôle-clé qu’a joué Dom Guéranger dans l’histoire de l’Eglise, et que contaient les comédiens.
Au fil des scènes, le jeune moine Dom Guéranger arrivé en 1833, avec quelques compagnons dans le prieuré de Solesmes – tombé en ruine suite à la Révolution française -, armé de sa seule foi, pour y restaurer la vie monastique selon la règle de saint Benoît, devient abbé du site bientôt promu comme abbaye. A la tête de la nouvelle Congrégation de France de l’ordre de Saint‑Benoît, Dom Guéranger, non sans rencontrer d’obstacles, milite pour l’abandon des liturgies diocésaines particulières et le retour à l’unité de la liturgie romaine en France, ce qui fera de lui l’un des initiateurs du mouvement liturgique moderne. Il lance la grande entreprise de restauration du chant grégorien à Solesmes, qui deviendra la référence pour toute l’Église jusqu’au Concile Vatican II.
Aujourd’hui encore, l’abbaye de Solesmes qu’il a refondée, reste un centre important pour la liturgie, le chant grégorien et la vie monastique.
Après avoir parcouru par le biais de cette pièce la vie du moine, les participants ont pu goûter tout au long du week-end, avec la prière monastique des Heures dirigée par les moines venus à Saint-Denis, au chant grégorien qu’il rénova. Ils ont pu approfondir ses divers apports à travers des conférences et une table-ronde sur le thème « La prière est pour l’homme le premier des biens » dom Guéranger « L’office divin est pour tous » saint Paul VI¨, animée par Samuel Pruvot, rédacteur en chef de Famille chrétienne, à laquelle participait notamment notre évêque, Mgr Etienne Guillet.
Témoignage de Dom Geoffroy Kemlin, Père Abbé de Solesmes
Témoignages de jeunes diocésains sur ce week-end
Interview d’Yves Vouteau, auteur de la pièce “Dom Guéranger, moments d’une vie”
La Vie consacrée, c’est quoi au juste ?
La vie consacrée désigne une manière spécifique de suivre le Christ par un don public, stable et total de sa personne à Dieu, fondé sur les conseils évangéliques (chasteté dans le célibat, pauvreté, obéissance) pour le service de l’Église et du monde. Elle ne se limite pas aux « religieux » au sens courant du terme, mais regroupe aujourd’hui plusieurs formes de vocation reconnues officiellement par l’Église.
Les grandes formes de vie consacrée
- Vie religieuse apostolique (congrégations engagées dans l’éducation, la santé, la solidarité, la mission, etc.).
- Vie monastique et contemplative (moines, moniales, cloîtrés, centrés sur la prière, la liturgie, la vie fraternelle).
- Instituts séculiers (consacrés vivant « dans le siècle », souvent seuls, avec un engagement professionnel ordinaire mais une consécration totale à Dieu).
- Sociétés de vie apostolique (communautés de prêtres ou de laïcs consacrés, orientées vers une mission apostolique particulière, sans vœux religieux au sens strict).
- Autres formes reconnues : ermites, vierges consacrées, veuves consacrées, selon des rites et des règles propres.
“Pause au monastère”, une invitée adressée aux jeunes 18-35 ans durant le Carême
Pour la 8e année, le Service Jeunes et Vocations de la Conférence des évêques de France (CEF) en collaboration avec le Service des Moniales et d’autres acteurs comme Vie Monastique et Ritrit réitèrent l’opération « Pause au monastère » qui s’adresse aux jeunes 18-35 ans.
“Pause au monastère” vise à leur faire découvrir la vie monastique, leur permettre de se recentrer sur l’essentiel, de discerner leur vocation, en partageant le quotidien des moines et moniales, durant le temps de l’Avent et du Carême.
Aujourd’hui, elle mobilise plus de cinquantes monastères participants, en France et en Belgique. Les inscriptions se font via des cartes interactives ou par contact direct. Des covoiturages sont souvent organisés pour se rendre sur ces lieux.