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Association diocésaine de Saint-Denis-en-France
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“Après le départ d'un proche, comment faire mon deuil ?

Le deuil débute en général par un constat : « Je ne suis d'aucune manière préparé à faire face à ce qui est en train de se passer dans ma vie ».

Il n'y a pas de recette pour résoudre son deuil. Il faut le traverser au mieux et réapprendre à vivre. Si on l'esquive aujourd'hui, on devra de toute façon y revenir plus tard. Car, en dépit des tourments et des errances (Psaume 13, 3-4) que ce travail implique, il ne faut jamais oublier que ce chemin a un sens : il affirme qu'on va pouvoir continuer à vivre sans la personne qu'on a perdue. On se sentira différent, changé jusqu'à la fin de ses jours, mais on aura à nouveau droit à une existence, sans nier ni trahir la mémoire de la personne qu'on a aimée.
Après le choc, où l'inacceptable s'est produit, c’est la protestation, voire la colère, où l'on s'en veut de n'avoir
rien pu faire. Puis la tristesse et le chagrin, avec le rappel des souvenirs partagés et la notion du « plus jamais ».
Puis enfin l'acceptation : la relation a évolué, elle devient tout intérieure.
L'être humain n'est pas qu'un corps ou un mental. Il se définit avant tout en tant qu'être doué de conscience ; ce qui nous place de plain-pied dans une dimension spirituelle. Notre spiritualité élève à ce qui donne sens à la vie. Saint Paul nous dit de ne pas perdre courage (2 Corinthiens 4, 16-18). Au coeur de la souffrance, nous ne sommes pas seuls. Jésus ressuscité est venu nous y rejoindre, nous apporter sa présence, son réconfort. Le deuil nous ébranle aussi à ce niveau. Notre foi, souvent maltraitée et avec ses ornières, permet malgré tout une quête intérieure, une occasion de rencontre avec un prêtre ou autre personne pouvant être à l'écoute. Dans la majorité des cas, réagir à nouveau, accepter le monde tel quel, être réaliste revient progressivement. Celui qui offrira la meilleure écoute et l'attention nécessaire n'est pas forcément spécialisé dans le deuil ; le critère est de se sentir accueilli, entendu et que la douleur soit respectée. Le deuil se nourrit aussi de la présence et du soutien d'autrui. Des groupes d'entraide
comme « Vivre son deuil » ou « Apprivoiser l'absence » permettent ce type d'échange.

Daniel Gourdien,
diacre, pastorale des funérailles


Articles publié dans la revue "Les uns et les Autres" novembre 2009 N° 260