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Outils personnels

Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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La solidarité à la lumière de la Miséricorde

Extraits de la conférence donnée par Guy Aurenche, Président du CCFD-Terre Solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement), vendredi 26 février 2016 à la Maison diocésaine de Bondy.

Cette soirée était proposée à l'initiative du CCFD-Terre Solidaire de Seine-Saint-Denis.

Pardon à l’auteur de ne pas reprendre l’intégralité de son exposé, avec des exemples à la clef.

[…] Merci de me donner l’occasion de partager avec vous à la fois certaines convictions d’actions de solidarité que j’ai pu mener à l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) ou au CCFD-Terre Solidaire, de l’éclairer de ces gestes de miséricorde.

La France, et le monde, connaissent une situation de complexité, d’inégalités (je pense au chômage et autres situations) et pour la société française, en raison des attentats de 2015, une situation d’inquiétude qui peut provoquer, soit une grande morosité, soit une vraie réaction de peur qui nous amène à nous replier sur nous-mêmes. Soyons très attentifs aux peurs de notre société.

La solidarité, c’est croire que mon bonheur dépend un peu de l’action des autres, et que le bonheur des autres dépend un peu de mon action. J’emploie volontairement le terme bonheur parce que je crois que pour un chrétien l’adjectif « heureux » et le mot « bonheur » ont un tout autre sens que les mots « optimisme » et « pessimisme ». Ces deux derniers mots ne veulent rien dire pour moi. Comment voulez-vous que je sois optimiste, lorsque mon frère qui est médecin au Nord Cameroun nous annonçait en début de semaine que deux bombes avaient tué 32 personnes sur un marché ? Comment voulez-vous que mes amis de l’ACAT parlent d’optimisme quand on sait que 800 millions d’hommes, de femmes et d’enfants souffrent gravement de malnutrition ?

Je crois important que nous entendions le rendez-vous de ce monde, de cette solidarité orpheline qui cherche sur quoi s’appuyer.

La miséricorde nous invite à le faire. Nous avons une spécialité, dans certaines assemblées de croyants, de créer un fossé entre la terre et le ciel : ce qui se passe de mal sur la terre n’est pas si grave que cela car cela se passera mieux plus tard… ou en sens inverse, ne vous inquiétez pas, le ciel va vous aider.

La miséricorde, pour moi, c’est le lieu de cette union entre ce ciel et la terre, entre cette envie et cette proposition d’amour et la capacité que nous nous donnons ou non de l’incarner sur cette terre.

Nous allons essayer d’aborder cette question de la miséricorde, en suivant les conseils du pape François. Je vous renvoie au paragraphe 17 de l’encyclique Loué sois-tu (Laudato si’) « avant de voir comment la foi apporte de nouvelles motivations et de nouvelles exigences face au monde dont nous faisons partie. Je propose, dit le pape, de nous arrêter brièvement pour considérer ce qui se passe dans notre « maison commune. »

Je crois très important que les assemblées de chrétiens prennent le temps de s’arrêter ensemble et avec d’autres, pour considérer ce qui se passe dans la « maison commune ».

Qu’est-ce que la solidarité dit à notre monde aujourd’hui ? En quoi notre « maison commune » a-t-elle besoin de la solidarité, en quoi elle est un élan, avec des actions et un esprit qui rejoignent les défis de notre monde d’aujourd’hui ?

Quand nous allons voir ce qui se passe dans la « maison commune », nous remarquons tout ce qui ne va pas, ce qui fait souffrir, ce qui est inhumain. Et il faut le faire. Je vous invite, en particulier comme chercheurs de la Bonne Nouvelle, à voir ce qui pousse, ce qui germe. Voir tous ces lieux où la vie l’emporte sur la mort.

Je propose que chacun de nous, dans la cuisine, sur le tableau de bord, nous puissions mettre une fois par semaine une de ces pousses, quelque chose qui a germé. Pas des choses extraordinaires forcément, des choses banales, quotidiennes. Célébrons ce qui pousse, « les efforts sacrés d’une naissance. » (Teilhard de Chardin)
 

Que se passe-t-il dans notre « maison commune » ? :

