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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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La liturgie chrétienne (N°34 / Avril - Mai 2017)

Toute célébration liturgique est le lieu où nous sommes nourris de la Parole vivante et vivifiante où le Christ nous raconte le Père. Nous faisons mémoire des merveilles réalisées pour nous par le Dieu de l’Alliance, surtout du mystère de Pâques : le Christ est mort et ressuscité pour nous.

« Par le Christ, les uns et les autres, nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père »
Ephésiens 2, 18

 

En mémoire du Christ

De la messe à la rue

Une relation se noue

Le Seigneur m'a restaurée

Dans la confesssion, c'est le Christ qui guérit

L'eucharistie, une nécessité

La messe, relation avec Dieu et lieu de socialisation

Le rite zaïrois de la messe

Dieu nous accueille en sa maison

Un moment de rencontre personnelle avec Dieu

Repères

 

 

 

En mémoire du Christ

Georges Khamis, délégué diocésain à la pastorale liturgique et sacramentelle

« Vous ferez cela en mémoire de moi » Luc 22,19. Cette parole du Christ, à la fin du dernier repas, prend tout son sens pour nous dans la célébration eucharistique, mais aussi dans d’autres célébrations liturgiques1 et dans le service (ou sacrement) du frère.  
La Pâque du Christ ne cesse pas d’agir, de produire ses grâces, pour nous, ici et maintenant comme l’exprime l’oraison du 6e dimanche de Pâques : « Dieu tout-puissant, accorde-nous, en ces jours de fête de célébrer avec ferveur le Christ ressuscité. Que le mystère de Pâques dont nous faisons mémoire reste présent dans notre vie et la transforme.
Les sacrements, liturgies de l’Eglise, sont des signes visibles des dons gratuits de Dieu, ils nous donnent naissance, croissance et guérison le long de notre existence.

La liturgie eucharistique est le sommet des liturgies. En réponse à l’appel du Christ, le dimanche, premier jour de la semaine, jour du Seigneur, nous nous levons pour notre pèlerinage hebdomadaire. Nous sortons pour constituer l’Assemblée2. « Pour constituer cette assemblée sainte, corps du Christ, l’Esprit saint commence par appeler chacun de nous à la conversion, à se retourner vers le Père »3.    

La grande liturgie de l’Eglise

A la suite des Pères de l’Eglise, le concile Vatican II nous rappelle que nous sommes en assemblée pour vivre une célébration liturgique qui nous fait entrer dans la joie du Père. Elle s’inscrit dans la « Grande Liturgie » universelle célébrée en communion avec tous les saints d’hier et d’aujourd’hui. Elle nous rappelle notre destination finale car « Dans la liturgie terrestre, nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem à laquelle nous tendons comme des voyageurs, où le Christ siège à la droite de Dieu4. »

En participant à la célébration eucharistique, nous participons au don même du Christ. Le pain et le vin, nos dons présentés par le prêtre au nom de tous, deviennent, par l’action de l’Esprit Saint, le corps et le sang du Christ, don de Dieu pour nous. Car « Tout don excellent, toute donation parfaite vient d’en haut et descend du Père des lumières » (Jacques 1, 17a).

Communier au corps du Christ, lui, dont le grand désir est d’être avec nous, Emmanuel (Matthieu 1, 23), c’est communier, aussi et en même temps, avec nos frères et sœurs. Le Christ ne vient jamais seul vers nous et en nous, il est toujours accompagné, surtout par le frère qui souffre.        
A toute célébration, nous rendons grâce, nous disons MERCI, nous communions à la source qui nourrit notre foi et donne sens à notre agir chrétien dans le monde.
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1Les sacrements, l’office des heures, les funérailles.

2Le dimanche est le jour de l’assemblée.

3Jean Corbon, Les lieux de communion, Paris éd. Du Cerf p.25

4Constitution sur la sainte liturgie n° 8  

 

