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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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Un mois avec John Henry Newman (1801-1879)

Cette initiative de Zenit permet de (re)découvrir le cardinal Newman, béatifié à Birmingham le 19 septembre 2010, par le pape Benoît XVI.

Par Mgr Olivier de Berranger évêque émérite de Saint-Denis.

« Guide-moi, douce lumière, dans l’obscurité qui m’encercle
Oh ! guide-moi !
La nuit est profonde, et je suis loin de ma demeure,
Guide-moi de l’avant !
Garde mon chemin ; je ne demande pas à voir
L’horizon lointain ; un seul pas à la fois, c’est assez pour moi… »


 Tous les chrétiens anglophones, à quelque Eglise qu’ils appartiennent, connaissent par cœur ces premiers vers de l’hymne Lead kindly light, qu’ils chantent à l’office ou à la messe. Newman l’écrivit en 1833 sur le bateau qui le ramenait à Londres, après une croisière en Sicile qui faillit lui coûter la vie. Il est l’un des auteurs britanniques les plus féconds. Le 19 septembre 2010, Benoît XVI a tenu à le béatifier lui-même à Birmingham, consacrant la teneur de ses écrits et sa vie de chercheur passionné de la vérité.

On le présente souvent comme un « converti de l’anglicanisme ». Il est vrai qu’à l’issue d’un long combat spirituel, Newman fut reçu dans l’Eglise catholique le 9 octobre 1845. Mais il a lui-même toujours considéré que sa « première conversion » date de ses quinze ans et que celle-ci s’opéra à partir de lectures de tendance calviniste. Il y fit ce que nous appelons aujourd’hui « une rencontre personnelle de Jésus Christ ». Il adhéra à l’intime de sa conscience au Dieu créateur et, comme il le dit alors, au « dogme » compris comme un tout. Il reconnut par la suite que c’était là un renouveau de la grâce de l’Esprit Saint reçue lors de son baptême dans l’Eglise d’Angleterre.

Newman n’aura jamais à renier ces « vérités brûlantes ». Entré jeune à l’université d’Oxford, au contact d’enseignants dont il va partager la mission, il lui faudra  compléter ses convictions par deux autres « principes », qu’il va mettre en lumière au cours du « Mouvement d’Oxford » (1833-1843), pour le renouveau de l’Eglise d’Angleterre. Il les appelle : l’Eglise comme « Corps visible » et le « système sacramentel » dans l’accès au salut. Mais il lui faudra beaucoup plus de temps pour chasser de son esprit un fort préjugé anti-romain, selon lequel le pape étai ni plus ni moins que « l’Anti Christ » !

Tout au cours de cet itinéraire, Newman, imprégné de la méditation des Ecritures, ne cessa de lire avec méthode les Pères de l’Eglise. Il les appellera son « paradis de délices ». Pour lui, Athanase, Origène, Augustin ou Léon n’étaient pas seulement des docteurs mais des pasteurs d’âme. Ses célèbres « Sermons paroissiaux » en sont un écho toujours vivant. Il dira : « Les Pères m’ont fait catholique ». Après avoir été reçu dans l’Eglise romaine, il fonda l’Oratoire d’Angleterre, inspiré par saint Philippe Neri. Léon XIII le fit cardinal en 1879. Il choisit pour devise une expression de saint François de Sales : Cor ad cor loquitur, « le cœur parle au cœur ».

Rome, 1 avril 2014, agence Zenit

 

John Henry Newman (1801-1890), l'amour dans la vérité, par Mgr de Berranger

PAR L'AMOUR DE L'INVISIBLE : itinéraires croisés de John Henry Newman et Henri de Lubac.

Mgr Olivier de Berranger présente son livre à la librairie La Procure (11 février 2010).
 

John Henry Newman et Henri de Lubac étaient habités par une unique passion : faire aimer la Révélation chrétienne à leurs contemporains. Tous deux sont d'abord des amis de l'Invisible. Ils se sont voulus modestes interprètes du Fils éternel dans la chair. Leur itinéraire théologique n'est compréhensible que grâce à cette passion et le désir d'en reconnaître les traces en notre histoire, afin que le Christ, « Image du Dieu invisible », soit recherché, cru, aimé. Ce livre sort à l'heure de la béatification de John Henry Newman. Le moment semble venu de reconnaître le grand converti d'Oxford dans l'immense cohorte des saints, qui font resplendir le nom chrétien par-delà les limites de leur époque et de leur culture.

« Notre temps, écrit Olivier de Berranger, n'est plus tout à fait celui qu'ont connu ni Newman ni de Lubac. Mais les chercheurs de l'Invisible n'y manquent pas. Si Henri de Lubac ne se considérait pas comme un "newmanien", il avait lu l'oeuvre du cardinal Newman avec attention. Il se réfère à lui dans plusieurs dizaines de notes éparses parmi la multitude de celles auxquelles sont familiers ceux qui travaillent ses écrits. Si quelques-uns, lisant ce livre, y découvrent la joie de rencontrer "des témoins qui sont aussi des maîtres", pour reprendre le mot de Paul VI, et y contractent le goût de puiser à leur tour à même leurs oeuvres, je serai comblé ». (4e de couverture)

Editions Ad Solem, janvier 2010, 250 p. - 26 euros