- La mondialisation et l’interdépendance. Inutile de nous demander si nous sommes pour ou contre la mondialisation. Nous sommes dedans. Et la seule question intéressante que nous ne pouvons pas ne pas nous poser, c’est comment on humanise cette mondialisation. Souvent, on la voit d’une manière dramatique… et elle a des aspects dramatiques. Je trouve que pour des catholiques, vivre le temps de l’universel, c’est plutôt sympa. Une des conséquences (il y en a beaucoup d’autres) de la mondialisation, c’est l’interdépendance. Nous sommes interdépendants les uns par rapport aux autres. Le travail : l’emploi de nos enfants et des générations qui viennent va se décider à Washington, New Delhi, Brasilia, etc. On voit très bien que l’action qui est menée ou pas dans un endroit quelconque du monde a immédiatement des conséquences sur nos amis, nos partenaires pêcheurs des Philippines, parce que les typhons et les tornades se multiplient au point qu’ils ne peuvent plus faire leur métier de pêcheurs. Avec nos partenaires, ces groupes de femmes au Niger voient des milliers d’hectares devenir définitivement arides. Parce que nos amis du Bengladesh voient la mer qui envahit la terre et la salinise au point qu’elle ne sera plus cultivable. Voilà que nos comportements, ici ou ailleurs ont un lien direct avec ces situations d’interdépendance. Ce qui entraîne une réflexion, une responsabilité. Comment est-ce que je me situe face à cette dépendance ?

3 possibilités de réactions avec cette interdépendance : Je ne supporte pas de dépendre des autres et donc je vais me fixer comme axe la mort de l’autre. C’est ce qu’on appelle la concurrence meurtrière. C’est sur ce modèle qu’est organisée notre économie mondiale. 2e attitude face à cette dépendance qui me bouleverse, me travaille, me fait mal, me blesse : « que le meilleur gagne ! ». Cette réaction va forcément provoquer des inégalités, et qui dit inégalités dit tôt ou tard une réaction de violence. Le plus grand terreau, le plus grand ferment des violences, c’est cette pseudo liberté qui crée ces inégalités. Le 3e comportement pour faire face au défi de l’interdépendance, c’est le partenariat. La démarche de partenariat est la seule démarche réaliste pour essayer de construire une mondialisation un peu moins inhumaine. Le partenariat, c’est la décision que face aux défis que j’ai à relever, nous allons les relever ensemble, et non pas l’un contre l’autre. Et non pas en parallèle.

C’est cela, l’enjeu. L’enjeu, ce n’est pas un seul geste de compassion sympathique. C’est d’essayer de relever (et le pape François y est très attaché) ce défi de la « globalisation de l’indifférence ».

- Le défi de notre toute-puissance. L’humanité a dans les mains des outils qui sont d’une quasi-toute puissance. Mon grand-père médecin ne pouvait pas changer la cellule humaine. Moi, je le peux. Il y a 30 ou 50 ans nous ne pouvions pas polluer définitivement la moitié d’un continent : moi je le peux, et hélas je le fais.

En termes de médias, nous pouvons en 15 minutes arroser le monde d’une information vraie ou fausse, quitte à mettre le feu… alors au service de qui je mets cette toute-puissance ? La réponse est bien sûr la solidarité.

Dans l’encyclique Laudato si’, le pape dénonce le paradigme technocratique. Cela veut dire les systèmes, les outils qui aboutissent, qui au nom de la technique, (très légitime) à mettre l’homme en esclavage, en oubliant que c’était le contraire qui devait se produire : c’est l’homme qui doit se servir des outils, et non pas les êtres humains au service des outils. Je crois qu’il y a là quelque chose de tout à fait important, et on le voit dans nos systèmes financiers, dans certains systèmes économiques, parfois dans d’autres démarches.

La pensée sociale de l’Eglise dénonce l’idolâtrie du dieu argent. Nous en avons tous besoin et c’est un outil tout à fait utile. Le jour où il devient une idole, c’est-à-dire la fin et non pas le moyen, nous voyons ce à quoi cela aboutit aujourd’hui… La solidarité pour nous aider à redonner sens à ces outils que nous inventons, à ces systèmes de vie commune que nous inventons.

- Gérer une étape nouvelle dans l’histoire de l’humanité qui est la conscience de la finitude des ressources naturelles. Si on continue dans les pratiques actuelles, il n’y aura pas d’eau potable pour tout le monde, pas de terres cultivables pour tout le monde, etc. La terre d’aujourd’hui peut nourrir les 6-7 milliards d’habitants et bientôt les 9 milliards… c’est possible. Encore faut-il que la gestion de ces ressources soit organisée d’une manière solidaire. Ensemble, et non pas les uns contre les autres.

- Le défi des inégalités. Regardons ce que nous disent le Secours catholique, ATD Quart Monde et d’autres ONG sur les questions de développement.

- Le "déboussolement" du monde. L’état du monde fait que c’est difficile de trouver une boussole. Quand j’ai eu à choisir mes options professionnelles, personnelles, confessionnelles ou autres, j’avais 4 ou 5 possibilités. Aujourd’hui, après quelques recherches sur un ordinateur, il y a 140 propositions pour organiser sa vie. On est déboussolé. Ce n’est pas bien ou mal, c’est comme cela. D’où le défi de trouver ce qui va orienter nos vies, la boussole qui va nous guider dans le bon sens…. Et là, je continue de croire que la solidarité peut être un repère extraordinaire.