De la messe à la rue

Père Georges Lumen Ouensavi, Fils de la Charité, La Courneuve

On m’a demandé en septembre 2016, d’accompagner une équipe de jeunes du diocèse qui ont à cœur de mettre en pratique la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Elle nous invite à sortir de nos églises pour aller à la rencontre des autres, d’où son nom EMS, l’Evangile de la messe à la street (rue). Nous avons donc mobilisé les 18-35 ans du diocèse pour le vivre concrètement suite à la Messe diocésaine des jeunes. Notre évêque, Mgr Pascal Delannoy, très proche des gens, nous y a encouragés et a vécu cela avec bonheur avec nous. J’ai fait une catéchèse à deux voix avec le Père jésuite Host, pour montrer comment l’Evangile peut être bonne nouvelle pour les pauvres, les laissés pour compte de notre société : un chômeur, un précaire, un réfugié, un migrant, etc. Pour amener les jeunes à comprendre que la foi est du domaine du relèvement de l’Homme. Nous écoutons la parole de Dieu à la messe, mais nous ne pouvons pas en rester là. Nous sommes envoyés vers les "périphéries" pour apporter les fruits de l'expérience que nous avons faite avec Dieu. La rencontre avec le Christ nous pousse vers ceux qui souffrent à cause de la maladie, des injustices, de la pauvreté matérielle et spirituelle. Nous avons écouté la Parole de Dieu, nous l'avons dans le cœur, mais elle ne pourra grandir que si nous la donnons aux autres. C'est une mission pour tous les baptisés : écouter Jésus et le donner aux autres. Il y a entre l’Eucharistie et le service du frère, un lien de la rencontre, du partage, de la compassion.  
Sortis de ce temps de catéchèse, les jeunes ont été envoyés sur les routes des hommes pour vivre des œuvres de miséricorde. Mais comme nous ne sommes pas des spécialistes de la solidarité et de la charité, nous sommes tenus de nous organiser et de nous mettre à l’école des associations existantes pour leur proposer notre aide. Ce que nous avons essayé de mettre en place. Les jeunes que nous avons mobilisés ont été très réceptifs à ce qui leur a été transmis, ils continuent à se réunir en petits groupes pour en parler et pour faire des actions solidaires ensemble.
Un autre rassemblement de cette envergure est prévu pour le dimanche 21 mai à la paroisse St-Yves de La Courneuve avec la présence de notre évêque.

 

Une relation se noue

Sœur Marie-Geneviève Poulain, Religieuse de l’Assomption, Les Pavillons-sous-Bois

La Prière des Heures… Et si la plus belle partition de notre vie se jouait là, respiration et cœur vibrant ensemble au rythme de nos existences, et de celle du psalmiste ?…

Une respiration qui rythme le temps, où chacun se pose, se calme, se rend présent à ce qu’il va vivre, ici et maintenant : « Sept fois chaque jour je te loue » (Ps. 118,164) « Pour moi, je crie vers Dieu ; le Seigneur me sauvera. Le soir et le matin et à midi, je me plains, je suis inquiet. » (Ps. 54,17-18)

Un cœur qui bat aux résonnances, aux états d’âme multiples, au fil des psaumes, tantôt vigoureux, heureux, tantôt fatigué, blessé, violent…Chaque nuance de l’émotion humaine s’y exprime. Chacun peut trouver dans les psaumes, une consonance avec les événements de sa vie, des images et des mots lui sont prêtés pour parler à Dieu. Le langage simple des psaumes va droit au cœur de Dieu, les deux cris essentiels de la prière psalmique ne sont-ils pas « Au secours » et « Alléluia !» ? Les psaumes sont faits aussi pour la musique qui leur donne le rythme et la vie.

C’est dans ce souffle, dans ce cœur qui bat, que le croyant entend alors Dieu lui répondre, il en fait l’expérience : « Tu m’as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue dans la grande assemblée. » (Ps.21, 23)

La foi sans cesse nourrie

Vivant pour la 3e année dans la communauté de formation des Sœurs de l’Assomption à Pavillons-sous-Bois, j’ai la joie de donner les cours de liturgie aux novices. Comme le souligne notre Règle de Vie : « L’office divin ouvre les sœurs à une spiritualité large et universelle. Il donne aux communautés un caractère de joie et de louange, qui marque leurs relations et leur apostolat. Leur foi est sans cesse nourrie, et elles s’enrichissent elles-mêmes de la sainteté de tout le Peuple de Dieu. »

Par ailleurs, sur la paroisse de Notre-Dame de Lourdes, j’anime tous les quinze jours, un groupe de Parole et Prière, une lecture priante de la parole de Dieu, à travers la lecture continue de l’évangile selon Saint Marc. Sur l’école de l’Assomption de Bondy, des ateliers d’intériorité lancés depuis 2 ans, permettent aux enfants de CM1-2 de s’éveiller à leur intériorité, de développer une attention consciente et le calme intérieur.

