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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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La Nuit des cathédrales, un savant mélange entre art, culture et foi

La Nuit des cathédrales est née en 2007. Une trentaine de cathédrales ont ouvert leurs portes cette année.

 
 

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Si je vous demandais si vous connaissez la cathédrale Saint-Denis, vous me répondriez probablement « oui ! »

Oui, parce que vous traversez le parvis ; oui, parce que vous venez à des célébrations diocésaines, comme la fête de Saint Denis ; oui, parce qu’un jour vous y avez célébré un baptême ou un mariage ; oui, parce que vous avez pu assister à un concert lors du festival de Saint-Denis ; ou encore oui, parce que vous avez eu l’occasion de faire découvrir l’édifice à votre famille ou à des amis de passage… ou pour bien d’autres raisons. Mais est-ce suffisant pour découvrir ce joyau d’architecture et ses trésors accumulés au fil des siècles ? Alors, prenons le temps de nous arrêter… La Nuit des cathédrales est justement l’un de ces moments.

Cette Nuit des cathédrales proposée chaque année par le diocèse de Saint-Denis et la paroisse cathédrale est un moment unique. Le temps d’une soirée, au moment où la lumière décline en pénétrant timidement par les grandes verrières, nous avons le privilège de traverser une Eglise vivante depuis le 3e siècle et une Histoire de France marquée par la présence des rois et reines de France qui ont souhaité demeurer ici, auprès de la sépulture de saint Denis et de ses compagnons, martyrs.

Mais comment recevoir cet héritage de foi et comprendre ce passé historique sans une visite avec un guide avisé qui pourra nous faire entrer dans l’intelligence d’un lieu qui a traversé les siècles, non sans difficulté. Chaque visiteur de cette Nuit a eu la possibilité de choisir l’une ou l’autre des visites proposées : les basiliques successives du 4e au 13e siècle, les gisants de la nécropole royale, la façade et ses trois portails, les vitraux de Suger, le portail et la rotonde des Valois, ou le chœur et son nouveau mobilier liturgique.

Voici des dizaines de fois que j’entre dans cette cathédrale, et pourtant à chaque fois, je la reçois comme un cadeau. Que dire de la façade avec ses trois portails qui nous livrent une belle catéchèse, parfois difficile à décrypter. On peut être surpris aussi par la hauteur des voûtes qui côtoie les 30 mètres et donne vite le vertige. Et puis la lumière, cette lumière signature du style gothique, qui traverse les vitraux et pénètre dans le chœur en se diffractant en taches colorées qui évoluent au fil des heures. Sans compter la multitude de tombeaux royaux et les gisants qui semblent surgir de nulle part… et puis les petites chapelles qui passeraient inaperçues, tant le silence de la prière ou d’une adoration est de mise. A chaque heure du jour, des gens prient et nous rappellent que ce monument s’incarne d’abord par la vie de la communauté chrétienne. Les fidèles aiment leur cathédrale et célèbrent le Seigneur dans la ferveur et la joie, sous des voûtes de toute beauté.

L’abbé Suger, génial bâtisseur, a gravé sur les portails d’origine ces quelques paroles : « L'œuvre noble brille, mais l'œuvre qui brille dans sa noblesse devrait illuminer les esprits, afin qu'ils aillent, à travers les vraies lumières, vers la vraie lumière, où le Christ est la vraie porte », pour nous rappeler que l’œuvre est offerte au Seigneur.

La Nuit des cathédrales, c’est également une récréation musicale. Cette année, le grand orgue s’est tu, après la mort de son organiste Pierre Pincemaille en janvier dernier. Alors, les choristes du Conservatoire municipal de musique et de danse de Saint-Denis nous ont offert la messe d’André Campra composée en 1699 (Ad majorem Dei gloriam, « Pour une plus grande gloire de Dieu »). Puis l’ensemble Canticum eo superliminare, composé de trois musiciens chanteurs et instrumentistes, ont interprété une très belle séquence médiévale, harmonies chatoyantes tellement adaptées à l’événement et au lieu. La soirée s’est achevée par une procession de lumière - toujours la lumière ! - avec une marche chantée, du narthex vers le chœur haut. Chacun y a déposé, dans la prière, une petite veilleuse au pied des reliques de saint Denis et de ses compagnons.

Malgré la pénombre, cette Nuit des cathédrales a été lumineuse pour les esprits et les cœurs. On peut déjà se donner rendez-vous en mai prochain… mais cela ne nous empêche pas de revenir d’ici là pour savourer un fabuleux trésor de pierre et de verre.

Bruno Rastoin