Cette source de sens, c’est cette bonne nouvelle de Jésus-Christ. Et c’est cet éclairage que l’on peut donner à la solidarité à travers la miséricorde. La miséricorde c’est un cadeau qui est fait, c’est un geste, un comportement. La miséricorde, ce n’est pas théorique. La miséricorde n’est pas pour moi. Ce n’est pas d’abord une question de faute, de péché, de rachat, de confession même si nous allons voir qu’au cœur des chemins de miséricorde le pardon est central… la miséricorde, qu’est-ce que c’est ? il est très important d’essayer de la confronter à la solidarité dans les combats humains.

Il nous est dit dans la parabole du fils prodigue « il l’aperçut ». La miséricorde, c’est Dieu qui nous aperçoit. Toujours, où que nous soyons. Je crois qu’il est important de redire et d’être capable d’expliquer avec nos propres mots ce que nous sentons dans la miséricorde. Le monde attend en particulier que nous ne rapetissions pas Dieu, le cœur de Dieu.

Dieu ne se révèle pas forcément en premier comme un Dieu de tendresse ; il est d’abord là pour essayer d’entendre tous ces méfaits de l’homme, ses violences (cf. Pierre Gibert). Cela commence assez violement. Dans le détail de cette longue histoire, les auteurs bibliques vont essayer de frayer un chemin dans les broussailles du péché et du mal. Leur tâche sera de montrer que malgré tout, Dieu puisse se frayer un chemin dans ses broussailles de péchés et de mal, de ce mal que l’homme fait non seulement à Dieu mais aussi à l’homme. Et ce n’est que petit à petit qu’un chemin sera ouvert à la miséricorde divine, puisque ce chemin n’aboutit pas à l’anéantissement, à la mort mais au contraire à la vie vainqueur de la mort.

Dans le texte d’Isaïe au chapitre 1, Isaïe nous donne le récit d’une terrible colère de Dieu contre l’homme qui lui a présenté des sacrifices qui ne l’intéressent pas, et qu’en même temps ils continuent de faire des injustices. Dieu se met en colère et à la fin il dit « viens et discutons ». Nous sentons-nous appelés par Dieu ?

Un autre texte illustre particulièrement cette pleine miséricorde, c’est le texte du père accueillant ou du fils prodigue (cf. Luc 15). Ce qui est très frappant, c’est le décalage entre les deux discours. Le discours du fils qui demande d’abord son bien à son père. Cette demande de partage ne semble pas faire problème… Il part, a une conduite peu recommandable par la suite, puis revient vers son père avec un calcul : chez mon père, il y a de quoi manger. Mais pour revenir chez lui, je dois lui offrir quelque chose… je vais lui dire avoir tellement péché qu’il ne pourra plus m’appeler son fils… C’est le calcul de l’homme qui rentre toujours dans des opérations avec Dieu de « donnant-donnant ». Il faut qu’il rachète. Le jeune, au cœur de son malheur, s’étant remis en route vers son père, « et le père l’aperçut »… Cela veut dire que depuis toujours le père était là les bras ouverts à guetter son retour. Son cœur, ses entrailles étaient toujours en attente du retour de ce fils bien aimé. Cela se passe comme le fils l’a prévu : il arrive, se jette à ses pieds, je ne mérite plus d’être ton fils… Et on a l’impression que le père n’entend rien de tout cela. Le père a ouvert les bras, court, l’embrasse, lui fait revêtir des habits de fête, etc… Quant au discours du fils, on a l’impression qu’il passe complètement à côté du cœur de Dieu.

C’est cela, la miséricorde. Ce n’est pas un Dieu qui ne souffre pas de nos gestes de rupture, de nos gestes de mésalliance, mais il n’entre pas dans nos calculs, dans nos « donnant-donnant », dans ces petits comptes d’apothicaire… il s’étonne… Le « donnant-donnant » chez Dieu n’existe pas. C’est « je me donne » et le père se donne, au risque de se fâcher avec le fils ainé ou d’autres qui ne comprennent pas.

Le père de la miséricorde, la miséricorde du père, c’est ce père accueillant… et cela va effectivement jusqu’au pardon.

Sur ces chemins de solidarité, quels chemins de miséricorde pouvons-nous tenter de prendre ?

... ou le suggérer à une communauté ?

Le premier chemin de la miséricorde, c’est l’accueil. Ouvrir mes mains pour accueillir, et ce n’est pas facile, car en faisant cela vous prenez un risque. Tant que vous tenez le volant, vous êtes rassuré. Non, le premier chemin de miséricorde c’est d’accueillir, d’ouvrir les mains, le cœur… c’est très difficile. J’admire les plus pauvres, ce sont eux qui nous redisent que le vrai chemin est celui où on ouvre les mains. C’est l’écoute de la Parole, c’est la prière. Et au cœur de ces actions de solidarité, et ce n’est pas simplement dire le Notre Père, c’est le temps fondamental que nous allons utiliser pour ouvrir la main, le cœur.