Le Christ prie en nous
L’Eglise a toujours tenu la Prière des Heures pour la prière du Christ lui-même. Nous sommes chargés de la continuer, c’est à dire de laisser le Christ la vivre en nous. Sommes-nous assez conscients de cette belle mission ? Notre prière prolonge jusqu’à la fin des temps la louange commencée ici-bas par le Fils unique venu en ce monde. Celui qui prie les psaumes les prie « en tenant la place du Christ lui-même » ; Saint Augustin en parlant des psaumes a cette parole étonnante : « Notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu (…) prie pour nous, prie en nous et est prié par nous. » Nous faisons monter vers Dieu les mots qu’il a lui-même prononcés, sa propre Parole. On pourrait adapter la phrase de Saint Paul (Galates 2, 20) : « Ce n’est plus moi qui prie, c’est le Christ qui prie en moi. »

Se nourrir de la lumière pour donner la lumière

Marie-Eugénie, notre fondatrice aimait dire : «  Il faut se nourrir de lumière pour donner de la lumière ». A l’Assomption, la Prière des Heures réunit la communauté 4 fois par jour : le matin pour les laudes, au milieu du jour pour les lectures, en fin de journée pour les vêpres et le soir à complies. Nous prêtons notre corps, notre cœur, notre voix à la Parole et celle-ci nous travaille, nous transforme, elle nous façonne comme communauté, elle nous fait advenir « corps ». L’office nous rend attentives à la Présence de Dieu au cœur de nos vies, nous fait communier aux joies et aux peines des hommes et des femmes de notre temps.

Si nous regardons la structure d’un office, elle est celle de toute liturgie de la Parole. Elle présente 2 pôles : Dieu parle à son peuple qui écoute ; Le peuple répond à son Dieu.

Un dialogue s’instaure, une relation se noue. Mais pour reconnaître Dieu qui nous parle, nous avons besoin de nous préparer à l’écoute, de nous mettre en attitude d’écoute. C’est alors seulement que la Parole de Dieu pourra faire toute son œuvre en chacun, et que la réponse de tous pourra se faire prière. Déjà se dessine une dynamique : préparation puis écoute ; adhésion et prière.

Cris d'appel et de louange

On peut dire que chaque temps d’office tient entre deux cris : un cri d’appel et un cri de louange, d’action de grâce. Entre les deux, une alternance de temps forts et de temps faibles crée le rythme.

D’abord, c’est une intonation qui met en attitude de prière : « Seigneur ouvre mes lèvres » (Psaume 50, 17) ou « Dieu, viens à mon aide » (Psaume 69, 2)

Puis vient l’hymne qui ouvre la prière à ses dimensions cosmiques, liturgiques. Elle donne à chaque office sa tonalité propre : matin ou soir, Avent ou Noël, Carême ou Pâques. Elle est comme le porche d’entrée de la prière.

Les psaumes qui suivent creusent le désir de la rencontre du Seigneur, ils habillent le cœur de louange, d’admiration, d’action de grâce et lui donnent aussi les mots pour crier sa plainte, sa souffrance, ses doutes, sa révolte.

Alors vient l’écoute de la Parole de Dieu, point culminant de l’office : le Seigneur parle. Son écoute donne à voir ce dialogue où se croisent et se tissent Parole de Dieu et du Christ, parole d’homme et de l’Eglise. Au cours de l’office, la séquence « parole de Dieu-silence-réponse » témoigne de ce dialogue entre le Christ présent et l’Eglise, entre Dieu et son peuple, dialogue par lequel l’Alliance entre Dieu et les hommes est sans cesse reprise et revivifiée, où les cœurs s’ajustent, communautairement, à la Parole reçue.

De l’adhésion à la Parole de Dieu peut naître la prière que le Seigneur attend. D’abord la prière confiante de Zacharie (le matin), de Marie dans son Magnificat (le soir). Puis la prière d’intercession et de louange qui élargit la prière aux dimensions du monde. Nous prions au nom de tous les hommes croyants ou non, pour les membres souffrants du Corps, nous portons les intentions plus particulières de ceux que nous rencontrons, nous rendons grâce avec ceux qui sont dans la joie.

Enfin la prière que Jésus nous a lui-même enseignée pour nous adresser au Père : Notre Père. L’oraison finale achève la prière en l’orientant vers la vie du monde dans lequel chacun est plongé.

