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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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Un peu d'histoire...

Le 8 octobre 1966, Rome annonçait la création des nouveaux diocèses d'Île-de-France. Un mois plus tard, le dimanche 6 novembre, avait lieu la messe d'intronisation de Mgr Jacques Le Cordier, premier évêque de Saint-Denis.

« Un diocèse qui naît, c’est l’espérance d’un renouveau de la vitalité spirituelle dans une région déterminée, d’une action mieux adaptée du clergé et des militants pour atteindre plus efficacement les chrétiens de toujours, mais aussi les autres qui sont "ordonnés à l’Église", même s’ils l’ignorent. », c’est par ces mots que le Nonce, Mgr Bertoli, tenait à souligner l’importance de cette création. La nouvelle Église de Saint-Denis-en-France allait prendre son essor.

Au cours de son homélie, Mgr Jacques Le Cordier esquissait un premier projet diocésain :
« Comment, en Église, serons-nous parmi nos frères du monde "le Christ avec eux" ? » D'abord, par un regard très attentif et fraternel aux conditions de vie du monde tel qu’il est. Aimons, mes biens chers frères, toutes les villes que vous représentez. Participez à leur développement, à leur équipement humain, scolaire, social… et religieux. Comme le Christ, nous devons nous faire tout à tous, mais, suivant l’esprit de l'Évangile, nous serons particulièrement sensibles à ceux qui peinent et qui souffrent.
Ainsi, dans une pastorale d’Église qui s’adresse à tous, nous porterons une attention privilégiée au monde du travail, si largement répandu dans notre département : dans le respect des personnes, dont les convictions sont souvent très étrangères à la foi, nous estimons les valeurs de justice, de solidarité, de générosité qui se manifestent et qui, nous l’espérons, peuvent, sous l’action de l’Esprit, être un jour assumées et achevées par le Sauveur qui est Justice, Amour et Don, Lui, qui apporte la certitude que tout l’effort des hommes n’est pas vain. »

L’annonce de l’Évangile

Le mardi 11 octobre 1966, une interview donnait l’occasion à Mgr Jacques Le Cordier de s’exprimer dans la presse et de présenter son nouveau diocèse :

« L’évêque résident à Saint-Denis est devenu l'évêque "DE" Saint-Denis. La moitié Ouest de l’ancien archidiaconé (Neuilly et la boucle de la Seine) passent aux Hauts-de-Seine, c’est-à-dire au nouveau diocèse de Nanterre ; la moitié Est (Saint-Denis, Drancy) s’étendra jusqu’à Montreuil, Rosny, Villemomble. En outre, plusieurs doyennés de l’ex-Seine-et-Oise et de l’ancien diocèse de Versailles : Le Raincy, Aulnay-sous-Bois et Neuilly-sur-Marne, font aussi partie du nouveau diocèse de Saint-Denis. Soit trois quarts pris à l'ancien diocèse de Paris, un quart à l‘ancien diocèse de Versailles. Cela est vrai aussi pour sa population : 1.200.000 dont 300.000 de l’ancienne Seine-et-Oise. Cela est vrai enfin du clergé, 258 prêtres : 195 de l’ancien diocèse de Paris, 63 de l’ancien diocèse de Versailles. Le département couvrant 236 kilomètres carrés, cela représente 1 prêtre au kilomètre carré, soit 1 prêtre pour 4.600 âmes. Nous sommes, de ce point de vue du nombre de prêtres en activité, le diocèse le plus « sous équipé » de France. (…) Si une attention prioritaire doit être apportée à ce monde du travail, aussi bien pour l’annonce de l’Évangile que pour le service des hommes, l’Église est l’Église de tous les milieux, de toutes les nuances sociales. Notre pastorale ne sera donc pas seulement une pastorale ouvrière, mais une pastorale d’Église, au sein de laquelle tout membre du peuple de Dieu est appelé à être témoin du Christ. Notre témoignage dépend de la coopération humble et sincère que nous apportons, chacun à notre place, à l’effort commun de tous les hommes pour la construction du monde. A l’exemple du Christ, nous avons non pas à être servis mais à servir. »

