Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
  • dscf3385-ok.jpg
Actions sur le document
  • Partager

Dans la grâce de l’ordination diaconale

Au lendemain des quatre ordinations diaconales célébrées samedi 19 décembre en l’église Saint-Denys de l’Estrée, découvrez Brice et Sostel, deux nouveaux diacres résidant dans notre diocèse.

Je me sens comme porté !

Brice Testu, diacre appelé à devenir prêtre des Missions étrangères de Paris, à la veille de son ordination diaconale

Je suis aspirant pour la société des Missions Étrangères de Paris. C'est une société missionnaire qui envoie ses prêtres pour l'évangélisation des pays d'Asie. J'ai grandi entre Paris et Lyon où j'ai fait mes études supérieures avant d'entrer au séminaire. Ma foi a grandi dans ma famille, mais aussi dans mon collège et lycée et grâce au scoutisme. C'est vraiment pendant les JMJ à Rome puis à Toronto (en 2000 et 2002) que j'ai pris la décision d'être chrétien. L'émergence de ma vocation m'a d'abord fait peur, mais petit à petit, en voyant la joie des prêtres qui m'entouraient, l'idée de suivre ce chemin est devenue réalisable.

J'ai été au séminaire de Paris puis au séminaire provincial de Lyon Saint Irénée. Après quatre années à Lyon, je suis maintenant en insertion à Aubervilliers, ce qui me permet de faire une licence canonique de théologie à l'université catholique de Paris. 

Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques jours de votre ordination ?

Il y a eu une période tendue au mois de septembre. J'ai changé de lieu de vie et il fallait faire le pas décisif ! Maintenant je me sens comme porté depuis quelques semaines ! Ce sentiment ne disparaît pas à l'approche de l'ordination. Le chemin parcouru et la cohérence de ce chemin aide à trouver la paix intérieure. Je ne doute pas surtout que toutes les prières des personnes qui m'entourent et m'accompagnent, pour certains depuis dix ans, sont pour beaucoup dans la paix et l'enthousiasme qui m'habitent!

Comment vous préparez-vous à cet évènement ?

La vie d'un étudiant est finalement assez prenante. Toutefois, un temps de prière en retraite est très important pour bien avoir l'occasion de recentrer cet événement sur le Seigneur et l'Église qui nous le fait vivre. Parce que le jour même, sans doute le faire et l'émotion prendront parfois le dessus. Je veux vraiment vivre la célébration en étant avec le Seigneur en même temps qu'avec toutes les personnes qui nous entoureront. C'est une célébration d'Église ! Nous sommes certes les premiers concernés, mais c'est tout le peuple de Dieu qui se réjouit de l'ordination de certains.

Quelle signification cette ordination diaconale a-t-elle dans votre parcours, aujourd’hui et pour la suite ?

Elle prend une signification très importante. D'une part l'engagement au célibat, à la prière et à l'obéissance sont fait pendant l'ordination diaconale. D'autre part, cette ordination nous prépare au service de l'Église. Le prêtre reste toujours diacre, y compris dans les tâches parfois les plus concrètes. Pour moi, en tant qu'aspirant des Missions Étrangères de Paris, c'est aussi un moment très fort en émotion : j'apprendrai à la fin de la célébration mon pays de mission, qui deviendra mon nouveau pays de vie, celui où je serai prêtre missionnaire. Je rends grâce à Dieu pour cette vocation et pour l'Église de Saint-Denis qui m'accueille pour cette ordination et ce temps d'études.

 

Quelle étonnante histoire !

Sostel Boloma, diacre appelé à devenir prêtre pour le diocèse de St-Denis, au lendemain de son ordination diaconale

Je suis né au Congo-Brazzaville dans une famille chrétienne. Et mes parents accueillaient et accompagnaient les missionnaires spiritains dans différentes localités  de ma région. C’était donc  une ambiance de foi. Mais ce qui m’a le plus bousculé dans mes projets c’est bien cette parole du curé de ma paroisse :  « Chers amis, Dieu n’a pas de bouche, il a besoin de la bouche de chacun pour l’annoncer, Dieu n’a pas de mains, il a besoin de nos mains pour transformer le monde, travailler et aider les hommes, Dieu n’a pas de pieds, il a besoin de nos pieds pour aller rejoindre ceux qui sont éloignés, isolés. Ces paroles ont bousculé mes projets, et m’ont incité à engager ma vie au service du Seigneur.

