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Nouveaux modes de vie ? L’appel de Laudato Si’

En 1982, les évêques de France publiaient une déclaration « Pour de nouveaux modes de vie », dans un contexte de crise économique marquée par une forte croissance du chômage, de la précarité et de la misère.

Trente-cinq ans plus tard, la crise économique et sociale perdure et s’est doublée d’une crise écologique. Dans la suite de l’encyclique Laudato si’, le Conseil Famille et Société nous appelle à revisiter nos modes de vie personnels et sociétaux pour amorcer la conversion écologique à laquelle nous presse le pape François. Il le fait dans un document paru le 31 mars 2017 : « Nouveaux modes de vie ? L’appel de Laudato Si’ ».

Autour de sept thèmes – Mieux vivre le temps, mieux consommer, mieux utiliser l’argent, mieux produire, mieux habiter l’espace, mieux répondre aux besoins sociaux, mieux accueillir les migrants – le conseil nous propose de nous laisser interpeller sur nos choix et nos engagements. A partir de constats largement partagés, le texte met en lumière ce qui est déjà en train de naître et suggère de nouveaux possibles. Des questions encouragent chacun à exercer son discernement et à entrer en dialogue avec d’autres en vue du bien commun.

Pour nous aider à entrer dans cette démarche, cinq médiations s’égrèneront tout au long du carême, en écho à ce texte, premiers pas de notre conversion écologique…. (source CEF)
 


« Nouveaux modes de vie ? L’appel de Laudato Si’ »
Editions Bayard/ Cerf/ Mame - Mars 2017, 9 euros
Commander en ligne sur le site de La Procure
 

PREFACE

Voici trente-cinq ans, les évêques de France publiaient une déclaration « Pour de nouveaux modes de vie ». Ils s’adressaient aux catholiques, mais aussi plus largement aux français dans un contexte de crise économique qui générait bien des situations de chômage, de précarité et de misère socio-économique qui affectaient la vie familiale et sociale.

Trente-cinq ans plus tard, la crise économique est toujours là, malheureusement. Elle s’est aggravée et s’est doublée d’une crise écologique dont les opinions publiques commencent seulement à prendre la mesure. En mai 2015, le pape François publie l’encyclique Laudato si’ qui traite de cette question. Elle est publiée alors qu’en France, les responsables politiques, les associations agissant pour la protection de l’environnement et les religions se mobilisent en vue de la COP 21. Il fallait à la fois aboutir à des accords politiques internationaux pour enrayer les effets du réchauffement climatique, et sensibiliser tous les citoyens à leur propre responsabilité dans la protection de l’environnement.

Les changements climatiques et leurs effets dévastateurs soulèvent des questions scientifiques, environnementales, socio-économiques, mais aussi et surtout éthiques. Les politiques étatiques et la loi des marchés ne peuvent suffire à résoudre les crises interdépendantes liées au réchauffement climatique, à la pauvreté et à l’exclusion. Cela demande une révision radicale de nos modèles de développement pour en corriger les dysfonctionnements et les déséquilibres car « aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres. » (Laudato si’, 49)

L’approche de la crise écologique doit être globale : « Tout est lié. Il faut donc une préoccupation pour l’environnement unie à un amour sincère envers les êtres humains, et à un engagement constant pour les problèmes de la société. » (Laudato si’, 91)

Le Conseil Famille et Société de la Conférence des évêques de France, tenant compte de la perspective élargie adoptée par l’encyclique, a voulu reprendre la réflexion sur les modes de vie à l’intérieur du nouveau paradigme de l’écologie intégrale. Que ceux et celles qui ont collaboré avec les évêques dans l’élaboration de ce document soient ici vivement remerciés.

Le texte  garde la tonalité du propos de Laudato si’. Le discours, s’il se veut interpellant, n’est  ni désespérant, ni culpabilisant. Comme le Saint-Père l’a fait, il veut inviter les chrétiens et tous les autres hommes, au réalisme et au courage pour élaborer des solutions qui garantiront la « sauvegarde de la maison commune ». Cela passe nécessairement par la « conversion écologique » de chacun, afin qu’il adopte d’autres styles de vie, plus sobres, plus respectueux de l’environnement, de la justice et de la solidarité avec les plus fragiles.

Ce document, pas plus que l’encyclique, ne prétend prescrire des solutions toutes faites. Il établit des constats, ouvre des possibles à investir et questionne sur ce qu’il y aurait lieu de décider, là où chacun vit, dans son domaine de responsabilité. L’esprit du propos se situe dans la ligne de ce que le pape François souhaitait : « Bien que cette observation de la réalité nous montre déjà en soi la nécessité d’un changement de direction, et nous suggère certaines actions, essayons à présent de tracer les grandes lignes de dialogue à même de nous aider à sortir de la spirale d’autodestruction dans laquelle nous nous enfonçons. »

Ce document des évêques de France veut ainsi favoriser le dialogue et la réflexion entre nous, en vue de dessiner les nouveaux modes de vie qui témoigneront de notre conversion écologique. Puisse cet outil favoriser la réception de l’encyclique pour nous éveiller à l’urgence de prendre soin ensemble de notre maison commune et des plus pauvres. Pour les disciples du Christ, par qui tout fut créé, nous trouvons là un axe mobilisateur important pour l’évangélisation.

Mgr Jean-Luc Brunin,
Evêque du Havre, président du Conseil Famille et Société