Dieu vient habiter chaque journée

Cette prière de l’Eglise donne, en quelque sorte, à Dieu la possibilité de venir habiter notre temps pour le sanctifier. Voici donc que Dieu, par ce rythme quotidien, vient habiter chaque journée, l’encadrant du matin au soir, la structurant. Cette prière n’est pas réservée aux prêtres, religieux (ses), à travers cette prière, les baptisés assument leur fonction sacerdotale reçue lors de leur baptême quand ils sont devenus prêtres, prophètes et rois. Ils peuvent ainsi présenter leur journée à Dieu quand elle débute, lui rendre grâce lorsqu’elle s’achève ; et ils chantent continuellement leur louange à Celui qui leur donne ce jour pour qu’ils le remettent entres ses mains.

La liturgie en général et notamment la Prière des Heures ne place pas les chrétiens en vis-à-vis de l’Eglise. Elle les constitue en Eglise. Parce qu’elle est œuvre de Dieu, la liturgie renouvelle sans cesse l’Eglise. Paul VI, en 1970 donnait la clé de toute vie liturgique : « La liturgie est à la fois toujours ancienne, car on la reçoit, et en même temps toujours nouvelle car toute célébration est un événement, et donc présente quelque chose d’inouïe ».

Ainsi, de partout, à toute heure du jour et de la nuit, une prière de l’humanité monte vers Dieu, ininterrompue, imprégnant toutes les heures de la vie, pour louer Dieu et intercéder pour le salut du monde, nous faisant dire avec Saint Augustin : « Quand le Christ prie, c’est notre voix qui prie en Lui ; quand nous prions, c’est sa voix qui prie en nous »
Et avec le pape François : « Quand je prie, Dieu respire en moi ».

 

Le Seigneur m'a restaurée

Aline Ngo Job, Aubervilliers

La célébration de mon baptême, était un événement très important et unique pour moi. Et le baptême en lui-même est un sacrement très précieux pour moi. C'est un sacrement que j'ai longtemps désiré, j'ai attendu 39 ans pour enfin le recevoir.

Trois ans avant mon baptême ce désir de recevoir enfin ce sacrement était de plus en plus fort. J'ai été une acharnée du travail pendant des années. Ma vie n'était que travail travail et encore travail car je pensais que travailler autant me permettrait d'être à l'abris de tous besoin. Sauf qu'après avoir atteint mon objectif d'être à l'abris des biens matériels, je me rendais compte que ma vie était vide et n'avait aucun sens sans le Christ. Alors je pris la décision - j'en suis convaincu, grâce à Dieu - de revenir à l'essentiel, à la base de ma vie, qui est de chercher Dieu. Alors, j'ai pris la décision de trouver un arrangement avec mon travail qui me permettait d'arrêter toute activité professionnelle tout en ayant des revenus me permettant de vivre avec le stricte minimum. A partir de ce moment-là, j'eu le temps de m'inscrire au catéchuménat avec mes enfants de 10 et 14 ans qui n'étaient pas baptisés. Nous avons suivi des cours de catéchuménat pendant 2 ans. A partir de ce moment, j'ai vécu une transformation intérieure. Je me sentais revenir à la vie car le Seigneur comblait mon cœur de tout ce qui m'avait manqué.

Je suis une nouvelle personne

Ce que j'ai ressenti le jour de mon baptême est inexplicable, mais en quelques mots je le partage avec vous. La veille de mon baptême, je n'ai pas dormi car j'étais comme une épouse à la veille de son mariage tellement j'étais heureuse, impatiente, pressée de recevoir ce sacrement tant attendu et désiré. Lors de la vigile Pascale, la cérémonie était belle, grandiose et impressionnante. Alors, quand enfin on appela mon nom pour que je m'avance, je me suis dis : « Enfin! ». Quand le père Benoît a versé l'eau sur ma tête en disant : « Aline, je te baptise au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit »,   mon émotion était grande car j'ai réalisé en ce 26 mars que j'étais l'enfant légitime du Seigneur. A ce moment-là, je me suis sentie proche de Jésus, et appartenir à sa grande famille.
Aujourd'hui, je bénis le Seigneur car il m'a choisie, appelée, restaurée et qu'il m'aime comme jamais personne ne m'aimera. Grâce à lui, je suis une nouvelle personne. Mon cœur rayonne d'amour, de paix, et de joie. Je bénis le seigneur parce que tous les jours que Dieu fait, il me montre son amour à travers les autres, et il manifeste son amour dans ma vie.

