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Le Centre Sèvres publie « Les chrétiens dans le débat public »

Cet ouvrage fait suite au colloque organisé en octobre 2013.
  • Henri Laux : Avant-propos
  • François Boëdec : Chrétiens dans la société, comment parler ?
  • Cécile Renouard : Transition énergétique et prospérité sans croissance, les chrétiens au défi de l'écologie politique
  • Bruno Saintôt : La morale catholique à l'épreuve de la « problématique du genre », quels nouveaux défis pour le débat public ?
  • Gilles Rebeche, Étienne Grieu : La diaconie : quand l'Église parle en écoutant les sans voix
  • Alain Thomasset : Quelques repères à partir du discours social de l'Église
  • Dominique Quinio : Le journal La Croix dans le débat public, une expérience mouvementée
  • Robert Scholtus : D'une certaine insolence des chrétiens dans le débat public


Les chrétiens sont et doivent être présents dans le débat public ; c’est une urgence, une exigence de leur foi. La foi est morte quand elle n’inspire pas des actes concrets dans la société.

Cette présence passe par bien des moyens : il y a les protestations de la rue, sans doute, mais aussi, et de manière moins spectaculaire ou plus durable, cette action qui consiste à accueillir les exclus, les migrants, les malades, les plus vulnérables… Et puis il y a toutes les tâches de la réflexion, tâches d’intelligence des situations et de discernement, spirituel en même temps que moral. Or les problèmes ne  sont pas simples ; on sait ou on finit toujours par apprendre qu’il n’existe guère de solution unique qui s’imposerait sans discussion, indépendamment des situations singulières. Tout n’est pas blanc ou noir, et c’est cela qui permet de réfléchir, de rechercher, et probablement aussi de prier pour recevoir quelque lumière.

C’est certain, il faut avoir des convictions ; il faut parler, mais comment parler ? En s’en tenant à des déclarations incantatoires ? En condamnant sans cesse, pour former une sorte de contre-société où tout serait pur, apparemment, mais sans portée effective et finirait par faire violence à beaucoup ? Ou en intervenant au cœur de la société pour l’amener à progresser dans le sens du respect de chacun et de la justice ? Les convictions sont nécessaires, mais comment les intégrer dans la discussion citoyenne de manière à provoquer les consciences ? Et finalement, comment s’inscrire avec justesse dans le débat démocratique ? L’enjeu est bien de rendre davantage présent le message évangélique – message d’espérance pour tous.

Aujourd’hui, les défis sont nombreux, mais plus nombreuses encore les manières de les aborder. La médiatisation des paroles et des acteurs entraîne vite àla caricature. Dansune société où les chrétiens deviennent minoritaires, où les convictions les plus opposées s’affrontent, comment entrer dans le débat ? Et comment débattre sans accepter de renier le plus essentiel de ce à quoi l’on tient ? Pour l’Eglise, le défi est considérable, comme le montre le parcours proposé dans ce livre : sur les questions qui ont trait à la famille, à l’identité de chacun, aux défis de l’écologie et de l’économie, à l’avenir des sociétés tout peut se dire sur la place publique ; et tout se dit, haut et fort. Mais tout est-il porteur de vie ?

Les éclairages ici rassemblés entendent donc fonder des convictions fortes. A travers la rencontre de quelques sujets brûlants, il s’agit de dire la force de la parole et du débat, l’exigence d’écouter l’adversaire, celle de devenir un interlocuteur ; sans violence mais sans naïveté non plus. Sur tout ce dont il est urgent de parler, il y a à écouter la complexité du réel, à tenir un discours qui donne du sens et qui fasse signe à beaucoup. Il faudra tout cela pour ouvrir un chemin de vie.

Pour le redire avec Robert Scholtus, en conclusion de ce livre, le chrétien aura à chercher inlassablement « un style de parole qui dévoile la signature christique de son discours ». Si insolence du chrétien il y a, et il doit y avoir dans le débat public, ce ne sera pas celle de la suffisance mais « celle-là même de l’Esprit dont on ne sait ni d’où il vient ni où il va » : Celui dont on perçoit déjà, avec assurance, qu’il ouvre les cœurs et les intelligences à un vivre-ensemble meilleur.

Henri Laux,
jésuite, président du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris


Les chrétiens dans le débat public
Ed. facultés jésuites de Paris, 168 p., 12 euros

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