 J’ai fait mon entrée au séminaire spiritain à Brazzaville en 2004, aussitôt après mon Bac. Et de 2005-2008 j’ai suivi la formation philosophique au séminaire international du Gabon. Après une année de noviciat au Cameroun (2008-2009), où j’ai prononcé mes premiers vœux comme spiritain, je suis retourné au Congo à Pointe-Noire pour un stage pastoral en paroisse.

Je suis arrivé en France en 2010 et j’ai suivi dans un premier temps des cours de théologie au Centre Sèvres (Facultés Jésuites de Paris) de 2010-2012, ensuite à l’Université Catholique de Paris (2012-2013).

J’ai demandé de rejoindre le diocèse de Saint-Denis en 2013 à la fin de ma formation théologique. C’est avec joie que le diocèse m’a ouvert ses portes, et m’a donné la possibilité d’affiner mon projet vocationnel. J’ai tenu pendant ce temps de discernement trois choses en même temps : une insertion pastorale à Bobigny, à Saint-Denis, des activités professionnelles (assistant d’éducation au lycée Fénelon, et agent de pastorale scolaire à JBS, [collège-lycée Jean-Baptiste de la Salle Notre-Dame de la Compassion, ndlr]) et un temps d’études théologiques à la Mission de France.

Comment avez-vous vécu cette ordination diaconale ?

J’ai vécu cette ordination dans une ambiance de prière, de confiance et de joie. S’engager de manière définitive fait peur a beaucoup. Une ordination est l’occasion d’inviter à construire sur le rocher, sur le définitif. C’est possible dès lors qu’on dit « oui », car notre « oui » est déjà précédé par celui de Dieu. Alors c’est une joie.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

Je reste marqué par trois gestes : l’appel décisif à avancer d’un pas pour marquer ma ferme  résolution au nom du Seigneur, la prostration, et l’imposition des mains. Ce qui m’a aussi impressionné c’est la mobilisation des fidèles de nos paroisses. J’ai reçu plusieurs témoignages des catholiques et non-catholiques, tous restent marqués par l’expression liturgique de cette célébration : la diversité des  parcours des candidats, l’ambiance de prière… la présence des séminaristes, diacres et prêtres. L’esprit était à l’œuvre.

Comment vous êtes-vous préparé à cet événement ?

J’ai toujours considéré mon cheminement comme un parcours de foi. Dans cette perspective, prière, recueillement et méditations bibliques étaient au rendez-vous. J’ai appris deux choses pendant ces années de préparation : « confier et se confier ». Je confiais au Seigneur mon désir de le servir, et dans le même mouvement, je lui confiais toute ma vie. Pour cette raison,  je reprends souvent à mon compte cette parole du Seigneur « Consacre-les dans la vérité à ton nom ».

En dehors de cet aspect, je retiens que le diocèse avait mis à ma disposition toutes les structures d’accompagnement. Je n’étais pas seul, je n’ai pas cheminé seul, j’étais porté, soutenu, encouragé par tous.

Quel sens cette ordination diaconale a-t-elle dans votre parcours, aujourd’hui et pour la suite ?

Une ordination ne signe pas la fin d’un parcours, ce n’est pas un point d’arrivée. Tout recommence. J’ai entendu dans les mots de notre père évêque, l’appel à vivre de manière plus intense encore, nos engagements pastoraux, l’invitation à prendre des initiatives. Donc tout recommence, et cette fois-ci avec la grâce sacramentelle. Je ne compte pas le nombre d’années de formation car, Dieu a une autre perception du temps. C’est lui qui mène les opérations, il faut simplement faire confiance et se laisser conduire. Cette ordination est pour moi un tournant décisif. Elle fait de moi « Un Passeur de Frontières » afin de rejoindre et de servir les autres. C’est une chance d’appartenir au diocèse de Saint-Denis. Nous avons tout dans ce diocèse pour la mission sous ses divers aspects. Vaste monde notre diocèse…

Au terme je dis : quelle étonnante histoire !

 

Témoignages des deux autres diacres

 

Propos recueillis par Anne-Marie Tossou