 

Dans la confesssion, c'est le Christ qui guérit

Père Gérard Brisseau, Aulnay-sous-Bois

La Mission Ouvrière m'a toujours paru un extraordinaire moyen, pour une vie forte, une foi raisonnée et solide ! Et j'ai connu l'époque où la confession faisait partie de l'emploi du temps du samedi de tout prêtre en paroisse. Aujourd'hui, elle fait toujours partie du parcours de caté, pour les enfants, ou de la préparation à la confirmation, bien sûr aussi du temps de Carême, où quelques fidèles se présentent.

La confession c'est : accueillir, écouter, ré-conforter, élargir à la communauté, aider à vivre la rencontre avec le Seigneur Invisible... repartir apaisé.

Notre foi est en un Dieu incarné. Au sein du Relai Santé, nous avons conscience de cela : les gestes professionnels des personnels soignants sont aussi les gestes du Christ qui rencontre et aime les malades. Dans la confession et au-delà du rite, c'est le Christ qui soigne et guérit la personne blessée. Le rôle du prêtre est d'éveiller chacun à cette réalité profonde, au-delà du rite traditionnel. Il faut un bouleversement intérieur, une blessure, et souvent les évènements de la vie s'en chargent.         

Alors je m'interroge : et si cette démarche commençait, dès que je me mets à l'écoute ?

  • écoute de personnes qui osent venir parler et se confier à un prêtre
  • écoute des chrétiens divorcés qui n'ont pas accès aux sacrements
  • écoute de jeunes qui ne parlent pas... mais qui viennent dans les aumôneries

N'est-ce pas prendre la route... de la part du prêtre aussi... Et la route sera longue... et les étapes ne seront pas toujours ce que nous avions pensé ! 
Ensuite – comme une révision de vie – la confession, c'est aider à parler, à être touché au cœur, à dire : « pardon, merci, rendons grâce... » Il y aura des temps de réunion, de prière, des célébrations... pour prendre la mesure de l'action du Seigneur.

Prêtres, nous aimerions la visibilité concrète du sacrement de réconciliation. Alors, cette démarche ne commence-t-elle pas lors de certaines rencontres et célébrations, où nous accueillons les aveux de participants, qui disent demander pardon, retrouver force, et prendre l'engagement de modifier tel aspect de leur vie...

J'essaie donc de donner du poids à la 1ère démarche de toute eucharistie : se rassembler en frères, et formuler la prière et le geste de réconciliation. Le silence, le poids des mots, la profondeur de la voix... tout compte pour toucher le cœur de chacun. Le Seigneur nous fait vivre là, en Eglise, de grands moments ! Mais ça ne remplace pas le sacrement de réconciliation, du Christ qui apaise !
Oui, osons proposer ce sacrement, car il est aussi résurrection.

 

L'eucharistie, une nécessité

Jaklin Pavilla, co-responsable de la pastorale des migrants

La célébration eucharistique est devenue pour moi une nécessité, c'est là que je « recharge les batteries » pour retrouver la force nécessaire pour tenir la semaine. Dans nos engagements, quels qu'ils soient - associatifs, professionnels, politiques - nous sommes souvent confrontés à des réalités difficiles. Elue en charge des solidarités, je recois souvent des personnes en situation de précarité, des personnes sans logement, sans travail, très souvent isolées. On sent  ces personnes tristes et parfois  découragées.

A chaque audience, je prends le temps d'écouter la personne de manière active, c'est-à-dire, avec le plus d'amphatie possible, pour les rejoindre dans leurs propblèmatiques et essayer d'y apporter une réponse. Cela demande une grande disponibilite et surtout d'accueillir sans aucun préjugé. J'essaie aussi de les réconforter par une parole d'encouragement, parce que toute personne est un frère, une sœur, créature de Dieu et en ce sens, quelqu'un de sacré.

Et c'est tout naturellement que je porte ces personnes dans ma prière et à la messe. Au moment de l'élévation du pain et du vin qui deviennent corps de Jésus-Christ, mort et ressucité, je porte ces personnes dans notre prière eucharistique. Je les confie au Seigneur, reconnaissant que si personnellement je n'ai pas une solution à leur offrir, Dieu lui, peut, rien ne lui est imposible, il faut simplement être patients.
Pour avoir ce regard et cette espérance du Christ, il faut sans cesse accentuer ma rencontre avec lui.
Cela passe en approfondissant l'Evangile, en faisant révision de vie dans mon équipe Action catholique ouvrière (ACO), prendre le temps de relire mon engagment avec mon accompagnateur spirituel. En allant à la messe, en écoutant la parole de Dieu et  en recevant le sacrement de l'eucharistie, Dieu fait grâce en moi pour qu'à mon tour, devant toutes les difficultés, les souffrances que je peux rencontrer, je témoigne de sa présence qui est amour, partage, paix, pardon et surtout que je continue à l'annoncer dans un monde qui manque d'espérance.
 