Le deuxième chemin, c’est d’arriver à dire et redire chaque matin l’acte de foi en la dignité de la personne humaine. Ce n’est pas facile. Parce que telle personne est encore digne, alors qu’elle a pu commettre, qu’elle commet des choses terribles. Reconnaitre que chacun est digne et que cette dignité ne dépend pas de mon jugement personnel parce qu’elle est justement un cadeau fait à cette personne.

L’acte de foi en la dignité de la personne exige la seconde étape : la personne a des droits et des devoirs. C’est dit dans le texte de la déclaration universelle du 10 décembre 1948 : les peuples du monde entier ont proclamé leur foi dans la dignité et la valeur de la personne humaine, mais ensuite cela se complique puisque cela va se décliner en termes de droit et de devoir. Quand je parle dignité, tout le monde est d’accord, mais quand je parle de droit, on dit que je fais de la politique, et quand je parle de devoir, je fais de la morale… C’est une conséquence inéluctable de l’acte de foi et pour moi c’est un chemin de miséricorde, parce que c’est essayer, à mon petit niveau, d’honorer, célébrer le cadeau que Dieu a fait de la dignité à chacun/chacune de ses êtres aimés et cela se travaille en termes de droits.

A ce moment-là, le droit devient une espèce d’ajustement sur cette dignité donnée, malgré tout, et qui n’est pas effacée par une conduite négative.

Le troisième chemin de miséricorde est relié à la solidarité, c’est l’appel. Savoir appeler. Cette capacité que nous avons d’appeler. Dans l’appel il y a des expressions de la miséricorde de Dieu. Dans l’évangile, Jésus n’arrête pas d’appeler. Avant de commencer à poser des gestes ou avant de répondre, il appelle, renvoie la question, etc.

Nous sommes des appelants potentiels. Je pense en particulier vis-à-vis de nos plus jeunes. Est-ce que nous prenons le risque de les appeler ? A prendre des responsabilités, nous dire comment ils veulent vivre, même si cela nous pose problème. C’est un risque d’être appelé, mais c’est le risque de la vie, de la miséricorde proposée, de la responsabilité transmise.

Le chemin de miséricorde, chemin de l’appel du frère, chemin du dialogue avec d’autres. Chemin de miséricorde dans la construction d’un monde plus juste. Dans ce que nous dit le pape, dans la sauvegarde de la « maison commune », c’est-à-dire dans la construction politique et économique de notre monde.

à partir de là, nous sommes appelés sur ce chemin de la construction de cette cité humaine. Et là je rejoins une activité pour nous très importante au CCFD-Terre Solidaire. Avec 3 grandes activités : le partenariat international (440 partenaires dans 68 pays du monde : associations locales qui ont décidées d’aborder un problème, d’agriculture, de formation, des statuts de la femme, etc.), l’éducation, le plaidoyer, c’est-à-dire s’organiser pour influencer les décideurs afin qu’ils prennent les décisions les moins injustes possible.

Changer le monde fait partie du chemin de miséricorde. Ce n’est pas étranger. Pour sauvegarder notre « maison commune ».

Le dernier chemin, c’est le dur chemin du pardon. Oui, l’une des expressions suprêmes de cette miséricorde, c’est notre Père qui pardonne. Comment recevoir le pardon ? Et la manière dont la communauté chrétienne s’organise pour vivre, recevoir ce pardon. Ce n’est pas une petite pratique mais toute une expression, un lieu où on va goûter cette miséricorde.

J’aimerais que l’on sache davantage célébrer les pardons dont nos hommes et nos femmes sont capables dans notre société, nos familles, notre Eglise, nos partis politiques, nos associations.

Je suis sidéré de la capacité à pardonner de certaines personnes. Il faut apporter ces capacités de pardon à la célébration eucharistique du dimanche. Il y un moment dans la liturgie dominicale qui m’est toujours pénible : c’est le moment de la prière universelle. Parce que si l’on demande au CCFD-Terre solidaire de la préparer, ce sera : « il y a 810 millions d’hommes qui meurent de faim ». Si ce sont mes amis de l’ACAT, ce sera : « la moitié des pays du monde continue à torturer systématiquement alors que c’est interdit »… si c’est le Secours catholique : « regardez ce qu’on fait à Calais », etc.

Ne pourrait-on pas, au cœur de cette célébration, en même temps qu’on lance ces cris de désespoirs, de célébrer tous les gestes de vie, ces fameux signes sacrés de naissance. J’aimerais que nous apprenions à célébrer le pardon dont on est parfois capables, dont d’autres personnes autour de nous sont capables ; […]