Source : archives diocésaines

Une histoire qui remonte loin

Le diocèse de Seine-Saint-Denis a été créé en 1966. Le Père Le Cordier en a été nommé évêque le 9 octobre 1966, la même année que les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise étaient découpés pour former les nouveaux départements de l'Ile-de-France. Pourtant l'histoire de l'Église en ce département est une longue histoire…

Au milieu du IIIe siècle, Denis, premier évêque de Paris selon Grégoire de Tours, fait partager sa foi en Jésus-Christ avec ses deux compagnons, l'un prêtre, l'autre diacre, Rustique et Eleuthère. Emprisonnés par les Romains, ils sont décapités et meurent en martyrs sans renier leur foi.

En 475, sainte Geneviève fait établir une première communauté sur le site actuel de la cathédrale Saint-Denis. Elle propage le culte de Denis dont la légende dit qu'il se serait redressé après son martyre, et aurait porté sa tête dans ses bras depuis Montmartre jusqu'à l'emplacement actuel de la basilique. C'est sur ce même lieu, en l'an 630, que le roi Dagobert fait bâtir une église. Il s'y fait enterrer en 639. En juillet 754, Pépin le Bref, le fils de Charles Martel, maire du palais, reçoit dans la basilique le saint chrême royal des mains du pape Etienne II. C'est l'origine d'une longue histoire royale de la basilique-nécropole, rehaussée et embellie par l'abbé Suger (1122-1151) au XIIe siècle.

En 1757, la ville de Saint-Denis n'a encore que 3.000 habitants. Son développement s'est essentiellement réalisé grâce à l'industrialisation axée sur la métallurgie lourde, en bénéficiant de l'apport successif de population venant d'ailleurs : au XIXe siècle, des provinciaux, notamment Picards, Bretons, Alsaciens - au XXe siècle, des Espagnols, des Polonais, des Italiens, et des Portugais, bientôt relayés par les peuples du Maghreb, et plus tard, des Antilles, de la Guyane ou de la Réunion, puis par les Cap-Verdiens, les Africains de l'Ouest, les réfugiés politiques du Sri-Lanka ou du Sud-Est asiatique, sans parler des populations des anciens comptoirs français de l'Inde du Sud.

Une histoire plus récente

L'industrialisation dans le département s'est faite globalement hors de l'influence chrétienne, sinon par l'apport de petites communautés provinciales ou latines. Le mouvement ouvrier, bien implanté dans cette "banlieue rouge", s'est développé et organisé souvent contre l'Eglise, perçue comme dépendante de la grande bourgeoisie de l'époque. Les églises bâties dans les années 1930 sont des points de repères sur fond d'indifférence assez générale sinon d'hostilité.

Dans cette ambiance, des chrétiens ont su donner courageusement le témoignage d'une présence et d'un engagement aux côtés des plus démunis, des plus exploités. Ils ont permis que se développe peu à peu un climat d'estime et de confiance. Les mouvements d'Action catholique, notamment en monde ouvrier, ont été et demeurent une école apostolique qui a marqué toute une génération de "militants" de l'Évangile au cœur de ce département.

Aujourd'hui, la physionomie du département a bien changé avec la disparition ces dernières décennies des grandes entreprises industrielles. Des réalités nouvelles demandent à être prises en compte, comme les bassins d'emploi de Roissy-Paris Nord II et de la Plaine-Saint-Denis.

La pratique religieuse est faible. On rencontre une grande diversité de pratiques, soit chrétiennes (catholiques, orthodoxes ou protestantes), soit juives (environ 150.000 séfarades, pour la plupart venus d'Afrique du Nord et pourvus d'un bon réseau de synagogues), soit musulmanes, soit hindouistes ou bouddhistes. Dans plusieurs des villes du département, les habitants de confession musulmane sont très nombreux - majoritaires dans certains quartiers ; pour autant, les communautés musulmanes ne disposent pas toujours d'une mosquée, mais plus souvent de salles de prières mal adaptées à leurs besoins.

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