La messe, relation avec Dieu et lieu de socialisation

Urbain Malonda, membre de l’équipe pastorale de l’Aumônerie catholique congolaise, Aulnay-sous-bois

Le rite zaïrois de la messe est à la fois, un espace et un lieu, où s’exercent la dimension verticale  - relation avec Dieu - ainsi que la dimension horizontale, car la messe est aussi un lieu de socialisation. Par ailleurs, la célébration du rite zaïrois est un tout, car notre passé, notre présent, voire notre futur  s’y croisent. Ainsi, est renouvelée et proclamée la mémoire de nos ancêtres, nos aînés qui nous ont précédés dans notre foi commune en Jésus Christ. Nos chants, nos danses, nos instruments de musique, tout notre cosmos sont tendus vers Dieu, le « Nzambe Phungu », pour construire un monde meilleur.

A travers l’inculturation de la messe, il y a une démarche de confiance totale en Dieu. Toute la culture s’oriente à Jésus pour se laisser purifier. Ceci dit, l’art, les talents en tout genre ainsi que notre musique se mettent au service de Dieu, origine de toute chose.  Nos produits des champs apportés pendant l’offrande, ainsi que nos finances, nos succès, voire nos malheurs sont confiés à Dieu. L’objectif de l’inculturation, c’est d’abord l’établissement d’un monde meilleur. C’est ce qui justifie souvent l’implication de l’Eglise catholique pour le dialogue entre le politique et le peuple, chemin d’une démocratie ajustée.
L'Eglise catholique congolaise est impliquée à travers sa Conférence épiscopale (la CENCO) dans le dialogue avec le politique.

Dans le rite de la messe les actes qui, pour moi, signifient le plus, cette rencontre avec Dieu et son oeuvre sanctificatrice qui nous fait entrer dans son Alliance sont la proclamation de l’Evangile (car Jésus vient nous parler et nous apporte ainsi son salut) et la communion, car Jésus s’invite dans nos vies pour nous nourrir et nous donner sa force.

Dans les différentes inculturations de la messe, notamment française et zaïroise congolaise, les aspects que je préfère sont la place du silence dans le rite de la messe française et la dimension communautaire et engagée dans le rite de la messe congolaise.

 

Le rite zaïrois de la messe

Père Serge Nzuzi, curé des paroisses de Romainville et aumônier de la communauté catholique diocésaine congolaise

La communauté catholique diocésaine congolaise se réunit à l’église Saint-Charles du Blanc-Mesnil. C’est en tant que prêtre célébrant la messe en rite zaïrois que je me permets de dire un mot sur ce rite.
Le nom officiel du livre de messe publié par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements est : Missel romain pour les diocèses du Zaïre (1988). Cette instance romaine ne voulait pas donner l’impression qu’elle accordait aux diocèses du Zaïre (RDC) un rite propre à eux. Quoiqu’appartenant à la grande famille liturgique romaine, le rite zaïrois de la messe comporte quelques particularités.

La participation du corps. L’assemblée exprime sa joie de célébrer la Pâques du Seigneur par le chant, la danse et le geste de taper dans les mains. Elle est cette Église, en tant que Corps du Christ, qui jubile et communie à la joie ininterrompue de la Résurrection. Au sein de cette assemblée, s’articulent le corps de servants de messe, de lecteurs, de ministres extra-ordinaires de communion, sous la conduite du célébrant. La communauté célébrante s’ouvre également à la dimension cosmique et écologique de la liturgie lors de l’invocation des ancêtres, de demande de pardon et de procession des offrandes. Cette participation active aide à comprendre que le salut célébré concerne l’homme tout entier (dimension holiste), dans sa relation avec les autres (dimension ecclésiale) et avec le monde dans lequel il vit (dimension cosmique). Ce monde qui est finalement notre « maison commune » (dimension écologique).

L’invocation des saints et des ancêtres. En comparant la communauté célébrante au peuple d’Israël, rassemblé autrefois par Dieu, au pied du Mont Sinaï, le célébrant implore la présence des saints (mention spéciale du saint patron) et celle des ancêtres, ces saints inconnus. Il s’agit des ancêtres « bons », ceux qui ont existé avant l’évangélisation et qui, d’une manière qui leur est propre, ont mené une vie digne, conforme à la parole et à la volonté de Dieu même s’ils ne le connaissaient pas. Cette mention des ancêtres est importante aux yeux des fidèles rassemblés parce qu’ils sont convaincus que leurs aïeux continuent à veiller sur eux et à les protéger.

