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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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Edito juin 2010

Merci Jean-Pierre !

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Merci Jean-Pierre !

Le père Jean-Pierre Coco nous a quittés le 8 mai. Depuis cette date, de nombreux témoignages me sont parvenus disant combien son ministère avait été riche et fécond. En cette année sacerdotale, la vie de Jean-Pierre nous invite à l’action de grâce. C’est dans cet esprit que je vous invite à accueillir ces passages du témoignage et de l’homélie que nous avons entendus le jour de ses funérailles.

+ Pascal Delannoy,
Évêque de Saint-Denis-en-France

Jusqu’au bout, tu rêves d’indépendance, d’autonomie, de maîtrise de toi qui peu à peu, dois t’en remettre entièrement aux autres, te laisser faire pour les besoins les plus élémentaires du quotidien, ce que tu évoquais avec un humour un peu cru ; ce qui provoquait parfois des colères et des violences dont la maison (1) se souviendra. Pour les résidents, tu es "le père" dont on parle avec une véritable tendresse, dont on dit invariablement : « il a toujours le sourire, un visage rieur ». Sourire dont j’ai joui, même en esquisse, jusqu’à la dernière semaine…
Ton sourire était un cadeau. La mort, tu l’as regardée en face, je crois. Je n’en sais pas plus. Tu y faisais parfois une allusion furtive ; tel ce jour où l’ascenseur qui montait nous est passé sous le nez et je t’ai dit : « pas grave, on n’est pas pressé d’aller au ciel. » Tu m’as répondu : « Non, on n’est pas pressé, mais pourtant ça vient. » Avec toi, je rends grâce pour cette leçon de vie que j’ai reçue de toi. Tu m’as appris ce que peut vouloir dire s’abandonner. Tu m’as fait découvrir que l’impuissance peut être source de joie. Quand je te disais : « Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? » tu répondais : « Tu es là, c’est bien ».

(Extrait du témoignage de Régine Néel)
(1) "Ma Maison" des Petites Soeurs des Pauvres à Saint-Denis.

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J’ai entendu plusieurs fois Jean-Pierre dire : « J’avais des plans, mais cela s’est passé autrement, je reste disponible ». Jean-Pierre, un homme libre, un prêtre témoin d’un appel qui rend libre. Libre à cause de son refus de tout enfermement et de sa volonté de garder une vue large sur la réalité, les personnes, les événements ; libre à cause de son ouverture et de sa disponibilité aux événements. Libre aussi à cause du sérieux de son travail et de ses recherches, même si ce fut avec quelques aspects poétiques, dirons-nous. Libre parce que dépendant des autres et de son Seigneur : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? Tu sais tout, Seigneur, tu sais bien que je t’aime. » Au cours d’un échange sur le ministère, il disait : « Pour moi, le ministère est de l’ordre de l’envoi et de la communion. Il est dans le « Passons sur l’autre rive », dans l’ouverture à un Souffle qui vient d’ailleurs. Je peux rendre service à la JOC en vivant une certaine liberté, un recul. Il faut recul, désengagement et en même temps, passion. Aider des jeunes à réussir leur vie, il se joue-là quelque chose du ministère.

(Extrait de l’homélie du père Daniel Pizivin)