Danse autour de l’autel. Pendant le Gloria, les servants de messe, les lecteurs et le célébrant dansent en tournant autour de l’autel. Cette danse est très significative, dans le rite zaïrois de la messe. Car l’autel représente le Christ lui-même (Cf. Hébreux 13,10) qui est au centre de la célébration. Il représente la sainteté de ce dernier et le caractère sacré de la célébration. Toute l’assemblée rend hommage au Christ par la danse et par l’encensement fait par le célébrant. Tous espèrent, en retour, être touchés par les rayons lumineux du Christ, expression de sa sainteté, qui émanent de l’autel.

Le dialogue avec le célébrant. Le célébrant dialogue avec l’assemblée au moment de l’invocation des saints, de la proclamation de l’évangile, de l’homélie, de la préface et de la doxologie. Ce dialogue traduit très justement l’idée de la liturgie comme « action du peuple » (leit-ourgia).C’est en tant que peuple de prêtres (sacerdoce commun des fidèles) que l’assemblée participe à l’eucharistie (je n’aime pas l’expression « assister à la messe »). Celle-ci est présidée par un baptisé à la base (partageantce sacerdoce commun) qui a reçu un sacrement particulier (l’Ordre qui fait de lui prêtre),  pour exercer au milieu des fidèles le sacerdoce ministériel. Il ne prie pas que pour l’assemblée mais il est lui-même concerné par la prière qu’il adresse à Dieu.

Le rite pénitentiel après le credo et avant l’offertoire. Éclairée par la Parole de Dieu, l’assemblée prend conscience de l’écart qui existe entre cette parole et sa vie de tous les jours. Elle se tourne donc vers Dieu pour solliciter son pardon (par le chant de Kyrie). Ensuite, elle accueille ce pardon lors de l’aspersion d’eau bénite faite par le prêtre. Cette eau rappelle évidemment le rite baptismal. C’est une manière de renouveler notre baptême et de retrouver la pureté originelle. Puisque l’assemblée vient de se réconcilier avec Dieu et le prochain, elle s’engage enfin à le signifier par le geste de paix. La deuxième raison qui explique l’emplacement du rite pénitentiel avant l’offertoire s’inspire de Matthieu 5, 23-24.

La procession des offrandes. Dans un premier temps, l’assemblée se lève pour mettre son offrande dans la corbeille. Ensuite, par une procession, quelques personnes présentent au célébrant la quête, quelques produits de consommation (fruits, légumes, viande, poisson, etc), le pain et le vin. Toute l’assemblée prononce une formule d’offrande avec l’espoir que ce qui a été offert serve au salut de tous, avant de recevoir une bénédiction de la part du prêtre. Commence alors le temps de l’échange entre le ciel et la terre. Un échange qui se situe au-delà de la logique de « do ut des » et qui est marqué par la gratuité de l’abondance des grâces divines et le besoin humain d’établir un lien avec le sacré. Ce moment prend une tournure importante lors de la préface et atteint son sommet lors de la communion.

Toutes ces particularités traduisent clairement l’effort de l’inculturation de la foi dans le domaine de la liturgie. Un effort qui consiste à permettre à un peuple d’aller à la rencontre de Dieu avec son patrimoine culturel particulier. Toute la liturgie de la messe, en rite zaïrois, traduit cet effort de communion. Mais les moments les plus forts sont l’invocation des saints et des ancêtres, la danse autour de l’autel, l’homélie dialoguée, le rite pénitentiel et l’aspersion, la procession des offrandes, la préface chantée, le sanctus dansant, la consécration en silence, la communion et le chant d’action de grâce.

J’aime bien célébrer la messe en rite zaïrois parce qu’elle me permet de vivre intensément cette communion avec Dieu avec ma profondeur d’âme congolaise. Cela ne m’empêche pas, par ailleurs, d’apprécier beaucoup le silence qui accompagne la liturgie de la messe en rite romain, surtout après la communion. Loin de croire que le rite zaïrois enfermerait dans un univers culturel étroit, il ouvre, au contraire, à la dimension universelle de l’Eglise, notamment en exprimant la continuité de l’œuvre du salut, en plaçant le mystère pascal au centre de la célébration, en exprimant la joie de ce mystère par la danse et le chant, enfin en permettant l’articulation de la triple dimension du corps personnel, ecclésial et cosmique.

 

Dieu nous accueille en sa maison

Jaques P. Robert, responsable de la commission diocésaine de musique liturgique

« Seigneur, nous arrivons des quatre coins de l’horizon, nous voilà chez toi ! Seigneur, nous arrivons des quatre coins de l’horizon, dans ta maison ! » Ce refrain du chant titré Rassemblement, écrit par Odette Vercruysse, était bien connu il y a quelque quarante ans. Puis Jean-Paul Lécot nous a proposé de chanter : « Dieu nous accueille en sa maison, Dieu nous invite à son festin : jour d’allégresse et jour de joie ! Alleluia ! »

Qu’ont-ils donc ces refrains pour mériter d’être cités ? Le premier s’adresse au Seigneur tandis que le deuxième parle au nom de Dieu. Surtout, ils ont en commun deux mots : « nous », « maison » et supposent qu’un chemin a été parcouru pour aller à la rencontre du Seigneur Dieu en ce lieu qui est sa maison. Question : Est-ce que je pars de chez moi parce que je suis invité ? Réponse : ce déplacement est fait parce que nous sommes invités et c’est pourquoi « nous arrivons des quatre coins de l’horizon ».

Invités à quoi ? À un festin qui préfigure celui auquel tous les peuples sont conviés1, un festin inauguré le Jeudi saint par le Christ et poursuivi à la suite de sa résurrection. La stance initiale de ce chant méconnu2 résume bien ce qui précède : « Réunie des quatre vents autour de son pasteur, notre Église fait signe ! Peuple de prêtres, peuple de rois, revivons le mystère de la Pâque du Crucifié, ressuscité par la force de l’Esprit ! »

« En marchant vers toi, Seigneur, notre cœur est plein de joie : ta lumière nous conduit vers le Père, dans l’Esprit, au Royaume de la vie3 » et communiant à ce festin nous « devenons ce que nous recevons4 ».
Alors « envoyée aux quatre vents porter la paix du Seigneur, notre Église fait signe ! Peuple d’apôtres pour la mission, annonçons le mystère de la Pâque du Crucifié, ressuscité par la force de l’Esprit !5 »

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1 Isaïe 25, 6

2 Réunie des quatre vents, chant pour la messe chrismale, M. Coste et H. Dumas, Editions Bayard Liturgie 2004

3 D380, J.-P. Lécot, Editions Lethielleux

4 De G. Lefebvre : D326, Editions Studio SM ou D54-19,  Editions ADF Musique

5 Stance finale de Réunie des quatre vents

 

Un moment de rencontre personnelle avec Dieu

Eve-Marie Sailly, responsable diocésaine du Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ)

Je connaissais très peu le Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ) avant ma nomination  en tant que responsable diocésaine. J’ai découvert un mouvement très actif avec des supports très adaptés (les revues, les rassemblements, les chants…). Comme les jeunes, j’ai tout de suite été habitée par cet esprit de bienveillance, la relecture de sa vie qui fait grandir de l’intérieur, la possibilité de prier en chantant (une grande force du mouvement le beau répertoire de chants dynamiques). Les jeunes qui font du MEJ n’ont plus peur de s’exprimer avec les autres, ils aiment rendre service comme dans les restos du cœur, aider à l’éveil à la foi, aider à la kermesse. L’esprit de service est toujours présent et naturel.

Par exemple, Kylian, 7 ans, s’est préparé au baptême lors du mini-camp du Mouvement eucharistique des jeunes. Pendant 4 jours, il a découvert qui était Jésus par des jeux, lecture d’évangile, messe journalière et ce que représentent  les symboles de l’eau, la lumière, l’huile en créant son propre cierge de baptême. Le jour J, c’est avec beaucoup de joie, d’émotion, et entouré d’un grand nombre d’animateurs, heureux de partager ce moment avec lui, qu’il est devenu enfant de Dieu. Aujourd’hui c’est un Feu nouveau (FNOU) heureux qui est bienveillant pour son entourage.
Lors du mini-camp, on propose la messe journalière adaptée et expliquée. C’est un moment de rencontre avec Dieu.

Sur notre unité pastorale, nous proposons chaque année une réconciliation aux jeunes du MEJ (méjistes), ou pendant le carême. Je propose toujours un grand jeu, un moment de partage entre équipe et un moment de rencontre personnelle avec Dieu avant de recevoir le sacrement .Tous les jeunes acceptent de le recevoir.

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